Pour une taxe citoyenne sur les enfants

La crise des dettes publiques touche, on le sait, les pays européens les plus indolents et les moins modernes : Grèce, Espagne, Portugal, Italie. Bientôt, peut-être, les marchés s’attaqueront à la France, qui pour l’instant emprunte à des taux d’intérêt négatifs, mais dont la dette publique est déjà considérable. Conscient de l’urgente nécessité d’agir, le gouvernement a d’ores et déjà résolu de faire des efforts, à hauteur de 30 milliards d’euros, de manière à réduire le déficit public. Cependant, cette politique de rigueur inavouée risque fort d’étrangler l’activité économique et d’alourdir, par un cercle vicieux que j’ai déjà eu l’occasion de démontrer, le poids de la dette.

Quelles alternatives peut-on trouver ? Comment prélever de nouvelles recettes fiscales sans ralentir l’activité économique ? La réponse est simple : il faut taxer les inactifs. Louis Chauvel a récemment proposé que les retraités soient davantage mis à contribution : ils bénéficient en effet d’un niveau de vie très correct, depuis leur entrée sur le marché du travail, et pourraient participer à l’effort collectif en étant imposés un peu plus, voire – j’ajoute cette suggestion à la démonstration de mon collègue – en mourant plus jeunes, grâce à des remboursements de frais de santé beaucoup plus limités. On voit cependant la limite de cette politique : outre que quelques belles âmes crieraient au scandale en prétextant que certaines personnes âgées vivent déjà sous le seuil de pauvreté, il est évident que les retraités, qui redistribuent une partie de leurs revenus à leurs descendants, soutiennent déjà la consommation, donc la croissance économique. C’est d’ailleurs pour cette raison seulement que j’ai récemment obligé ma vieille tante à me faire une donation, et que j’ai pu ainsi remplacer mon Opel Vectra break par un modèle plus neuf.

Il est cependant des inactifs qui, au sens strict, ne sont qu’un point mort pour la société, et ne contribuent en rien à soutenir la croissance. Pire : en ajoutant des parts aux foyers fiscaux, ils font baisser le montant de l’impôt sur le revenu perçu chaque année par le Trésor Public. Les enfants – puisque c’est d’eux qu’il s’agit – doivent eux aussi payer. Une seule question demeure : comment ?

Le travail des mineurs étant interdit en France, malgré les tentatives du sénateur Lamotte pour revenir sur cette loi archaïque, on ne peut prélever de cotisations sociales ni d’impôt sur leurs salaires. De manière générale, les revenus des enfants sont à peu près nuls. Il reste donc deux pistes :

  • Taxer les parents, par le biais d’un impôt exceptionnel prélevé chaque année, qui annulerait le montant des allocations familiales,
  • ou bien remettre en vigueur le système de la corvée, certes un peu passé de mode, mais très simple à mettre en oeuvre : il suffirait que chaque enfant donne un peu de son temps pour réaliser des travaux d’intérêt général tels que la réfection des trottoirs de sa commune, la collecte des ordures ménagères, ou encore l’élagage des platanes. Cela permettrait de supprimer de nombreux postes de fonctionnaires, et d’insuffler un peu d’esprit civique à nos chères têtes blondes.

Cette deuxième option a ma préférence, en raison de sa simplicité, et de ce qu’elle encourage le dévouement et l’altruisme, fussent-ils forcés. On pourrait par exemple la substituer au service militaire, et la baptiser « service civique obligatoire ». On me dit que certains y ont déjà pensé au PS : je ne doute pas que cette taxe citoyenne sur l’enfance voie donc le jour, dans les mois à venir.

