L’enjeu des législatives : en finir avec le parlementarisme

La campagne législative commence de manière poussive et, pour tout dire, indigeste : polémiques sans fondement sur la semaine de six jours à l’école, critiques acerbes de la garde-robe de Cécile Duflot, achoppement de l’accord FdG-PS sur les circonscriptions « à risque », etc. On sent, lorsque comme moi on fréquente de près les arcanes du pouvoir, un essoufflement et une fatigue gagner tous les responsables politiques, sans parler des commentateurs, qui n’en peuvent plus de chanter les louanges de François Hollande alors qu’ils le massacraient voici encore deux semaines.

Cet épuisement général d’un pays lassé par la politique doit être attribué, bien sûr, à la funeste inversion du calendrier électoral : deux mois à peine après l’élection présidentielle, nous voici de nouveau appelés sous les drapeaux des partis, « mo-bi-li-sés » tels de vulgaires bénévoles du Téléthon… alors que nous croyions l’essentiel accompli. Le changement, c’est… bientôt. Après les législatives. Et pourtant, tout le monde ou presque s’accorde déjà à dire que celles-ci verront la victoire de la gauche. À quelques ajustements près, bien entendu – si une alliance FN-Modem a lieu dans quelques circonscriptions, ou encore si les Verts renoncent unilatéralement à toute candidature, comme les y encourage Nicolas Hulot.

Dans ces conditions, sachant que le gouvernement est déjà constitué, qu’il a du pain sur la planche, et que Mme Merkel est impatiente de reprendre les négociations sur l’euro, devoir attendre le résultat des urnes et non seulement pénible, mais contre-productif. Certains élèves de Sciences-Po avaient courageusement, par le passé, proposé d’abolir l’Assemblée Nationale pour éviter ces désagréments. Bien que séduisante, cette mesure risquerait de faire hurler les apparatchiks attachés à leur poste d’élu comme la moule au rocher. J’ai moi-même proposé, pendant la campagne, une simplification du paysage politique que je crois utile et nécessaire. Dans l’intervalle, il faut agir pour le bien de la nation, et reconnaître que le seul parlement qui permettra de gouverner est un parlement discipliné, qui se contente d’appliquer ce qu’on lui dit de voter. Nicolas Sarkozy a ouvert la voie à cette pratique gouvernementale, pendant cinq ans, grâce à ceux qu’il surnommait affectueusement « mes petits godillots ». Il faut poursuivre dans cette voie, pour donner à la République une gouvernance efficace, qui s’appuie sur le résultat du 6 mai et ne s’embarrasse pas de tergiversations politiciennes. L’enjeu des prochaines élections, c’est donc de faire en sorte qu’il n’y ait plus d’enjeu. L’avenir de la République, c’est la disparition du parlementarisme.

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Classé dans gouvernance, politique

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