Le dur métier de première dame : conseils d’un historien à Valérie Trierweiler

Je connais bien Valérie Trierweiler. Dans l’un des nombreux cocktails à Solferino où j’ai été invité, et pendant mes vacances en Corrèze (où j’avais pris une semaine de congés, juste à côté de chez François Hollande : heureux hasard !), nous nous sommes croisés plus d’une fois. Je crois pouvoir affirmer que cette journaliste de talent n’était pas insensible à ma conversation, et qu’elle avait sans doute un peu d’admiration pour moi. Peut-être un peu plus, qui sait… Je n’ai jamais poussé mon avantage. À l’heure actuelle, je n’envie pas la place de François Hollande, pour une seule raison : sa compagne va être exposée, des années durant, à la curiosité des medias. Déjà on critique ses tenues, ses sacs à main, sa coiffure… Rude métier que celui de « first girlfriend ». Heureusement, les précédents historiques abondent, et donneront, à n’en pas douter, quelque inspiration à celle que l’on surnomme déjà « la première dame de fer ». En voici quelques-uns.

Eleanor Roosevelt a été l’une des premières « first ladies » à prendre au sérieux ce rôle délicat. Elle a par exemple soutenu la création d’une escadrille de chasse composée de pilotes noirs qui se battaient en Italie et escortaient les bombardiers sur l’Allemagne. Voilà un bel exemple à imiter ! Pourquoi ne pas suggérer à votre compagnon, chère Valérie, de créer un escadron de Rafale pilotés par des jeunes des quartiers défavorisés, pour aller pilonner les dictateurs nord-coréen ou iranien ?

Mais il faut vivre avec son temps : nous ne sommes pas (encore) en guerre. En temps de paix, le rôle de première dame est essentiellement consacrée à la décoration intérieure du palais présidentiel, comme Jackie Kennedy, à l’époque, l’avait bien compris. Pourquoi ne pas entreprendre de redonner à l’Elysée cette touche de modernité qui lui manque, chère Valérie ? Soyez attentive, toutefois, à un détail : le coût de ce genre d’opérations est souvent prohibitif. Mais vous pourriez sans doute y faire contribuer votre ancien employeur : M. Bolloré (le patron de Direct8) a su, voilà cinq ans, faire profiter l’Elysée de ses largesses. Je suis certain que vous saurez le convaincre qu’en matière de bling-bling comme en d’autres, le changement, c’est maintenant.

Dernière source d’inspiration potentielle : Eleana Ceaușescu. Figure injustement décriée de la vie politique roumaine, elle fut cependant une scientifique de renom : diplômée d’ingénierie chimique à l’Institut Polytechnique de Bucarest, elle entreprit des recherches décisives en chimie, dont les mauvaises langues affirmèrent qu’elles étaient le fait d’un autre chercheur moins connu. Après s’être vu refuser la soutenance de sa thèse par le professeur Simionescu (qui fut par la suite renvoyé et dont les publications furent rayées des annales de la recherche roumaine), elle fit valider ses travaux par le professeur Coriolan Drăgulescu, et accumula les distinctions scientifiques dans les pays qui, à l’époque, savaient reconnaître le véritable génie roumain, et en particulier celui de ses dirigeants. Selon Wikipedia : « L’encyclopédie roumaine de l’époque dédie plus d’une demi-page pour énumérer tous ses titres et récompenses. »

Quel parcours ! Il vous appartient, chère Valérie, de faire vos preuves dans le domaine intellectuel qui vous sied le mieux. Je ne doute pas que quelques collègues (et je me compte parmi eux) sauraient vous attribuer les honneurs académiques qui vous sont dus, en sciences de l’information et de la communication, par exemple. Bien sûr, mon soutien vous sera alors indispensable ; mais je sais que vous saurez me convaincre par une simple invitation à diner…

Je n’en dis pas davantage, pour vous laisser le loisir de chercher, par vous-même, les figures que vous saurez égaler, voire dépasser. Je vous embrasse chaleureusement, et vous dis, je l’espère, à très bientôt.

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10 Commentaires

Classé dans gouvernance, politique

10 réponses à “Le dur métier de première dame : conseils d’un historien à Valérie Trierweiler

  1. Pingback: L’étiquette du chef de l’Etat : conseils au nouveau président | L'actualité selon Bloch-Ladurie : Réflexions collectistes

  2. Baguet

    mais qu’est-ce qu’on s’en tape : toute l’info sur ça et le geste de Nasri !!!!!!!!!!!!!!!!!!!

  3. Encore des propos de bobos: c’est vrai qu’on s’entape. En plus les débuts sont prometteurs avec le soutient de VT à Falorni.
    Pendant ce temps là, la crise s’accentue et commence à atteindre l’Italie. Pour la France se sera aprèsle 17 juin, quand les français auront donné le pouvoir aux bobos socialistes.

  4. Wesson Stéphane

    Quel est le rôle de cette femme?
    Elle n’est pas élue, elle est l’ex maîtresse légitimée du nouveau Président.
    Soit pas grand chose de plus que vous et moi aux yeux de la République.

    Elle n’a aucune légitimité Républicaine et je ne comprends ce blog.

    Faites un Blog sur madame Michu, elle aura le même statut républicain.

  5. Pingback: Perchoir de l’Assemblée : Valérie Trierweiler est la plus légitime | L'actualité selon Bloch-Ladurie : Réflexions collectistes

  6. cedric

    Le concept de ère dame est américain.
    Il n’a pas sa place en France, encore moins lorsqu’il n’y a pas mariage.
    On croit rêver.

  7. Pingback: Pourquoi le livre de Valérie Trierweiler est un tissu de mensonges | L'actualité selon Bloch-Ladurie : Réflexions collectistes

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