Georges-Guy Lamotte: un parcours (6. Le crépuscule)

Dernier épisode de la biographie abrégée de Georges-Guy Lamotte. Toute l’histoire de sa vie est, je vous le rappelle, contenue dans cet ouvrage.

Trop contemporain pour leurs vieux esprits réactionnaires et étroits, Lamotte se voit refuser l’entrée à l’Académie française par les « Immortels ». Il ne se laisse pas démonter, et pose, dès la mort d’un des sociétaires, sa candidature à l’Académie des sciences morales et politiques. C’est encore un échec, qui s’explique par une collusion secrète entre plusieurs académiciens, parmi lesquels on repère aisément la patte de Bernard d’Espagnat, physicien borné, François Terré, juriste imbécile, et surtout Franz Josef Otto Robert Maria Anton Karl Max Heinrich Sixtus Xavier Félix René Ludwig Gaetano Pius Ignazius von Habsburg-Lothringen, dit Otto de Habsbourg, et que Lamotte ne désigne que par le sobriquet de « Obersturmbannführer du quai Conti ». Lamotte se venge tour à tour de chacun d’entre eux, notamment en brûlant vif le caniche du nobliau autrichien.

De nouveau retiré du monde, diminué physiquement, Lamotte n’est plus que l’ombre de lui-même. Il lui faut un sauveur. C’est à la fin des années 2000 que nos destins se croisent, par l’intermédiaire de Samantha Lamotte, sa petite fille, gracile naïade que j’instruis et que je dirige (je dirige du moins son mémoire de master). Je découvre alors un homme que la gauche a voulu faire taire, mais qui concentre sur sa personne toutes les contradictions réelles de l’histoire du socialisme français. Nous créons ensemble les Cahiers collectistes, pour faire vivre, au-delà de sa personne, l’ambition intellectuelle de Lamotte. Voici le sommaire du premier numéro de cette revue passée à la postérité (dès le n°2, qui ne vit jamais le jour) :

Georges-Guy Lamotte et Fernand Bloch-Ladurie, « Manifeste du collectisme », p. 4.

Sylvie Pierre-Brossolette, « Les pauvres ont de la chance ! Misères et malheurs des soi-disants « Riches » », p. 26.

Claude Allègre, « Géomorphologie de l’île d’Haïti et tremblements de terre : la fin des risques », p. 45.

Denis Olivennes, « La gauche et le pognon : ou comment virer ses employés, en culbuter quelques-unes, et rester progressiste », p. 48.

Stéphane Hessel, « Collectistes de tous les pays, énervez-vous ! », p. 63.

Shaun White, « I love Skateboard. XXX », p. 67

Robert Badinter, « Discours sur le rétablissement des châtiments corporels, tel que proposé par Georges-Guy Lamotte dans les années 1970, et revisité à l’aune des changements de société actuels. », p. 128.

Samantha Lamotte, « L’engagement des lesbiennes féministes américaines dans la remise en question de l’affirmative action », p. 150.

Paul Gascot, « Mes années Mitterrand », p. 151.

L’héritage intellectuel de Lamotte est sauvegardé. Hélas, tandis que son œuvre triomphe, Lamotte se meurt. Devant la victoire de Nicolas Sarkzoy, le 6 mai 2007, présageant sans doute que jamais la gauche ne lui offrira plus rien, pas même un poste de ministre, il met fin à ses jours. Aujourd’hui, l’internet, et surtout un livre, lui redonnent vie.

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6 Commentaires

Classé dans Collectisme, Georges-Guy Lamotte

6 réponses à “Georges-Guy Lamotte: un parcours (6. Le crépuscule)

  1. Roberto Pichao

    Je serais très intéressé par le court article (une page) de Mlle Samantha Lamotte. Où pourais-je le consulter ?

  2. Vous pouvez trouver les Cahiers collectistes à la BNF, et à la bibliothèque de Sciences Po, si ma mémoire est bonne. Si vous le souhaitez, je vous ferai parvenir un exemplaire : il m’en reste une bonne centaine à la cave.

  3. Pingback: Georges-Guy Lamotte : un parcours (5. De Tapie à l’Académie) | L'actualité selon Bloch-Ladurie : Réflexions collectistes

  4. Kanouga

    Les Cahiers collectistes, à supposer qu’ils aient jamais existé (aucune trace sur internet), ne se trouvent ni à la BNF, ni à la bibliothèque de Sciences Po, où du reste vous n’avez jamais enseigné. Les catalogues de ces deux bibliothèques étant accessibles en ligne, la vérification prend cinq secondes. Quel est le sens de ce canular prolongé, jamais drôle et souvent pénible, qui semble n’avoir d’autre but que de vous créer une identité numérique flatteuse ?

  5. Les cahiers collectistes ne sont pas un canular. Ce qui existe sur internet n’existe pas toujours dans la réalité. Et, inversement, ce qui existe dans la réalité n’est pas toujours sur internet.

  6. Pingback: Election du nouveau pape : pour des primaires ouvertes | L'actualité selon Bloch-Ladurie : Réflexions collectistes

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