Les oubliés de la présidentielle, II : Antoine Waechter

Ma note sur Marcel Barbu a inauguré une série de billets que je crois utile aux apprentis historiens (et même à quelques collègues qui seraient bien inspirés de remettre le nez dans leurs manuels) : l’histoire des candidats oubliés à la présidentielle sous la Vème République reste, à ma connaissance, à faire. En voici donc un nouvel épisode.

Antoine Waechter, fils de boucher alsacien, manifeste très tôt des dispositions pour la défense des animaux. Il en tire une thèse sur la fouine, et commence une brillante carrière de militant écologiste. Guidé par la conviction inébranlable que la Nature doit être préservée des attaques de l’Homme, et vice-versa, il milite dans plusieurs associations (Ecologie et Survie, Castors Alsace, Brûlons Fessenheim) et participe à la naissance des Verts, en 1984.

Il est désormais, au sein de ce parti, le représentant de la ligne dure qui s’oppose à la confiscation de l’écologie politique par la gauche. Cette orientation réussit à convaincre 3,8% d’électeurs à la présidentielle de 1988. Toutefois, elle est de plus en plus contestée en interne, au point que quelques apparatchiks guidés avant tout par le goût du pouvoir l’évincent à l’AG de Lille (1993). Il fonde alors le Mouvement Ecologiste Indépendant, qui se singularise par une communication inédite : en 1997, le clip de campagne d’Antoine Waechter le montre répondant aux questions d’un castor.

Son électorat peine à comprendre ces innovations radicales, les militants doutent et une fronde s’organise contre lui : en 2005, alors qu’il soutient le « Oui » au référendum sur le TCE, la base du MEI – sans doute par pure volonté de lui nuire – soutient le « Non ». Antoine Waechter décide courageusement d’une purge.

Fidèle à ses convictions, il soutient François Bayrou en 2007. Aux régionales de 2009, il est élu sur une liste Europe-Ecologie (avec laquelle il avait refusé toute compromission, au point de n’être que second de liste), avec le soutien du PS. En 2011, après avoir soutenu Nicolas Hulot aux primaires EELV, il hésite entre Eva Joly et François Bayrou.

Un homme indépendant, qui ne se laisse jamais enfermer dans un parti qui ne lui convient pas : tel est le fier castor d’Alsace, à qui les Verts, ces éternels ingrats, doivent tout.

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