Proposition n°25 (culture): Un festival de Cannes intègre et moderne

En regardant quelques classiques en DVD, je repensai, dernièrement, à l’une de mes incursions dans le milieu du cinéma. C’était il y a quelques années, et déjà, j’en avais tiré une idée politique originale.

Katrina, starlette sculpturale venue d’un saugrenu pays de l’Est, m’avait donné, ce soir de juin 2007, son contact, alors que nous avions échangé quelques mots au bord de la piscine du Carlton. J’avais rendez-vous le lendemain avec elle pour lui ouvrir mon important carnet d’adresses et lui montrer la superbe vue sur la baie de Cannes depuis ma chambre du Martinez.

Sirotant un café au comptoir à 6 euros dans un modeste troquet de la Croisette, je me laissais aller à affiner certaines de mes réflexions collectistes alors que j’attendais la nymphette.

Etonnant, ce festival du cinéma de Cannes, où j’ai mes habitudes depuis des années : apéro avec Jean-Pierre Mocky, pétanque avec Robert Guédiguian, sardinade avec Jeanne Moreau, etc. Du beau monde que j’ai rencontré lors d’une projection de l’épatant Un éléphant, ça trompe énormément organisée par Georges-Guy Lamotte il y a quelques années. Si vous aviez vu Mocky ce soir-là !

Etonnant, donc, ce festival, qui met en avant d’obscurs films tournés dans d’absurdes langues austronésiennes, ouralo-altaïques, ou encore anglo-saxonnes, que seuls quelques professeurs des Langues O’ maîtrisent encore, et dont ils dispensent les cours devant quelques retraités.

Etonnant, ce festival qui s’évertue à laisser à la rue, au bas du tapis rouge, sans la possibilité de voir le moindre film, les authentiques cinéphiles qui guettent leurs héros sur de petits escabeaux pour les prendre en photo sous un soleil de plomb.

Et que dire alors de l’outrageant népotisme qui règne sur ce bout de Côte d’Azur, notamment dans le choix du Président du jury et de ses jurés ? Oui, Monsieur Gilles Jacob, c’est à vous que ces lignes s’adressent ! Car qui connaît (encore) ces acteurs et réalisateurs de seconde zone que sont Isabelle Huppert, Martin Scorsese ou Wong Kar-Wai, sinon vous et votre clique ?

Comment ne pas être offusqué par le choix des films en sélection ? Oui, Monsieur Thierry Frémaux, c’est à vous que ces lignes sont destinées ! Comment avez-vous osé sélectionner (et primer) des films comme La Dolce Vita, Apocalypse Now, ou encore Underground, et oublier (j’irais jusqu’à dire mépriser) des oeuvres telles que le troublant Mystère de la chambre jaune, le délicat La Passion du Christ, ou encore le visionnaire Sucker Punch ?

Aussi, par trop corrompu, le Festival de Cannes se doit d’être réformé en profondeur au plus vite.

En premier lieu, il doit se doter d’un jury indépendant réduit à sa portion congrue. Un juré unique – par conséquent président du jury – dont les intérêts et les amitiés seraient éloignées de ce monde dont la boussole est aujourd’hui plus souvent tournée vers le décolleté d’une Sophie Marceau que vers la justesse et la pertinence des propos d’un Lars von Trier.

En second lieu, toutes les projections se doivent d’être systématiquement ouvertes au public, qui pourra ainsi monter les marches en tongues en rentrant de la plage.

Enfin, dans un grand mouvement de soutien à la culture populaire, l’Etat se doit de prendre en charge les frais d’hôtel et de bouche des festivaliers. Une nouvelle taxe sur le prix des places de cinéma ou le pop-corn pourrait être la solution pour débloquer ces sommes.

Aussi, je demande au futur Président de la République de désigner dès 2013, et ce pour une durée de dix ans renouvelables, l’unique juré du festival.

Je propose par ailleurs que ce juré soit également automatiquement désigné président du Festival, et en soit son administrateur, afin d’y gagner en transparence et efficacité.

Vous aurez compris que mon statut d’intellectuel et chercheur intègre, impartial et indépendant me pousse à me porter candidat à ce triple poste de juré-président-administrateur.

Ce jour-là, j’aurais aimé accueillir Katrina en rendant hommage à l’une de nos icônes nationales, la grande résistante Arletty, en lui rappelant que Cannes « est tout petit pour ceux qui s’aiment d’un aussi grand amour ».

Mais Katrina ne vint jamais à notre rendez-vous.

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Classé dans 30 propositions, Collectisme

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