Une Fête de l’Industrie pour célébrer la France qui réussit

arnaud_montebourgArnaud Montebourg a plus d’une corde à son arc. Celui qui, on s’en souvient, a prononcé en 2007 une oraison funèbre en forme de manifeste, sur la tombe de Georges-Guy Lamotte, n’a cessé depuis lors d’être couronné de lauriers. Aujourd’hui, c’est l’un des seuls ministres dont le grand public connaît le nom – excepté Aurélie Filipetti qui s’est illustrée brillamment, on s’en souvient, par une bourde magistrale à mon encontre. Las, malgré ses nombreuses rodomontades, et un sens de la formule qui fait mouche, il faut reconnaître qu’Arnaud n’a pas toujours les moyens de sa politique. Or, le ministère dont il a la charge est le seul qui puisse réellement contribuer à sortir la France de l’ornière, pourvu qu’on lui attribue de véritables instruments.

Comment faire ? Faut-il en revenir à une politique de grands travaux façon New Deal ? Tout le monde sait bien qu’elle serait vouée à l’échec, en ne faisant que creuser le déficit public. Faut-il nationaliser les grandes entreprises stratégiques ? Cela mènerait tout droit au communisme, donc au goulag. Non, décidément, pour redresser la barre et injecter du sang neuf dans les organes fatigués de l’économie française, il faut se tourner vers d’autres sources d’inspiration.

J’ai une proposition à te faire, mon cher Arnaud. Camarade, écoute la voix du collectisme (qui se fait ici l’écho de quelques amis tout aussi inspirés) : un ministre qui veut marquer les mémoires doit instaurer une fête. Jack Lang restera dans l’harcelor_mittalistoire grâce à la fête de la musique, Ségolène Royal grâce à la fête de la fraternité, et La Fayette grâce à la fête de la fédération. Il faut à la France une fête de l’industrie.

C’est une idée frappée au coin du bon sens, si l’on se donne la peine de l’examiner de près. Déjà, des employeurs soucieux de la cohésion de leur personnel ont instauré une journée de fête de l’entreprise, où chacun peut (et doit) crier : « J’aime ma boîte! » La fête de l’industrie suivra ce modèle participatif et collectif (on n’ose dire collectiste), en y ajoutant quelques raffinements :

  • Des concours de productivité seront mis en place, pendant une journée, depuis les hauts-fourneaux jusqu’aux guichets de Pôle Emploi (400 000 dossiers traités en un jour ! Des milliers de radiations !)
  • Des artistes seront invités à célébrer l’industrie en réalisant des sculptures en acier 964969lorrain (s’il en reste) et en plastique de Grenoble.
  • Une grande parade des métiers défilera en plein Paris, en bleu de chauffe et en casque de chantier, pour célébrer la fraternité retrouvée des corporations modernes.
  • Ce jour-là, les automobilistes ayant acheté français auront priorité sur tous les autres, et seront affranchis de limites de vitesse.
  • Les plans sociaux seront suspendus pendant 24h.
  • Les enfants seront dispensés d’école pour une journée, et iront travailler sur les chantiers navals ou dans les centrales nucléaires.

Made in ScpoOn pourrait multiplier à l’envi les idées et les suggestions ; je ne doute pas que les commentateurs de ce blog y ajouteront les leurs. Cher Arnaud, l’industrie française doit retrouver sa fierté, et avant tout, montrer qu’elle sait être fun.

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2 Commentaires

Classé dans Collectisme, politique

2 réponses à “Une Fête de l’Industrie pour célébrer la France qui réussit

  1. Boris Zaroff

    Cher Maître,

    On dit que le peuple français est l’un des plus pessimistes au monde. Grâce à vous, il va enfin guérir de sa dépression chronique, et retrouver sa bonne vieille gaieté gauloise, celle qui animait jadis les bâtisseurs de cathédrale, les sidérurgistes du Creusot, les mineurs de Lorraine, les demoiselles des maisons closes (si justement nommées « filles de joie ») ou, plus près de nous, ces vaillants poilus qui avaient toujours une chanson aux lèvres lorsqu’ils s’en allaient trouer le ventre des Boches.

    Votre projet de « Fête de l’industrie » est tout bonnement génial. Joie, joie, pleurs de joie, comme disait Pascal. Grâce à vous, l’économie française va être boostée à la dopamine et aux endorphines. Car, quoi qu’on dise, le carburant principal de l’ouvrier n’est pas l’argent, ni même le litron de rouge : c’est le fun ! Et c’est pourquoi votre projet est si ingénieux : c’est qu’il combine deux choses réputées contradictoires – l’amusement et le travail.

    Quant au programme que vous avez imaginé, c’est un prodige d’inventivité et d’intelligence. Suspendre les plans sociaux pendant 24h… Quelle audace ! Faire découvrir les joies du travail en centrale nucléaire à nos chères têtes blondes… Quel talent pédagogique ! Mais j’arrête là mes compliments, car je sais que vous réprouvez la servilité, du moins lorsqu’elle est par trop outrancière…. Dans un prochain message, j’aimerais vous soumettre une idée qui m’est venue tout à l’heure, tandis que j’observais avec plaisir le travail incessant de mes domestiques.

  2. Boris Zaroff

    Cher Maître,

    Comme promis, je vous livre mon idée. Elle vaut ce qu’elle vaut, je vous laisse juge.

    Il me semble que votre programme de festivités ne tient pas compte d’une évolution qui, au jour d’aujourd’hui, est devenue inéluctable. Je veux parler de la transition énergétique. Le temps du gaspillage et des énergies fossiles est révolue (si l’on excepte le gaz et le pétrole de schiste qui ont peut-être encore de beaux jours devant eux). Il me semble donc qu’il faudrait tenir compte de cette mutation technique – et, si j’ose dire, anthropologique – lors des futures Fêtes de l’industrie. Pourquoi, par exemple, ne pas obliger ces quatre millions de fainéants qu’on appelle « chômeurs » à pédaler pour faire tourner des turbines fournissant à nos usines l’énergie dont elles ont besoin ? Et si des pauvres meurent peu de temps avant la Fête, pourquoi ne pas utiliser leurs corps pour produire des biocarburants ? Outre que cela économiserait de coûteuses funérailles à leur famille, ce serait un moyen ludique d’expliquer aux écoliers quelques notions de biologie, de chimie et de thermodynamique. Sans vouloir paraître prétentieux, il me semble que de telles idées n’auraient pas déplu à George-Guy Lamotte…

    Fraternités collectistes,

    Boris Zaroff

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