Depuis le premier tour des élections législatives, les états-majors de la droite s’agitent: front républicain? alliance avec le FN? ni-ni? désistements dans certains cas particuliers? Le moins que l’on puisse dire, c’est que l’UMP ne s’attendait pas à une telle situation, et se retrouve aujourd’hui dans l’incertitude.
En tant qu’homme de gauche, je n’ai pas réellement à donner mon avis sur cette affaire interne à la droite, et, étrangement, personne ne me l’a demandé. Néanmoins, la situation actuelle provoque chez moi quelques réflexions qui, je le pense, méritent d’être consignées par écrit pour servir à l’éducation des jeunes générations, au moins. Je vais donc vous dire mon sentiment sur les conditions actuelles de la politique française, au regard de mes précédentes analyses sur les causes du vote Front national.
La première idée, iconoclaste j’en conviens, est que les Français ont tort de s’inquiéter de l’élection de quelques députés front national dans la prochaine assemblée. En effet, c’est la loi de la démocratie: tout parti important se doit d’être représenté, et il faut dire que l’absence de ce parti, alors qu’il dépasse, depuis plusieurs années, les 15% des voix, est une anomalie démocratique qu’il convenait de corriger. Ou alors, voudrait-on une démocratie où la voix des électeurs serait systématiquement méprisée? Hitler a été élu démocratiquement, et je n’ai pas peur d’avouer qu’il n’a fait qu’appliquer son programme par la suite: les Allemands ont donc eu raison d’accepter les crimes nazis car ils étaient l’expression de la volonté populaire.
Mais je vais plus loin. Je pense que la présence de député FN, encore plus s’ils sont aidés par l’UMP pour leur élection, peut être une chance pour la France. Car, même si je ne partage pas leurs idées xénophobes et racistes, je sais qu’ils pourront être, en quelque sorte, le "poil à gratter" de l’assemblée, en proposant des solutions inattendues à des problèmes récurrents. Si ces solutions ne pourront être acceptées, elles pourront, peut-être, amener à une réflexion nouvelle.
Enfin, et c’est ma principale idée: ces députés improbables, spécialistes en chasse aux vampires ou groupies de la chanteuse Alizée, apporteront de nouvelles pratiques au palais Bourbon. Ainsi, leur amour de la danse leur permettra d’organiser des bals où les députés, de toute origine, pourront échanger leurs points de vue, et plus si affinités, et donc dépasser les oppositions stériles que provoque le choc des blocs lors des séances ; ou encore, leur alcoolisme quelque peu excessif rendra un peu plus vivant le bar de l’assemblée, en autorisant l’organisation de jeux à boire, de concours de biture ou de soirée œnologie.
Tout cela pourrait semble anodin. Mais je suis persuadé que la bonne entente entre les représentants du peuple est la condition sine qua non pour le redressement d’un pays trop longtemps paralysé par les luttes de factions. Je trouverai aussi alors à utiliser mes différents talents: en plus de fournir des notes et des conseils, je pourrai organiser l’une des fameuses soirées dont je suis coutumier, en me mettant derrière les platines et en poussant ces austères députés à se libérer et à crier : "Make us move, Fernand!" Voilà qui, avouons-le, nous changerait un peu.
