L’étiquette de l’Elysée : conseils au nouveau président

Je ne crois pas au « président normal ». La fonction présidentielle confère à celui qui l’occupe un prestige, une aura quasiment sacrée. François Hollande n’échappera pas à la règle : les Français n’attendent peut-être plus un sauveur, un génie politique ou un père de la nation, mais ils ne se sont toujours pas consolés de la fin de la monarchie, comme le rappelle souvent mon collègue Lorant Deutsch. Mais quel modèle de chef d’Etat pourrait convenir à notre nouveau président ? Comme pour la fonction de première dame, les exemples historiques abondent. Sans vouloir les détailler tous, je recommande à François Hollande cette petite liste d’erreurs à éviter, pour garder intact le charisme qu’il a su construire pas à pas.

La photo avec Mickey : Jacques Chirac, dont la femme ressemblait beaucoup à un personnage de Disney, pouvait se le permettre. Mais pour celui qu’on surnomme déjà « le président des bisous », mieux vaut ne pas forcer le trait.

Multiplier les démonstrations de force : à proscrire. Vous risquez d’échouer bêtement, de vous énerver, et de lâcher des bordées d’injures.

Faire du tennis : aucun problème. Sport plus noble que le jogging ou l’haltérophilie, il vous conviendra parfaitement. Évitez cependant de vous prendre pour Bjorn Borg et de dispenser on ne sait quels conseils dans un domaine qui n’est pas le vôtre : vous n’êtes pas un entraîneur. Laissez également tomber votre passion pour le football, qui vous a conduit à des compromissions indignes, comme ce match aux côtés d’Eric Besson.

Certes, cet épisode a eu lieu avant la trahison du « Brutus de la Drôme », comme l’avait surnommé Martine Aubry. Mais vous savez comme moi que certaines images ne s’effacent pas facilement des mémoires… (au fait, lorsque vous faites du sport, pensez à ne pas exposer autant votre embonpoint).

S’afficher aux côtés de jeunes filles dévêtues : soyez très vigilant. Même quand elles sont de votre propre famille, il faut éviter de donner prise aux accusations mal venues.

Les bals costumés : ils sont tout simplement passés de mode. A la rigueur, portez un smoking si les circonstances l’exigent. Mais n’en rajoutez pas : vous risqueriez la ringardise. Bannissez le haut-de-forme, restez-en aux basiques.

Enfin, faites attention à choisir un portrait officiel à la fois sobre et classique, contrairement à ce que vous a proposé cet étrange photographe amateur incapable de se servir d’un pied. Voici par exemple celui qu’a récemment choisi Vladimir Poutine : Je ne doute pas que vous ayez déjà de nombreux conseillers en personal branding, cher François. Mais peut-être ces quelques rappels historiques pourront-ils compléter leur culture politique, souvent défaillante. Respectueusement,

FBL

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7 Commentaires

Classé dans gouvernance, politique

7 réponses à “L’étiquette de l’Elysée : conseils au nouveau président

  1. Citizen Kohn

    A propos d’étiquette :
    quelle est la position d’un des esprits
    les plus indépendants qui soit, dont le rayonnement
    dépasse de loin le poids électoral, sur l’attitude opposable
    aux candidats rétifs à la discipline de leur parti et qui se maintiennent,
    notamment face à un(e) camarade de la nouvelle majorité présidentielle ?
    Si la question n’est pas trop délicate, même pour le phare
    de la pensée non conventionnelle !

    • Vous voulez parler de ma position, j’imagine ? Eh bien, je pense que cette question mérite un examen au cas par cas. Dans la circonscription où se présente Ségolène Royal, par exemple, son concurrent devrait avoir l’élégance de se retirer. Mais dans d’autres, c’est plus compliqué. Il faut privilégier le pragmatisme.

      • Citizen Kohn.

        Très vieille France, l’effacement devant la candidate !
        Mais les codes de la galanterie sont-ils toujours
        de rigueur dans la jungle politique ?

  2. Citizen Kohn

    Au sujet du président sortant,
    en qualité d’expert en comportement,
    il serait fautif de ne pas dévoiler l’erreur
    d’interprétation de son réflexe bien connu
    comme étant celui du guidon de vélo,
    irrépressible chez les cyclistes,
    y compris les amateurs
    mais compulsifs !
    Je vous en prie,
    la consultation est offerte.

    • C’était donc ça ! Je m’étais imaginé qu’il jouait au matamore en essayant de maîtriser un taureau à mains nues et tout seul. Mais pourquoi donc confond-il ce bovidé avec son vélo ?

      • Citizen Kohn.

        Ah, pourquoi : la question fatale ! Et bien, en un mot : réflexe.
        Le même mécanisme conduit la troupe à marcher au pas
        et l’anima à saliver devant sa gamelle.

  3. Citizen Kohn.

    Ah, pourquoi : la question fatale ! Et bien, en un mot : réflexe.
    Le même mécanisme conduit la troupe à marcher au pas
    et l’animal à saliver devant sa gamelle. (En face de n’importe
    quelles doubles poignées, la réaction aurait été identique).

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