Proposition n°26 (Economie): Pour relancer l’économie, remplaçons l’euro par le mondo

Depuis 2008, une terrible crise financière, qui s’est peu à peu étendue à toute l’économie réelle, touche la majorité des pays développés, et donc tout naturellement la France. Qu’on en juge : de 2007 à 2010, la dette française est passée de 64,2 à 82,3% du PIB et elle n’a pas arrêté, depuis, d’encore augmenter. Quant à la croissance, elle est restée totalement atone, à peine 1% par an, avec certaines périodes de dure récession.

Pourtant, cette crise économique resterait supportable, et ne coûterait à la France que quelques menus sacrifices, si elle n’était aggravée par un mal plus profond, parce que plus structurel : l’adoption de la monnaie unique, l’euro, en 2001. Cette monnaie est en effet, malgré la défense maladroite de quelques thuriféraires mal dégrossis, entachée d’un vice de forme depuis son origine : elle constitue un carcan intangible, qu’il n’est pas possible d’adapter aux difficiles réalités du monde moderne, toujours changeantes, toujours mobiles. Pensons un instant que les principes de cette monnaie ont été établis au traité de Maastricht, en 1992.

1992! il y a 20 ans! Un siècle à la vitesse où le monde évolue aujourd’hui. Pensez qu’en 1992, George Bush Père était président des Etats-Unis! En 1992, Yitzhak Rabin était encore en vie! En 1992, le CD n’avait pas encore remplacé la cassette audio! En 1992, Jordy était premier du top 50 avec « Dur dur d’être un bébé »! Et c’est dans de telles conditions, sous de tels auspices qu’on voulait créer une monnaie unique?

Car, depuis, s’est produit un changement fondamental : la mondialisation des échanges, le rétrécissement du monde, ainsi que Georges-Guy Lamotte l’avait annoncé dans son ouvrage de 1975 Le Collectisme. Vers un nouveau contrat social. Vouloir fonder l’économie à une échelle européenne était certes pertinent en 1992. En 2012, c’est complètement dépassé.

C’est pourquoi nous demandons que le nouveau président de la République française, quel qu’il soit, réunisse dès le lendemain de son élection ses principaux partenaires (Allemagne, Etats-Unis, Japon, Algérie) pour prendre la seule décision qui s’impose : l’abandon d’une monnaie européenne dépassée, et la création d’une nouvelle monnaie mondiale, qui aurait cours dans tous les pays du monde.

Cette monnaie mondiale, nous proposons de l’appeler le « mondo« . Grâce au mondo, le commerce ne sera plus entravé par de stupides barrières commerciales. Grâce au mondo, un salarié du Bangladesh sera enfin payé autant que son camarade du Luxembourg, mettant fin à l’une des plus grandes injustices de notre temps. Grâce au mondo, en somme, les dévaluations, les crises financières et la faim dans le monde seront enfin jugulées.

La mise en place d’une telle monnaie sera bien sûr un travail titanesque, qui ne pourra être mené que par la Banque Mondiale, et si et seulement si elle a à sa tête un authentique économiste, ayant une solide formation théorique mais aussi une connaissance de l’économie réelle, celle des vrais gens et de la vraie vie. De toute évidence, ce Kim Jong-il qui vient d’être nommé n’a pas le profil. En tant qu’ancien d’Andersen Consulting, et de Science po, je pense en revanche avoir toutes les qualités requises. Je suis donc candidat à ce poste.

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4 Commentaires

Classé dans 30 propositions, Collectisme, politique

4 réponses à “Proposition n°26 (Economie): Pour relancer l’économie, remplaçons l’euro par le mondo

  1. Emmanuel

    Je me permets de vous rappeler, cher Fernand, la proposition de Keynes en 1944 (à Bretton Woods) : créer une monnaie supranationale appelée Bancor. Selon une source fiable, que vous citez vous-même souvent :
    « Globalement, la Clearing Union trouve sa source dans de nombreux écrits d’entre-deux-guerres et notamment le Treatise of Money. Elle s’articule autour d’une monnaie internationale le Bancor indexé de manière évolutive sur l’or, et de monnaies dont le cours est déterminé en Bancor. Chaque pays reçoit un montant en Bancor en fonction de sa part dans le commerce international. Si les taux de change sont fixes à court terme, à moyen terme, les monnaies doivent être réévaluées ou dévaluées de façon à équilibrer la balance extérieureM 16. Par ailleurs, les mouvements de capitaux sont contrôlés et la Clearing Union peut participer à l’effort d’investissement et de reconstruction. En fait, et Keynes insiste là-dessusSF 10 elle peut comme une Banque centrale émettre de la monnaie. »
    Il me semble que vous vous situez dans la droite ligne de ce grand économiste – en y ajoutant un surcroît de réalisme, peut-être.

  2. Bonjour cher Emmanuel
    effectivement mon projet a quelques similitudes avec celui de ce M. Keynes dont vous me parlez. Néanmoins, la comparaison ne résiste pas à l’analyse. Disons que le rapide projet de ce dilletante servira à illustrer, chez les historiens du futur, les balbutiements du mondo.
    bien à vous
    Bloch-Ladurie

  3. Pingback: Résoudre la crise et le chômage de masse: un défi que je peux relever | L'actualité selon Bloch-Ladurie : Réflexions collectistes

  4. Un passant

    Le mot « mondial » n’étant réellement employé que dans les langues romanes (et dans le football), je vous propose de remplacer « mondo » par « globo », dont la racine est déjà plus universelle. On m’objectera que cet universalité ne s’étend qu’aux peuples blancs ou colonisés. Je répondrai « Reddite quae sunt Caesaris, Caesari, et quae sunt peregrinorum, peregrinis ».

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