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Résoudre la crise et le chômage de masse: un défi que je peux relever

ChomageDepuis des années, la France (et une bonne partie de l’Europe avec elle) souffre d’un mal qui semble incurable: le chômage de masse. Tous les politiques, tous les économistes semblent sans pouvoir face à ce fléau des temps modernes ; mais si tous se lamentent, peu s’efforcent de résoudre la situation.

J’ai déjà, à plusieurs reprises, proposé des solutions à ce problème : en relançant la croissance par la guerre, en favorisant notre compétitivité par une politique agressive, en supprimant l’euro pour le remplacer par une monnaie plus ambitieuse, le mondo. Malheureusement, je n’ai pas été écouté, et, au lieu de s’acheminer vers un taux de chômage de 2 ou 3% (selon des estimations fondées sur des calculs précis d’application de mes mesures), on s’approche dangereusement des 12%…

Comment comprendre cet aveuglement de nos politiques, quand la solution est à portée de main? Comme on peut le comprendre, j’ai d’abord pesté contre ces décideurs qui refusent d’écouter la voix de la raison, préférant suivre les avis mal informés d’économistes de cour. Mais, après ce premier mouvement d’humeur, je me suis remis à ce que je sais le mieux faire : penser.

Or, il m’est apparu que si les hommes politiques refusaient d’entendre l’évidence, c’est que je n’étais pas assez clair, et que, surtout, je n’exposais pas suffisamment les fondements théoriques de mes mesures. Puisque le temps de mes lecteurs est compté, je vais donc résumer, en quelques lignes, la solution collectiste au chômage -et je renvoie à mes ouvrages pour ceux qui voudraient approfondir la question.

La solution collectiste au chômage part d’un constat simple: personne n’aime travailler, et pourtant tout le monde doit le faire. L’incapacité à résoudre cette contradiction est, je crois, au coeur des échecs de la science économique contemporaine. Car comment convaincre les jeunes de faire les études nécessaires à l’activité et à la croissance, quand ces mêmes études leur semblent ennuyeuses, inutiles et, pour tout dire, repoussantes?

Il faut donc impérativement réconcilier plaisir, capacité et travail. Pour cela, il est indispensable de partir de ce qui devrait être la base de toute politique économique, l’humain -et c’est en cela, et sans doute cela seulement, que les gauchistes à la Mélenchon ont une subtile intuition. Or, qu’est ce que l’humain? L’humain, c’est l’homme (ou la femme). Qu’est-ce qui définit l’humain? Ses particularités propres.

Ce sont ces dernières, ces particularités propres, qui fournissent la solution.

Greg Basso 243Qu’a un jeune homme, un peu limité intellectuellement, mais musculeux et fier de son corps? Un désir de soulever des poids. Faisons-en un manutentionnaire, dont la productivité sera décuplée!

Qu’a un vieil homme fatigué par les ans, mais plein de sagesse et de connaissances? Une capacité phénoménale à raconter des histoires. Faisons-en un professeur de maternelle, qui saura endormir les enfants au moment de la sieste!

Qu’a une jeune femme bien faite, mais peu cultivée? Un corps de rêve. Proposons lui des postes d’hôtesse dans des bars, ses talents trouveront à s’y employer et elle aura le plaisir d’agrémenter la vie d’intellectuels éminents!

Qu’a un jeune professeur d’université de Sciences Po? Une pensée puissante. Mettons-le à l’Assemblée, au gouvernement, à la place des médecins qui se plairont beaucoup plus à alimenter leur patrimoine et à trousser leurs infirmières.

Voilà, en quelques mots, la solution simple que je propose: sélectionner, dès le plus jeune âge, les enfants en fonctions de leurs capacités et de leur goût (j’insiste sur ce point) pour les amener vers un travail adapté. Par le plaisir qu’il y prendront, leur productivité sera décuplée et la croissance de la France atteindra, sans peine, une moyenne de 6 à 7 % (évaluation Sciences Po).

J’espère être entendu ; mais, dans tous les cas, je ne me tairai pas.

