Election du nouveau pape : pour des primaires ouvertes

Mon blogue a connu quelques vicissitudes ces derniers jours, liées à des ennuis judiciaires sans réelle gravité, malgré la publicité indigne que des malveillants en ont donné. D’un mot : je n’ai rien à me reprocher. Les adhérents du parti collectiste prétendument « floués » recevront, sous peu, les dédommagements qui s’imposent. Mais je compte bien être blanchi dans cette affaire frauduleuse dont j’ai été la première victime.

b_xviDe retour de Bolivie, j’ai songé un moment, après ces péripéties particulièrement fatigantes, ne plus me consacrer qu’à l’écriture et renoncer à la politique. Pourtant, j’en ai bien peur, je ne peux me taire éternellement. L’actualité me rattrape : moi qui ai toujours été partisan d’une révolution collectiste à l’intérieur même des Eglises, voilà que je reçois un coup de fil de Sa Sainteté Benoît XVI, en plein doute métaphysique, et qui cherche un homme de bon conseil, ce dimanche 10 février vers midi. « Merda est in curia », me confie-t-il dans le langage fleuri qui a toujours été le sien. « Consilium habes ? »

J’ai l’habitude de dialoguer avec les grands de ce monde sans faire de chichis, et sans barguigner. J’ai toujours dit la vérité au pouvoir, surtout lorsqu’on me la demandait (souvent contre une rémunération élevée, mais c’est une autre question). N’écoutant que mon courage, après quelques mots brefs mais bien sentis (mon latin date un peu, et j’ai eu quelques problèmes à me procurer un Gaffiot dans les contrées reculées où le destin m’avait poussé), je lui conseillais tout de go d’arrêter de s’embêter avec toute cette politicaillerie sans passion ni idéal.

Mes lecteurs les plus croyants (les plus catholiques, s’entend) savent sans doute à quel point Rome est un tissu d’intrigues d’une incroyable bassesse, et combien le métier de pape peut être rebutant, lorsque l’on perd son temps à dénouer des querelles d’ego sans fondement entre grabataires chevrotants. Pour assumer cette charge, il faut un homme jeune, plein d’entrain, diplomate et fort à la fois, prêt à sacrifier sa personne à sa mission. Tel n’était pas Joseph Ratzinger qui, enfermé dans les ors des palais romains, regrettait les joies simples de son enfance bavaroise – l’air pur, la bière fraîche et les chants virils au coin du feu.cardinaux

J’ai tiré une leçon de cet épisode. Je crois que le temps des papes infaillibles, désignés par une assemblée de cardinaux déconnectée de la vie réelle, est définitivement révolu. Les croyants – et les incroyants ! – veulent pouvoir se reconnaître dans l’homme qui les guide. Ils veulent pouvoir le connaître, l’approcher, le toucher, pour mieux le servir. Ils ne se satisferont plus d’un pape lointain et sans légitimité populaire. Je propose donc que le prochain pape soit élu au suffrage universel direct, à la suite d’une grande campagne ouverte à tous, que l’on baptiserait la primaire papale.

Bien sûr, le parti collectiste ne saurait se tenir à l’écart d’une telle élection. Nous présenterions un candidat, désigné par acclamation des militants. Et si vous voulez me confier cet honneur, eh bien, je l’accepterai et je marcherai en tête. Et qu’on ne me parle plus de ces menus problèmes de trésorerie disparue et de banquier suicidé, de grâce. Allez en paix, mes biens chers frères.

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8 Commentaires

Classé dans Collectisme, politique

8 réponses à “Election du nouveau pape : pour des primaires ouvertes

  1. Le Tigre

    Je vois le tableau tigresque :
    Habemus Papam, eminentissimum ac reverendissimum Dominum,
    Dominum Fernandum, Sanctae Romanae Politiquem Blochus Ladurex. Ce dernier terme annoncera ipso facto la nouvelle position de l’Eglise sur un épineux sujet.

  2. Citizen Kohn.

    Peut-être émergera-t-il ainsi des convulsions récentes une solution évidente, unificatrice et spirituelle à la crise civilisationnesque généralisée ?

  3. Sera-t-il nécessaire d’être cardinal pour être élu ? Si oui, l’élection n’est plus ouverte. Et même, devra-t-on être catholique, depuis longtemps ? Au nom du principe de laïcité, je trouverais ces restrictions inacceptables. De même, l’obligation d’être un homme, et couillu en outre, est une atteinte à la parité. Je propose donc un binôme papal, de sexe différent, et dont l’un des membres au moins ne serait pas catholique.

  4. Walter Fernandez

    Une solution radicale, mais qui mériterait d’être étudiée sérieusement, consisterait à agrandir le Vatican aux dimensions du monde, tout en transformant ce royaume en une démocratie anarchisante. Dans ce nouvel État, tout le monde serait élu pape dès la naissance. Les inconvénients d’une telle évolution géopolitique sautent aux yeux :
    – chacun(e) devrait apprendre le latin ;
    – il faudrait convaincre les Suisses de se multiplier suffisamment pour que chaque foyer soit doté de son garde suisse privé ;
    – il faudrait aller à la messe de temps en temps.

    Mais les avantages, à mon avis, l’emporteraient largement sur les inconvénients. En effet :

    – Chacun aurait la possibilité de discourir, une fois l’an au moins, devant l’humanité toute entière, « urbi et orbi ».
    – Chacun serait doué de l’infaillibilité.
    – Chacun pourrait légiférer en matière de morale et de dogme, et avoir le plaisir narcissique de voir ses idées commentées en chaire par tous les curés du monde.

  5. Citizen Kohn.

    Ca sent plutôt le roussi !

  6. Citizen Kohn.

    Aux dernières nouvelles pas fraîches, il serait trop tard
    pour embaumer le dernier héraut du collectisme… (R.I.P. !).
    Qui ramassera le flambeau à terre de la voie ouverte
    par Georges-Guy Lamotte ? Ou bien l’Histoire n’est plus
    un éternel recommencement et… sauve qui peut !
    Chypriotes de tous les pays, indignez-vous !

  7. Citizen Kohn.

    L’opération de Fernand Bloch-Ladurie pour figurer dans le bal des prétendantes à la mairie de Paris a dû échouer. Le mauvais chirurgien à Bogota sans doute. Les morceaux récupérables ont probablement alimenté
    un trafic d’organes. Un cas pratique et ultime de collectisme, en quelque sorte. Aux martyrs de la cause !

  8. Magali

    Pensez-vous que les personnes qui ne sont pas baptisées pourront élire le Pape? Ou bien faut-il présenter un acte de baptême pour pouvoir voter? Dans ce dernier cas, je suggérerais de faire une enquête afin de vérifier la validité de ce type de document. Qui confirmera que le document n’a pas été écrit par un pédophile?

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