In defence of FOG

Franz-Olivier Giesbert est un des plus grands esprits contemporains. Attaqué, raillé, moqué, traîné dans la boue par des hordes de gauchistes anonymes (sur Twitter et sur quelques sites internet autoproclamés experts en critique des medias), il a pourtant été la principale victime de cette double campagne électorale. Pour avoir osé dire sa part de vérité, FOG finit à terre, sanglant et abandonné de tous (à part de France 2 et du Point). D’où vient ce paradoxe ?

L’historien doit d’abord s’attacher aux faits pour comprendre son époque. Rappelons-en quelques-uns. FOG fait très tôt ses armes dans le quotidien de sa famille maternelle, Paris-Normandie, dont il refuse la direction qu’on lui offrait pourtant sur un plateau : marque précoce d’une indépendance d’esprit à toute épreuve. Il est ensuite journaliste politique au Nouvel Observateur, où il suit le PS, tout en montrant une grande autonomie à l’égard de l’appareil socialiste. En effet, tout en soutenant ouvertement Pierre Mauroy (il va jusqu’à rédiger avec lui Les Héritiers de l’avenir, qui contient d’ailleurs quelques dizaines de pages de plagiat du Collectisme de Georges-Guy Lamotte), il réalise quelques sujets sur le CERES, et de nombreuses interviews de Michel Rocard. On se souvient notamment de sa série « Rocard chez les sudistes » (19 mars 1979), « Rocard à Washington » (9 juin 1980), « Rocard au clair de lune » (23 janvier 1981), « Rocard à St-Tropez » (24 février 1981). Par la suite, Giesbert prend successivement la direction du Nouvel Obs, du Figaro, et du Point, prenant soin de ne s’enfermer dans aucun carcan idéologique, tout en favorisant sa carrière fulgurante.

Dans le même temps, l’homme de plume devient homme de télévision, tout en continuant de publier une série de romans dont les titres sonnent comme un programme : L’Affreux, L’Abatteur, Le Lessiveur… Nulle trace d’autobiographie dans ces études de mœurs brillantes et enlevées, du moins jusqu’au fameux Dieu, ma mère et moi, où il règle ses comptes avec son créateur, avec l’audace du Rousseau des Confessions (le style en plus). Mais ces qualités littéraires, reconnues par tous1, lui laissent encore le temps de publier de précieux documents politiques, qui éclairent d’un jour nouveau les présidents de la République finissants. Ainsi apprend-on dans La tragédie du Président (mars 2006) que Jacques Chirac « a mauvaise haleine », ou encore, dans ses Derniers carnets (2012), que Nicolas Sarkozy « s’énerve très facilement ».

Durant la dernière campagne électorale, la juste indignation qui a toujours guidé Franz-Olivier Giesbert continue de s’affirmer haut et fort : il écume les plateaux télévisés pour alerter les électeurs sur le problème de la dette publique, dont personne n’avait pris la mesure, à part lui. Est-ce cette quête désintéressée de la vérité qui a fini par lasser le public ? A-t-on voulu brûler le messager qui apportait la triste nouvelle d’une défaite que personne ne voulait entendre ? A-t-on cherché à faire taire celui qui criait, seul dans un désert médiatique unanimement acquis à la gauche, qu’il fallait enfin faire une vraie politique de droite ? Nul ne le saura. Réduit à néant par une cabale indigne, Franz-Olivier Giesbert n’a plus que son éditorial hebdomadaire (et quelques invitations sur France 2) pour se lamenter sur son sort. Voilà comment l’on traite les vrais intellectuels, de nos jours. Pauvre Franz.

1 Jean Daniel est allé jusqu’à affirmer « Il écrit encore plus vite qu’il pense ».

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