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Compétitivité : il est temps de frapper fort

Je n’ai pas lu le rapport Gallois. Pourquoi l’aurais-je fait ? On sait déjà ce qu’il préconise : diminuer les cotisations sociales pour ramener le coût du travail à un niveau plus faible, et restaurer ainsi les marges des entreprises françaises – ou, dans le meilleur des cas, leur permettre de diminuer leurs prix, donc de faire face à la concurrence des Chinois. On sait également que ce raisonnement est critiquable. L’homme de gauche que je suis – il faut parfois le rappeler, pour la clarté du débat – ne peut qu’entendre et partager ces critiques. En voici la substantifique moelle :

  • Il est absurde de chercher à concurrencer les salaires des pays sous-développés. Comment la France pourrait-elle lutter avec des salariés qui gagnent à peine un bol de riz par jour ? A moins de mettre les enfants au travail chez nous aussi, tout effort dans cette direction est voué à l’échec.
  • Le coût du travail n’est pas le principal problème de compétitivité que la France doit affronter. Le coeur du problème tiendrait à la moindre qualité des produits français par rapport à ceux des concurrents étrangers – on songe à l’automobile ou encore à la production cinématographique, par exemple (cf. photo).
  • Après tout, le coût du travail français n’est pas si élevé, compte tenu de la productivité très élevée des salariés français. Il faut naturellement excepter de ces statistiques les secteurs les moins productifs, tels que La Poste ou le restaurant "Chez Jojo", à Boulogne-Billancourt, où le service est affreusement long et où les plats sont tout juste décongelés – une honte.

En vérité, seuls les imbéciles patentés prétendent que la seule manière d’améliorer la compétitivité de la France est de réduire le coût du travail. Et puis, à bien y regarder, qu’entend-on par "compétitivité" ? La libre concurrence sur le marché des biens et services, entre produits français et produits étrangers : c’est là la racine de tous nos maux.

Les solutions doivent, elles aussi, être radicales. Il faut interdire aux ménages français d’acheter n’importe quoi, en provenance de Chine, d’Allemagne ou que sais-je encore. J’entends déjà les adversaires du protectionnisme : "Vous allez tuer la demande et étouffer le pouvoir d’achat !" Qu’ils se rassurent, j’y ai pensé. Il suffirait d’instaurer un quota de produits français dans la consommation de chaque ménage. 50%, par exemple. Cette solution a été expérimentée avec succès à la radio, grâce à feu M. Toubon, et a permis que des artistes majuscules au talent inépuisable soient légitimement reconnus – je ne citerais que deux noms, piochés au hasard dans ma discothèque : Chimène Badi, Priscilla. J’attends avec impatience que le génie français s’emploie avec autant de succès dans la production de marchandises de toutes sortes, et non plus seulement dans celles qui s’adressent à notre sens artistique.

 

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Pour une taxe citoyenne sur les enfants

La crise des dettes publiques touche, on le sait, les pays européens les plus indolents et les moins modernes : Grèce, Espagne, Portugal, Italie. Bientôt, peut-être, les marchés s’attaqueront à la France, qui pour l’instant emprunte à des taux d’intérêt négatifs, mais dont la dette publique est déjà considérable. Conscient de l’urgente nécessité d’agir, le gouvernement a d’ores et déjà résolu de faire des efforts, à hauteur de 30 milliards d’euros, de manière à réduire le déficit public. Cependant, cette politique de rigueur inavouée risque fort d’étrangler l’activité économique et d’alourdir, par un cercle vicieux que j’ai déjà eu l’occasion de démontrer, le poids de la dette.

Quelles alternatives peut-on trouver ? Comment prélever de nouvelles recettes fiscales sans ralentir l’activité économique ? La réponse est simple : il faut taxer les inactifs. Louis Chauvel a récemment proposé que les retraités soient davantage mis à contribution : ils bénéficient en effet d’un niveau de vie très correct, depuis leur entrée sur le marché du travail, et pourraient participer à l’effort collectif en étant imposés un peu plus, voire – j’ajoute cette suggestion à la démonstration de mon collègue – en mourant plus jeunes, grâce à des remboursements de frais de santé beaucoup plus limités. On voit cependant la limite de cette politique : outre que quelques belles âmes crieraient au scandale en prétextant que certaines personnes âgées vivent déjà sous le seuil de pauvreté, il est évident que les retraités, qui redistribuent une partie de leurs revenus à leurs descendants, soutiennent déjà la consommation, donc la croissance économique. C’est d’ailleurs pour cette raison seulement que j’ai récemment obligé ma vieille tante à me faire une donation, et que j’ai pu ainsi remplacer mon Opel Vectra break par un modèle plus neuf.

Il est cependant des inactifs qui, au sens strict, ne sont qu’un point mort pour la société, et ne contribuent en rien à soutenir la croissance. Pire : en ajoutant des parts aux foyers fiscaux, ils font baisser le montant de l’impôt sur le revenu perçu chaque année par le Trésor Public. Les enfants – puisque c’est d’eux qu’il s’agit – doivent eux aussi payer. Une seule question demeure : comment ?

