Maurice Lévy, ou le collectisme pour les nuls

J’interromps momentanément le cours de mes 30 propositions (pour une nouvelle France) qui, comme vous le savez, sont uniquement destinées à aider les candidats à la présidentielle à touver des idées neuves, courageuses et profondes.

Une information, anecdotique en apparence, a retenu mon attention aujourd’hui : « Maurice Lévy défend son gros bonus ». Par-delà le titre racoleur – mauvaise blague sur le physique du patron de Publicis – j’en retiens la substance : M. Lévy explique qu’il a brillament conduit les affaires de son entreprise, et qu’il s’est injustement trouvé sous le feu des critiques opportunistes de la classe politique qui « flatte les bas instincts du populisme. »

Il a cent fois raison, bien sûr. J’ai déjà exposé, dans mon précédent billet, combien une saine émulation, aiguillonnée par des incitations financières justes, pouvait encourager la performance individuelle. Au nom de quoi priverait-on Maurice Lévy des fruits de son travail ?

Certains me répondront que le profit que dégage Publicis (et la part que s’en attribue son principal dirigeant) provient du travail des salariés, et que ce bonus s’apparente donc à une forme d’exploitation. Je leur rappelle la démonstration faite, en son temps, par Georges-Guy Lamotte : le patron d’une entreprise est en tous points le « camarade du dessus » des salariés, et œuvre avec eux dans un même effort. Il faut abandonner les vieilles lunes marxistes-léninistes, changer le logiciel de la pensée socialiste, et reconnaître cette vérité antique qui s’applique si bien au cas Lévy : sans capital, point de travail.

Je suis fatigué, et parfois découragé, de voir à quel point les idées collectistes, pourtant si simples et si pénétrantes, sont restées lettre morte pour la gauche française. Je suis las de devoir reprendre mon bâton de pèlerin, dans mes cours, dans les journaux, et bientôt dans mon ouvrage à paraître (Georges-Guy Lamotte, le dernier des socialistes, Aux Forges de Vulcain, 14,90 €, disponible début mai), pour rappeler à leur devoir de vérité ceux qui font semblant d’oublier qu’après Marx, Keynes, et Maurice Allais, il y eut des hommes pour nous montrer la voie de la raison.

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Classé dans Collectisme, Divers

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