Legislatives: contre la cohabitation, la collaboration

Une fois de plus, en cette année décisive pour la France, les électeurs sont appelés aux urnes demain dimanche. L’enjeu est de taille : confirmer, ou pas, le mandat donné à François Hollande le 6 mai dernier pour réformer notre pays et lui donner enfin des dirigeants à sa taille.

Pourtant, toutes les études d’opinion le confirment, les Français se désintéressent totalement de ce vote, et l’abstention risque d’atteindre un niveau record. Malgré l’enjeu, malgré les risques de paralysie, les électeurs pensent qu’il n’est pas nécessaire qu’ils se déplacent.

Faut-il s’en étonner? Je ne le pense pas. Tout d’abord, comme je le rappelle souvent, trop de démocratie tue la démocratie. Demander trop souvent son avis au peuple est contre-productif, surtout quand celui-ci n’est pas toujours à même de comprendre les enjeux d’une élection qui le dépassent. Pour résoudre ce problème, on a longtemps recouru au suffrage censitaire, qui privait les pauvres de droit de vote; pour ma part, je serais favorable à un système de vote « intellectuel », où seuls ceux capables de justifier d’un certain niveau d’études pourraient voter.

Mais passons. Aujourd’hui, la cause profonde de la désaffection des Français pour le vote vient d’un fait simple : ils ont déjà choisi. Pourquoi retourner aux urnes, alors qu’il y a un mois à peine un choix clair s’est exprimé pour le pays? Et, de plus, quel est l’enjeu? Voter pour la majorité présidentielle, et confirmer son vote, ou changer d’avis et provoquer une cohabitation délétère pour le pays? Personne ne peut le vouloir. La cohabitation est une anomalie démocratique, qui ne devrait pas pouvoir exister.

C’est pourquoi je propose une réforme constitutionnelle simple. Supprimons totalement les législatives, et remplaçons-les par un système où seraient désignés, parmi l’élite intellectuelle de la nation, non des députés, mais un petit nombre de « collaborateurs » (577, par exemple). Le choix de ces collaborateurs devrait par exemple, et c’est une proposition que je fais, avoir nécessairement un diplôme universitaire supérieur (doctorat) ou enseigner dans un Institut d’Etudes Politiques. Ainsi, délivrés de la pénible nécessité de convaincre les électeurs, ces sages pourraient tranquillement se consacrer à leur vraie tâche : faire des lois.

Ce système, je propose de l’appeler « Collaboration« . Ce nom reflèterait ainsi bien l’esprit d’entente et de partage que j’espère voir, un jour, naître dans notre chère France.

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5 Commentaires

Classé dans gouvernance, politique

5 réponses à “Legislatives: contre la cohabitation, la collaboration

  1. Citizen Kohn.

    Autre avantage : les élections coûtent cher, en personnel autant
    qu’en nuisances écologiques (papier, souillures de la voie publique
    et autres) ! De l’audace donc – et sans restriction ! – car le bel élan
    collaborectionniste proposé ne comporte-t-il pas, tel quel, un risque
    de croupionnisation du parlement des experts ? Pourquoi dès lors
    ne pas lui introduire la dose, variable, il va sans dire, de hasard proportionnel ? A chaque début de séance, les heureux non-élus devraient ainsi passer à leur voisin de droite tous leurs dossiers
    et notes et récupérer ceux de leur voisin de gauche. Ils garderaient
    de la sorte une certaine fraîcheur, garantie du jour (comme l’oeuf
    à la coque qui se respecte). Bien sûr, les fauteuils, y compris ceux
    des présidents et assistants seraient aléatoirement redistribués
    au déclenchement d’alarmes parlementaires, baptisées oracles,
    réglées sur les horloges atomiques de l’Observatoire de Paris.
    Le dégourdissement des jambes qui s’ensuivrait profiterait aussi
    à la fluidité des débats. Une forme de décimation périodique
    des rangs parlementaires n’est pas non plus à exclure,
    histoire de réhabiliter le goût du sacrifice et de réévaluer
    la vertu la plus traditionnelle qui soit parmi les élites.
    Qu’en pensez-vous ?

    • Très bonnes idées ! Je les note. De toute façon, le rôle politique très réduit de ces collaborateurs, et la convergence de vues entre eux que ne manquera pas de produire leur formation commune, autorise toutes les expérimentations que vous proposez.

  2. Humour?

    c’est un gag?! c’est de l’humour?!

  3. Ludovic

    Réalisez-vous qu’en vous adonnant à la confusion digne d’un lycéen n’ayant pas encore atteint la terminale, à savoir confondre niveau d’étude et sens critique/civique, vous renoncez à toute crédibilité ?
    Qu’on soit instruit ne signifie aucunement qu’on soit « intelligent », et inversement…

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