Le travail des mineurs étant interdit en France, malgré les tentatives du sénateur Lamotte pour revenir sur cette loi archaïque, on ne peut prélever de cotisations sociales ni d’impôt sur leurs salaires. De manière générale, les revenus des enfants sont à peu près nuls. Il reste donc deux pistes :

  • Taxer les parents, par le biais d’un impôt exceptionnel prélevé chaque année, qui annulerait le montant des allocations familiales,
  • ou bien remettre en vigueur le système de la corvée, certes un peu passé de mode, mais très simple à mettre en oeuvre : il suffirait que chaque enfant donne un peu de son temps pour réaliser des travaux d’intérêt général tels que la réfection des trottoirs de sa commune, la collecte des ordures ménagères, ou encore l’élagage des platanes. Cela permettrait de supprimer de nombreux postes de fonctionnaires, et d’insuffler un peu d’esprit civique à nos chères têtes blondes.

Cette deuxième option a ma préférence, en raison de sa simplicité, et de ce qu’elle encourage le dévouement et l’altruisme, fussent-ils forcés. On pourrait par exemple la substituer au service militaire, et la baptiser "service civique obligatoire". On me dit que certains y ont déjà pensé au PS : je ne doute pas que cette taxe citoyenne sur l’enfance voie donc le jour, dans les mois à venir.

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Lutter contre l’illettrisme: le permis d’écrire

Je suis à présent bien rentré à Paris et m’apprête comme tout un chacun, à reprendre ma routine quotidienne. Métro-boulot-dodo*.

Aujourd’hui, je m’apprêtais à me lever quand j’entendis ma concierge hurler dans la cage d’escalier. Je luttais une bonne dizaine de minutes, en me cachant sous mon oreiller, quand l’idée que ces cris de douleur puissent manifester une situation de réelle détresse, me firent craindre pour sa vie. Mon sang n’a donc fait qu’un tour, je suis sorti du lit, je me suis rasé, lavé, parfumé, manucuré, puis me suis rué hors de chez moi.

J’appelai l’ascenseur, l’attendis quelques minutes. Puis, ne le voyant pas venir, j’entrepris de descendre les quelques étages qui me séparaient d’une scène somme toute assez cocasse.

Ma concierge gisait dans l’ascenseur, écrasée sous un tas d’enveloppes qui l’étouffait à moitié. Certains de ces plis avaient glissé hors de la cage et bloquaient la nacelle, coincée entre deux étages. L’intervention des pompiers était en cours. Ils semblaient avoir la situation bien en main et le calme se faisait peu à peu, en raison notamment de la légère asphyxie de la concierge, qui limitait la puissance de ses cris.

Je vis sur le sol une de ces enveloppes. Quelle ne fut pas ma surprise de découvrir qu’elle m’était adressée! J’attrapais une seconde enveloppe: pour moi aussi! Et ainsi de suite… J’entrevis sur l’une des enveloppes le cachet de Gallimard. J’eus alors un petit rire que les pompiers, distraits par la concierge dont le visage tournait au violet, ne comprirent pas.

Tout s’expliquait: comme à chaque rentrée littéraire, tous les éditeurs sollicitaient mes avis sur leurs plus récentes productions et m’adressaient donc les sept cent romans de la rentrée. Et ma pauvre concierge, qui est naturellement paresseuse, avait tenté de tout faire rentrer dans l’ascenseur. Tout amusé par la situation, je songeais que son refus de faire sept étages à pied, avec ces colis dans les bras, était bien puni par cette avalanche sans doute provoquée par les cahots de notre bon vieil ascenseur.

Chaque année, ma concierge se plaignait de cette corvée. Mais cette dizaine d’allers et retours ne sont rien en comparaison des dizaines d’heures de lecture que les éditeurs parisiens ou, à la rigueur, arlésiens, m’imposent.

Vous me direz, quelques dizaines d’heures, c’est peu, pour six cent livres. J’emploie, voyez-vous, une méthode de lecture accélérée qui m’a été enseignée par un ancien camarade d’études, maoiste devenu responsable du cahier “montres de luxe” de Libération, après avoir été chroniqueur littéraire dans le “Quotidien du Limousin”.

