François Bayrou a un destin international

Il est de coutume, dans la gauche de gouvernement, de confesser son admiration pour François Bayrou. Adversaire politique dont le programme est difficilement compatible avec celui du PS, celui-ci n’en serait pas moins un grand homme politique, ombrageux et solitaire, poursuivant inexorablement son chemin malgré les vicissitudes de l’histoire, et malgré les nombreuses défaites qu’il a dû essuyer. Ce n’est pas mon cas. J’ai toujours considéré que M. Bayrou faisait partie des personnages troubles de la vie politique française : mi-chèvre mi-chou, mi-figue mi-raisin, il n’inspire guère la confiance, et n’a pas, à l’évidence, la stature des véritables hommes d’Etat que furent (au hasard) Staline, De Gaulle, ou Lamotte.

Pourtant, il faut reconnaître que le sort (ou plutôt les électeurs) l’accable(nt) : il vogue de revers en insuccès, alors même que sa décision de voter François Hollande a très certainement facilité l’élection du nouveau président. Faut-il faire un geste envers lui ? Et lequel ?

Lui attribuer un ministère, peut-être, comme certains l’évoquent déjà au PS ? Ce serait une faute politique : le bégaiement qu’il a su cacher tant bien que mal jusque là lui reviendrait aux lèvres dès qu’il serait investi d’une quelconque fonction officielle. Et chaque cérémonie officielle prendrait des airs de grand-guignol.

Lui confier une mission technique, comme Nicolas Sarkozy avait fait avec Martin Hirsch, au nom de l’ouverture ? Cela risquerait d’envoyer un signal déplorable : soyez battus aux présidentielles, on vous remerciera. La porte serait alors ouverte à tous les scandales : Jean-Luc Mélenchon deviendrait Haut commissaire à la refondation du dialogue social, Marine Le Pen se verrait attribuer une commission de réflexion sur l’immigration et l’intégration… Où s’arrêter ?

Je crois avoir une solution à proposer au président. Il faut nommer François Bayrou ambassadeur. Certes, il n’est pas très connu à l’étranger. Il paraît même que cet agrégé de lettres classiques ne connaît, en fait de langues étrangères, que le latin et le grec. Mais il n’est pas question de le nommer à New York ou à Tel-Aviv. Je pense plutôt à la Papouasie-Nouvelle Guinée ou au Vanuatu. Il s’agit, vous l’aurez compris, de faire d’une pierre deux coups : remercier chaleureusement celui sans qui François Hollande ne serait pas président, éloigner durablement un potentiel adversaire sur la scène politique nationale.

Dans l’intervalle, il serait bon d’attibuer à un lycée béarnais, ou à la rigueur à un collège, le nom de François Bayrou. Pour services rendus.

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1 commentaire

Classé dans gouvernance, politique

Une réponse à “François Bayrou a un destin international

  1. Citizen Kohn.

    O combien admirable exemple de solidarité de rang
    dans la classe politique que cette mobilisation,
    à tout le moins intellectuelle, sur l’avenir
    d’un désormais ex-candidat !
    Sans oublier la dimension individuelle,
    l’heure n’est-elle pas plutôt à la concentration
    de tous les efforts au service de l’intérêt collectiste ?
    Le plus galvanisant mouvement de pensée du millénaire
    se résoudrait-il dans l’égoïsme compulsif du « tweet »
    et un clanisme à l’horizon cérébral consanguin ?
    Est-là le fruit précocement périssable
    du grand chelem électoral ?

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