Proposition n°3 (Parité) : TouTEs citoyenNEs, touTEs égalUXes

François Hollande a été bien inspiré sur un point au moins de son programme présidentiel : retirer de la constitution toute référence à la « race ».

On sait que ce terme, en 1946, n’avait pas toutes les connotations qu’on s’accorde à lui trouver de nos jours, et singulièrement depuis le 21 avril 2002. L’antiracisme était balbutiant, la pensée de gauche en berne. Rien d’étonnant alors à ce que l’on ait pu écrire une Déclaration des droits de l’homme et du citoyen qui mentionne la « race » humaine, et autres fadaises. À l’heure actuelle, pourtant, il faut regarder la réalité en face, et avoir le courage de dire : non aux distinctions entre hommes et femmes!

Aujourd’hui, alors que notre République traverse des heures sombres, les inégalités entre hommes et femmes restent scandaleuses, et abjectes. Que dire d’un pays où les femmes gagnent, à poste égal, jusqu’à 20% de moins que leurs homologues masculins ? Se souvient-on du sort indigne fait à Edith Cresson, celle que Lamotte surnomma affectueusement, en son temps, « la grande tarée » ?

Mais ce ne sont pas que ces faits sociologiques qu’il modifier : c’est toute une mentalité qu’il faut changer. Pour cette raison, je me proposer de donner l’exemple en commençant par retirer ces termes discriminants de mon propre blog. Désormais, il n’y aura plus ni *** ni ***, mais simplement des êtres humains. Une telle vision devrait être enseignée à tous les enfants, *** ou ***, dès leur plus jeune âge.

Mais, surtout, pour achever de faire de l’égalité ***-*** une réalité, commençons par retirer de la Constitution toute référence au sexe, *** ou ***. Le sort des **** ne pourra que s’en trouver mieux, et les *****, par la même occasion, s’enorgueilliront d’une belle victoire conquise sur l’intolérance et la haine de l’autre.

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3 Commentaires

Classé dans 30 propositions, politique

3 réponses à “Proposition n°3 (Parité) : TouTEs citoyenNEs, touTEs égalUXes

  1. Winkelbach

    Bonjour camarade,

    Pardonnez-moi de m’étonner lorsque je lis (sur le blog d’un professeur à Sciences Po) qu’en 1946, la pensée de gauche était « en berne », et l’antiracisme « balbutiant ». Il me semble qu’en 1946, l’antiracisme, si balbutiant que vous puissiez le juger aujourd’hui, venait de remporter une « toute petite » victoire sur le nazisme ; qu’en 1946, le Parti socialiste SFIO était au pouvoir (Auriol à l’Elysée, Ramadier à Matignon) avec ses alliés issus de la Résistance (des communistes aux gaullistes), et mettait en place, avec un courage politique comme on n’en a plus guère connu depuis, d’immenses réformes sociales ; qu’en 1946 paraissaient les textes que Léon Blum avaient écrits pendant la guerre (pour ne rien dire de la dialectique de Guy Mollet, élu premier secrétaire cette année-là).

    Ne me faites pas écrire ce que je n’ai pas écrit, ce n’était certes pas l’âge d’or : la France était en ruines,la nourriture rationnée ; l’idée même de civilisation avait été ébranlée par la découverte des horreurs de la Seconde Guerre mondiale… Mais comment pouvez-vous écrire ce que vous écrivez ?

    La mention des « races » dans le préambule de la Constitution de la IVe République était là pour indiquer le rejet de cette idée, après la victoire de la barbarie nazie, par la France républicaine et résistante. Rien de raciste dans cette mention, bien au contraire ! Ceci dit, je ne rejette nullement la proposition de François Hollande, dans la mesure où les temps ont changé. C’est votre raccourci historique que je trouve biaisé !

    Bien cordialement tout de même.

    • Cher camarade,
      Merci de votre remarque, qui va dans le bon sens. L’écriture d’un blog incite parfois à des raccourcis, comme vous le dites très justement, et il est possible que je me sois mal fait comprendre. Je me félicite de ce que l’internet permette à la vigilance de mes lecteurs de s’exercer aussi impitoyablement que celle des comités de rédaction de mes nombreuses publications scientifiques.
      Sur le fond : on ne peut raisonnablement parler d' »antiracisme » en 1946. Certes, l’idéologie nazie, raciste par nature, venait alors de subir une cuisante défaite, et ne devait ressurgir que bien plus tard. Mais le terme même d’antiracisme est alors un anachronisme : on n’en trouve la première occurence que sous la plume de Francis Artois, compagnon de route du PS et ami de Georges-Guy Lamotte, en 1978. La source exacte est une note adressée à l’administration préfectorale sur les signes ostentatoires de religiosité (déjà !). Du reste, avant SOS racisme et son vulgaire plagiat du slogan de Lamotte (« Ne touche pas à mon ami »), l’antiracisme était, convenons-en, balbutiant.
      Merci de votre commentaire,
      FBL

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