Un livre ne livre (sans jeu de mots) sa substantifique moelle qu’en trois endroits: à sa première page, à sa trentième page et à sa quatre-vingt-dixième page. Je ne lis donc que ces trois pages dans les romans qui me sont soumis. Trois minutes par livre. Six cents livres. Mille huit cent minutes. Soit une trentaine d’heures de travail. On appelle cela “manier” un livre.

J’indique d’ailleurs que ma récente biographie de Georges-Guy Lamotte a été pensée en fonction de cette technique et que les pages 1, 30 et 90 sont particulièrement réussies. Je vous en conseille la lecture, comme modèle de ce qu’il faut faire pour être lu.

Bien sûr, trente heures, c’est encore trop. Surtout quand on constate le degré d’illettrisme de ces cancres complexés et revanchards, qui se plaignent qu’on ne les lise pas, alors qu’ils ne nous entendent pas, nous, nous plaindre de la bêtise de leurs oeuvres.

Et encore! les gens d’esprit comme moi ne sont pas les seuls victimes de ces écrivains du dimanche, qui rêvent de Goncourt et d’Interallié alors qu’ils n’ont souvent aucun diplôme. Pensez aux arbres qui sont massacrés, voire génocidés, pour cette rentrée littéraire.

C’est bien le signe du poids des médias, de focaliser l’attention des écologistes sur des questions secondaires comme le gaz de schiste ou le nucléaire, alors qu’au même moment la forêt est détruite par des égos narcissiques d’écrivaillons sans talent, ni âme, ni principes.

J’indique même que certains de ces écrivaillons ne vivent pas de leur plume, mais d’un travail de directeur de collection dans une grande maison d’édition et, alors qu’ils sont dépourvus de tout génie, se permettent de refuser des oeuvres immortelles, comme, par exemple, la biographie d’un élu socialiste exceptionnel, qui les vaut cent fois, mille fois! Une biographie qui, à cause de leur évidente jalousie, se retrouve publiée chez un petit éditeur qui ne la vend qu’au compte-goutte, malgré les menaces de procès.

Une mesure politique s’impose. Un fait, une loi: telle est la loi cardinale de l’action politique. Pour sauver la forêt, je suggère, tout simplement, d’exiger de tous les écrivains qu’ils exhibent un niveau universitaire minimal, comme une thèse de doctorat. C’est une mesure de bon sens. Sans cela nous continuerions d’exposer nos enfants à des textes rédigés par des analphabètes. Entendez-vous le cri de nos arbres, que ces illettrés viennent tuer jusque dans nos bras ? Le permis d’écrire (délivré par une autorité indépendante, sur le modèle d’autres comités des sages), remis aux seuls auteurs suffisamment diplômés, permettrait d’éviter cette gabegie.

On parle beaucoup des cafouillages de l’équipe gouvernementale. En ces temps de rentrée littéraire, de rentrée scolaire, et d’interrogation écologique, cette mesure mettrait à contribution Vincent Peillon Aurélie Filipetti et Delphine Batho – resserrant par là même les rangs de la majorité que le rosé estival, et les baignades de la Rochelle, avaient laissé parsemés.

 

*Même si, chez moi, ce métro-boulot-dodo prend la forme d’un voiture-café-boulot-café-facebook-déjeuner-café-sieste-café-tennis-café-voiture-dîner-dodo. Mais cette particularité est due aux besoins de mon esprit qui ne peut faire ses plus grandes conquêtes que dans les moments de grand délassement. C’est donc contraint et forcé que j’évite d’enseigner trop régulièrement. Certes, je manque aux élèves. Mais cette organisation est au plus grand bénéfice du progrès scientifique.

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Proposition n°27 (Nouvelles technologies): L’interfilet, un internet français

Google, Mountain View, USA. Apple, Cupertino, USA. Microsoft, Redmond, USA. Amazon, Seattle, USA. Lenovo, Pékin, Chine.

Parmi les plus grandes entreprises mondiales d’informatique et de nouvelles technologies, aucune française, beaucoup d’américaines, et quelques émergentes. Voilà le constat sans appel que tout un chacun peut dresser. Voilà ce que tout le monde peut noter dans sa vie quotidienne. Moi même, j’ai longtemps eu un ordinateur Goupil, puis un Bull ; aujourd’hui, j’écris ce post sur un ordinateur venu de Redmond. Moi-même, j’ai longtemps eu un portable SAGEM ; aujourd’hui, c’est sur un iphone que j’envoie mes sms à mes étudiantes.

