Ma position sur le TCSG

Plusieurs étudiants m’ont, tout récemment, demandé ce qu’ils devaient penser du TCSG, et s’ils devaient conclure leurs dissertations sur ce sujet par « oui » ou par « non ». J’ai rapidement éludé la question, par manque de temps et, je l’avoue, par manque d’information : comment se fait-il que cet objet ait pris une telle ampleur dans l’actualité politique ? Les parlementaires n’ont-ils pas d’autres chats à fouetter ? Je connais personnellement le problème, et depuis fort longtemps. Mais je ne comprends pas l’urgence avec laquelle on réclame l’abolition du TCSG. C’est pourtant, à mon humble avis, la meilleure chose à faire. Expliquons-nous.

Dans un passé relativement lointain, lorsque je n’étais encore qu’adolescent, je jouais parfois au tennis avec quelques camarades de classe. Nous habitions la banlieue sud, du côté d’Evry et de Corbeil-Essonnes. Mes lecteurs réguliers le savent, j’ai toujours prêté une très grande attention à ma condition physique, mais je préférais, à l’époque, la grâce et la subtilité de la natation synchronisée à la force brute des Agassi et des Noah. Sur le court, je me défendais donc avec beaucoup de talent, jusqu’à ce que mes partenaires de jeu se décident à jouer un jeu sans aucune finesse, tout en smashes et en aces. Dès lors, je perdis rapidement pied et finis par renoncer à ce sport. Pourtant, cette décision fut précipitée par un évènement bien précis.

Au Tennis-Club où nous nous entraînions alors, à St-Germain-Lès-Corbeil, les terrains n’étaient pas toujours très bien entretenus. Pourtant les joueurs étaient nombreux, au point que certains patientaient dans les gradins en regardant un match ou deux avant de pouvoir jouer. Ce mercredi après-midi, alors que je me défendais comme un beau diable pour éviter une balle de match, au terme de 5h de jeu, il y avait foule dans les tribunes. Lorsqu’un faux rebond, causé par la mauvaise qualité du revêtement, envoya la balle directement dans mes testicules, une clameur se fit entendre sur le côté du terrain : « Allez, dehors, Farinelli ! », « Fais pas semblant de pleurer, t’as rien, là ! », ou encore « Dégage du terrain, l’avorton ! » Blessé, mais digne, je sortis en ravalant mes larmes et partis vomir sur le parking, couvrant de bile le pare-brise du 4×4 de l’un de ces braillards. Je ne remis plus jamais les pieds au Tennis-Club de St-Germain (TCSG).

30 ans après les faits, certains parlementaires ont résolu de porter l’affaire devant le peuple : le TCSG est, et a toujours été, un repaire de brutes épaisses qui méritent notre mépris. Dissoudre cette association, c’est rendre service à Corbeil, au sport, et à la France. Ne pas céder aux sirènes qui affirment « Gardons-le pour l’instant en l’état, il permet quelques avancées », c’est une question de souveraineté nationale. Vous pouvez donc, chers étudiants, conclure vos dissertations par « non ».

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3 Commentaires

Classé dans gouvernance, politique

3 réponses à “Ma position sur le TCSG

  1. Citizen Kohn.

    Pour une fois, le sens des responsabilités de notre hôte est pris en léger défaut sinon, en matière de traité, il serait parti consulter un expert, par exemple, un descendant de ces Amérindiens qui ont à de nombreuses reprises tâté du traité avec des autorités aux visages pâles, toutes plus sincères et fiables les une que les autres ! « Nihil obstat » et nonobstant par dessus tout, la lecture du texte à ratifier nous apprend qu’il s’agit en fait d’une mesurette peu contraignante dont l’intérêt principal est de servir de gage à la construction à venir d’une Europe plus fédérale. En tant que début d’engagement des pays signataires à ramer dans le même sens, il a de quoi tracer une barrière entre partisans d’une Europe mieux intégrée et francs-tireurs d’un nationalisme exacerbé, donc mortifère. Nul doute que leur affrontement sur le sujet cachera une fois de plus des luttes pour des enjeux beaucoup plus domestiques et voisins qu’une bataille d’idées de haute volée nécessitant documentation, connaissances et vision d’ensemble et d’avenir !

  2. M.-P. Petiot-Mengele

    Cher M. Kohn,

    Je crains que vous n’ayez pas lu le billet de M. Bloch-Ladurie avec l’attention qu’il méritait. Le fils spirituel de Georges-Guy Lamotte y fait montre d’un courage extraordinaire en nous confiant, comme à des amis, quelques souvenirs intimes et douloureux de sa jeunesse. A l’instar de Jean-Jacques Rousseau, de Richard Millet et de Christine Angot, il nous livre ses secrets les plus précieux, mettant généreusement à nu son âme d’exception. Et voilà que vous nous parlez d’Europe fédérale et d’Amérindiens ! (Sujets sans grand intérêt soit dit en passant, si ce n’est pour quelques rats de bibliothèque chenus et desséchés).

    Si j’avais à noter votre copie, je lui donnerais un 2/20 (un zéro serait décourageant, donc contre-productif sur le plan pédagogique). En marge, j’écrirais en gros caractères rouge sang ces mots infamants : HORS SUJET ! Pour tout vous dire, je rirais de bon cœur de votre étourderie, si elle ne manifestait un désolant manque de respect pour l’auteur de ce blogue.

    J’aimerais tout de même terminer ce message sur une note positive. Je suis sévère, certes, mais juste, et certainement pas impitoyable. Aussi dois-je reconnaître que votre commentaire, tout hors sujet qu’il soit, n’est pas totalement nul. Je suis même assez d’accord avec ce que vous dites sur l’Europe. L’image de la galère est même très judicieuse : oui, il nous faut tous ramer dans le même sens. Peut-être ce sens n’est-il pas le bon. Peut-être l’Europe court-elle à sa catastrophe. Mais qu’importe ? L’histoire jugera. L’essentiel est que nous souffrions tous ensemble, pour le meilleur comme pour le pire. La situation est trop grave pour que nous nous payions le luxe de « débats démocratiques ».

  3. Citizen Kohn.

    Très avenant(e ?)… docteur ? (Nul n’a, en effet, à souffrir d’un quelconque préjugé relatif à l’usage antérieur de son patronyme, n’est-ce pas ?)
    Malgré votre ton légèrement professoral, qu’il est sans doute exagéré de considérer comme l’indice majeur de votre réalité professionnelle, vous n’arriverez pas à faire croire que vous passez à côté de la dimension métaphorique du tennis-club en regard d’une construction supranationale.
    Pour le reste, ni par l’infamie ni par la flatterie ne réussirez à établir ici le « débat démocratique » que vous supposez un peu vite appelé de tous leurs vœux par vos interlocuteurs : il n’est, bien sûr, pas question de « ça » mais d’assener ses convictions afin d’écraser celles des adversaires, ainsi qu’ils méritent d’être reconnus et nommés !

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