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11 Commentaires

Classé dans Collectisme, politique

11 réponses à “Pour une taxe citoyenne sur les enfants

  1. Citizen Kohn.

    Quand rendra-t-on enfin à votre courage visionnaire l’hommage qu’il mérite ? Aucune réserve à votre programme sensé d’associer à l’effort national toutes les fractions de la population qui s’arrangent habituellement pour y couper sous les plus fallacieux prétextes. Assez avec le prétendu scandale du travail des enfants ! Ces petits êtres malins comme des singes, habiles de leurs doigts et si touchants lorsque leur fragile colonne vertébrale ploie sous le poids de leur lourd cartable sur le chemin de l’école (ce qui, au passage, démontre leur aptitude au labeur !)
    ont donc des qualités intrinsèques propres à les transformer en ouvriers spécialisés très utiles. Par la même occasion, il serait encore plus productif de dénoncer un autre abus, celui du congé de maternité : quitte à rentabiliser l’enfance, autant attaquer le mal par la racine ! Quel plus bel exemple que celui de la paysanne à terme qui expulse son nouveau-né
    derrière une meule de foin sans interrompre plus longtemps les nécessaires travaux des champs ou celui de l’Indienne reconduite à sa réserve par la légendaire et glorieuse cavalerie américaine au cours d’une marche à peine forcée et qui accomplit, elle aussi, son devoir maternel le temps d’une halte derrière un rocher ? Bref, réduire le fardeau qu’est l’enfance pour la société est sans doute l’un des gisements de prospérité
    le plus évident et aisé à mettre en œuvre. Juste une remarque : ne parlons ni de taxe ni de contribution, quand bien même seraient-elles citoyennes, mais d’éducation, d’insertion, d’instruction, de solidarité ou de dynamique inter générationnelle, ce sera mieux compris et accepté.

  2. Walter Fernandez

    Bravo pour cette idée lumineuse. Je suis sûr que M. Peillon, ministère de l’Éducation nationale, et M. Montebourg, ministre du Redressement productif, vont la saisir au vol pour la mettre en application de conserve.

    Faire travailler les enfants est une excellente chose, quoi qu’en dise une certaine « gauche » bien-pensante, et pas seulement pour les raisons que vous mentionnez. En effet, l’arrivée sur le marché du travail d’une main-d’œuvre abondante et gratuite ferait mécaniquement baisser le coût du travail – beaucoup trop élevé en France – ce qui ne manquerait pas de provoquer un « choc de compétitivité » salutaire.

    Par ailleurs, la corvée infantile aurait pour effet – certes inattendu, mais incontestable – d’améliorer la qualité de l’enseignement public. Les professeurs se plaignent – et souvent à juste titre – d’avoir des classes trop chargées. Ce problème pourrait être résolu si la moitié des élèves était – temporairement ou définitivement – déchargée de cours. Naturellement, il faudrait envoyer à la corvée les plus mauvais élèves, ceux qui n’ont pas su profiter dès la maternelle de l’égalité des chances que leur garantissait la République. En leur attribuant une occupation adaptée à leurs pauvres capacités, on leur redonnerait un peu de dignité. Quant aux autres, les élèves méritants et doués, ils pourraient donner toute la mesure de leur talent dans des classes transformées en Pôles d’Excellence.

    Reste à savoir ce qu’il faudrait faire des enfants paresseux, ceux qui refusent tout à la fois le travail scolaire et le travail manuel. Une solution élégante consisterait à prélever directement sur leur corps le tribut qu’ils doivent à la Nation. On leur prendrait quelques litres de sang par-ci par-là, bien entendu, mais aussi – pourquoi pas ? – quelques organes : un rein, un doigt, un œil, un foie, etc. En aidant ainsi des enfants plus méritants, ils donneraient un sens à leur vie et ferait – enfin ! – la fierté de leurs malheureux parents.

    • En effet, c’est également une question de coût du travail. D’ailleurs, à ce titre, je goûte fort peu la pusillinamité de mon collègue Chauvel, qui ne suggère même pas de faire travailler les retraités. C’est une partie de la solution, pourtant.

  3. Walter Fernandez

    Qu’est-ce qu’on peut écrire, comme bêtises ! Je ne suis pas très fier de la fin de mon dernier message :  » On leur prendrait quelques litres de sang par-ci par-là, bien entendu, mais aussi – pourquoi pas ? – quelques organes : un rein, un doigt, un œil, un foie, etc. En aidant ainsi des enfants plus méritants, ils donneraient un sens à leur vie et ferait – enfin ! – la fierté de leurs malheureux parents. » Dans la dernière phrase, j’aurais dû écrire « feraient », et non pas « ferait » ! J’espère que vous voudrez bien me pardonner cette étourderie.

  4. j’espère que vous plaisantez car sinon vous méritez la mort
    des gens qui pensent comme vous font partis de ces ordures de la gestapo

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