Pourtant, une telle situation n’est pas une fatalité. La France a de nombreux atouts à faire valoir sur le marché des nouvelles technologies: des ingénieurs bien formés, une créativité à revendre, un marché intérieur conséquent. Mais c’est l’absence d’investissement d’Etat qui explique notre retard. Là où d’autres pays ont soutenu la création d’entreprise, la dernière présidence a préféré subventionner des industries désuètes, ou investir dans un crédit impôt recherche aux effets catastrophiques sur le vivre-ensemble.

Bien pire: certains restent arc-boutés sur des positions d’un autre siècle. Quand j’entends M. Bayrou demander la relocalisation de l’industrie française, j’applaudis ; mais quand j’apprends que c’est pour y relancer la fabrication de locomotives à vapeur et de tissus de soie, je dis "Halte là!"

Il est donc nécessaire que, dès 2012, le gouvernement français lance un plan pluriannuel d’investissement dans le secteur de l’internet. Mais il faut aller plus loin. Internet, son nom même l’indique, est possédé par des entreprises étrangères, américaines le plus souvent. Comment espérer donc réussir sur un terrain où les règles ont été fixées ailleurs? Je propose donc la création de l’Interfilet, un internet à la française réservé à nos concitoyens (ou aux résidents depuis plus de 5 ans), avec son corolaire, l’interdiction sur le territoire national de la consultation de sites étrangers. Ainsi, les entreprises et les talents français seront obligés de relocaliser et nous créerions des milliers d’emplois.

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Proposition n°26 (Economie): Pour relancer l’économie, remplaçons l’euro par le mondo

Depuis 2008, une terrible crise financière, qui s’est peu à peu étendue à toute l’économie réelle, touche la majorité des pays développés, et donc tout naturellement la France. Qu’on en juge : de 2007 à 2010, la dette française est passée de 64,2 à 82,3% du PIB et elle n’a pas arrêté, depuis, d’encore augmenter. Quant à la croissance, elle est restée totalement atone, à peine 1% par an, avec certaines périodes de dure récession.

Pourtant, cette crise économique resterait supportable, et ne coûterait à la France que quelques menus sacrifices, si elle n’était aggravée par un mal plus profond, parce que plus structurel : l’adoption de la monnaie unique, l’euro, en 2001. Cette monnaie est en effet, malgré la défense maladroite de quelques thuriféraires mal dégrossis, entachée d’un vice de forme depuis son origine : elle constitue un carcan intangible, qu’il n’est pas possible d’adapter aux difficiles réalités du monde moderne, toujours changeantes, toujours mobiles. Pensons un instant que les principes de cette monnaie ont été établis au traité de Maastricht, en 1992.

1992! il y a 20 ans! Un siècle à la vitesse où le monde évolue aujourd’hui. Pensez qu’en 1992, George Bush Père était président des Etats-Unis! En 1992, Yitzhak Rabin était encore en vie! En 1992, le CD n’avait pas encore remplacé la cassette audio! En 1992, Jordy était premier du top 50 avec "Dur dur d’être un bébé"! Et c’est dans de telles conditions, sous de tels auspices qu’on voulait créer une monnaie unique?

Car, depuis, s’est produit un changement fondamental : la mondialisation des échanges, le rétrécissement du monde, ainsi que Georges-Guy Lamotte l’avait annoncé dans son ouvrage de 1975 Le Collectisme. Vers un nouveau contrat social. Vouloir fonder l’économie à une échelle européenne était certes pertinent en 1992. En 2012, c’est complètement dépassé.

C’est pourquoi nous demandons que le nouveau président de la République française, quel qu’il soit, réunisse dès le lendemain de son élection ses principaux partenaires (Allemagne, Etats-Unis, Japon, Algérie) pour prendre la seule décision qui s’impose : l’abandon d’une monnaie européenne dépassée, et la création d’une nouvelle monnaie mondiale, qui aurait cours dans tous les pays du monde.

Cette monnaie mondiale, nous proposons de l’appeler le "mondo". Grâce au mondo, le commerce ne sera plus entravé par de stupides barrières commerciales. Grâce au mondo, un salarié du Bangladesh sera enfin payé autant que son camarade du Luxembourg, mettant fin à l’une des plus grandes injustices de notre temps. Grâce au mondo, en somme, les dévaluations, les crises financières et la faim dans le monde seront enfin jugulées.

