Mes lecteurs le savent : je suis un homme de gauche. J’ai en moi, chevillé au corps, ce désir insatiable de justice et d’égalité, et je n’aspire qu’à l’intérêt général. C’est pourquoi j’estime que mes conseils de stratégie politique ne doivent pas rester cantonnés dans un seul camp : je ne suis pas l’homme d’une faction, je sers la France. Et, comme tous les observateurs de la vie politique, je m’interroge sur le devenir de l’UMP.
Les sondages semblent indiquer que François Fillon incarne le mieux l’opposition, aux yeux des Français. Jean-François Copé, de son côté, cultive ses réseaux au sein de l’ex « majorité présidentielle ». On entrevoit dès maintenant une guerre fratricide entre l’aile modérée de la droite, et celle qui est prête à s’allier avec le Front National. Or, comme les camps en présence sont sensiblement de même force, et qu’aucun leader naturel n’a remplacé Nicolas Sarkozy, il est fort probable que cet affrontement ne débouche sur aucun résultat positif, et se traduise par des divisions encore plus profondes : le « syndrôme de Reims », en langage socialiste.
La seule leçon à en tirer est claire : ceux qui veulent, à droite, surnager dans ce marécage, échapper à la guerre des chefs et conserver leur indépendance, en sortiront grandis. Une personnalité se détache, à l’UMP, grâce à sa très grande popularité : Rachida Dati. Elle vient notamment de s’illustrer en votant contre son camp au Parlement européen (cf. photo)
, expliquant par la suite (ce qui ne trompe personne) qu’elle avait commis une erreur de bouton. Dès lors, j’en prends les paris : à la fin du congrès de l’UMP qui devrait avoir lieu en octobre, on verra émerger, parmi les décombres, les grands brûlés et les cadavres, l’aimable figure de l’ancienne garde des sceaux, perchée sur ses Louboutin. Et, puisque les vicissitudes de la crise européenne amèneront François Hollande à dissoudre l’Assemblée Nationale vers le mois de février 2013 (je vous expliquerai bientôt ce calcul, dans un autre billet de blog), Mme Dati est bien placée pour être notre future Premier ministre. Maigre consolation pour l’homme de gauche que je suis (j’insiste) : le chef du gouvernement aura un peu plus de style.

Loin de discuter la double vue d’un arbitre des élégances politiques,
loin de discuter les qualités passées, présentes et à venir de ce qui
n’est au fond qu’une valeur naissante dans la cote des paris
de poursuite de la crise, domaine des plus mouvants, l’hypothèse
avancée ici d’une cohabitation inédite prend-elle en compte
la prédominance de la sphère privée avec ses passions
sur la conduite des affaires publiques ?
Non qu’il s’agisse d’anticiper une faculté à survivre aux phases
de la guerre intestine droitière, plutôt qu’il faille pondérer, d’avance
si possible, les conséquences d’une éventuelle grossesse "no name"
supplémentaire sous les feux de la rampe, de la résurgence d’une ambiance de Cour, de gauche cette fois, où les relations entre favorites, ou supposées telles, du Président parasiteraient son action et réduiraient ses marges de manoeuvre !
Mais la politique a ceci de commun avec les destins individuels qu’elle ne cesse de surprendre et de rendre vaines la plupart des tentatives de prédire les coups du sort avec la moindre avance confortable. Si les boules y ont parfois leur place, en politique, ce royaume n’est certainement pas celui du cristal.
Votre attirance sexuelle pour Rachida Dati vous égare.
Vous croyez? Je n’en suis pas certain. Même si ma prévision s’est révélée (pour une fois) fausse, je maintiens tous mes propos. C’est ce que je considère l’honnêteté intellectuelle