La mise en place d’une telle monnaie sera bien sûr un travail titanesque, qui ne pourra être mené que par la Banque Mondiale, et si et seulement si elle a à sa tête un authentique économiste, ayant une solide formation théorique mais aussi une connaissance de l’économie réelle, celle des vrais gens et de la vraie vie. De toute évidence, ce Kim Jong-il qui vient d’être nommé n’a pas le profil. En tant qu’ancien d’Andersen Consulting, et de Science po, je pense en revanche avoir toutes les qualités requises. Je suis donc candidat à ce poste.

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Sauver la Grèce : la solution collectiste

Les grands hommes ont parfois leurs errements. Lorsqu’il était président de la République, François Mitterrand avait ses habitudes dans un petit bistrot de Bastille, "Chez Loulou" ; et son plat préféré était la langue de boeuf aux morilles, que Madame Jeanpierre lui confectionnait avec amour. Un jour de mars 1991, le couperet tomba : son médecin lui annonça que, s’il ne cessait pas ces agapes excessives, sa maladie empirerait et l’emporterait. On connait la suite : l’entêtement gastronomique du meilleur socialiste de son temps eut raison de lui.

A l’heure où j’écris ces lignes, la Grèce est, elle-aussi, placée face à ses responsabilités. Menacée d’une faillite imminente, elle hésite, tangue et vacille. C’en est fini de Papandréou, Papademos est déjà mal en point… Comme dirait Marcel Rufo, on se demande quel Papa les Grecs cherchent ! Mais ce n’est pas l’occasion de faire de l’humour. Sous la férule des eurocrates et des marchés financiers, le peuple grec saigne, et il s’apprête à vivre de longues années de souffrance.

Il y a pourtant une solution. Pas celle des bolcheviks inflationnistes, qui veulent faire prêter la BCE directement aux Etats – et pourquoi pas distribuer de l’argent de poche aux enfants, tant qu’on y est ? Allons donc. Pas celle des nostalgiques du Reich qui veulent bouter hors de la zone euro les peuples inférieurs. Non, une seule solution doit s’imposer : la collectisation.

Collectiser la dette, ce n’est pas, bien entendu, la collectiviser. En tous cas, ce n’est pas nationaliser les banques. Et d’ailleurs, pour quoi le ferait-on? Comment? En émettant des drachmes,peut-être ? Allons donc. Pourquoi pas revenir au troc, tant que l’on y est. Ce qui m’impressionne, dans ces discussions oiseuses, c’est leur vacuité. Car la solution collectiste est là, devant nous, et comme le dit Platon elle nous brûle les yeux par son évidence et sa beauté.

Et l’on ne peut pas dire que l’on ne connaisse pas les conséquences du collectisme, cette politique à la fois révolutionnaire et raisonnable. Les exemples historiques collectistes abondent, prouvant ses bénéfices, sa valeur : dès l’Antiquité c’est grâce à lui que César a éliminé ses concurrents ; Gutemberg l’a appliqué aux entreprises d’édition, avec le succès que l’on sait ; plus près de nous, c’est en tenant fermement aux principes collectistes que De Gaulle a vaincu la barbarie nazie.

Soyons clairs : appliqué à la situation présente, le collectisme ne présenterait que des avantages : réduction des coûts, augmentation du pouvoir d’achat, réduction du chômage et de l’effet de serre. Il aurait aussi pour bénéfice de remettre en avant la valeur travail, de retisser le lien social et de soigner le cancer.

Trêve de circonlocutions. Il faut agir. Voilà le programme collectiste de l’an 2011:

Tout simplement permettre à chaque ménage grec, transformé en institution financière autonome, d’émettre ses propres obligations à échéance courte gagées sur les swaps de CDS actuariels, cessibles à concurrence de la valeur du spread sur le marché interbancaire chinois. D’un autre côté, obliger les hedge funds à reprendre les junk bonds par une allocation conditionnelle des échanges syndiqués, et ce sans inquiéter la mercatique d’amont indispensable à la reprise économique appuyée sur le défaut de bilan asiatique.

La solution est trop simple, dites-vous? Et, bien, j’en ai parlé, en vain, à quelques collègues économistes qui n’y ont accordé qu’une attention limitée. Sans doute, aveuglés par leur fausse science, sont-ils passés à côté des fondements théoriques de ma démonstration, pourtant résumés en quelques pages dans le chapitre « économie, travail, bonheur, finance » de mon Que sais-je sur le collectisme. Je les y renvoie.

Puissent mes lecteurs porter la bonne parole : il faut à l’Europe une politique collectiste, ou renoncer à toute politique. Le XXIe siècle sera collectiste, ou ne sera pas.

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