Choc de simplification : pas plus de trois ministres par gouvernement

gouvernementLe gouvernement actuel a un problème de communication, c’est entendu : on n’en finit plus de compter les « couacs » et les contre-temps dans les annonces de réformes et les arbitrages entre ministères. Certains vont même jusqu’à diagnostiquer de multiples lignes de clivages politiques, entre ceux qui soutiennent la politique de containment de l’immigration intérieure et les laxistes droits-de-l’hommistes, par exemple. Même un esprit aussi perspicace que le mien peine, parfois, à entrevoir la ligne fixée par le président de la République, et censément suivie par ses ministres.

Pour éviter de dépenser en querelles stériles une énergie qui devrait être mise au service de l’intérêt général, il faut se résoudre à simplifier la donne. Sur le conseil d’un ami, qui n’a fait que précéder une de mes brillantes intuitions, je propose de procéder à un regroupement opérationnel des ministères surnuméraires (ROMS). J’ai déjà soumis à François Hollande, par le passé, quelques idées de nominations pour son tout premier gouvernement, dont la plupart ont été suivies. Je continue donc, en un sens, mon oeuvre de « visiteur du soir », mais au vu et au su de tous.

Quel besoin a-t-on d’un ministère entier pour s’occuper de la Justice ? Cela pourrait parfaitement entrer dans les attributions du ministre de l’Intérieur. De même, pourquoi maintenir une séparation néfaste entre Education nationale, Enseignement supérieur, Jeunesse et sports ? Tout ceci relève peu ou prou du même sujet, au même titre, d’ailleurs, qu’une bonne partie du ministère du Travail. Poussons un peu plus loin cette logique : pourquoi séparer Bercy en trois ou quatre chapelles concurrentes, elles-mêmes coupées de leurs collègues du Travail, de la Santé et du Logement ?

Il faut se rendre à l’évidence : nos institutions ont besoin d’une plus grande lisibilité. Par ailleurs, entretenir tous ces ministres, leurs cabinets, leurs administrations pléthoriques, et leurs locaux luxueux, obère les finances de l’Etat. apres-l-arbitrage-de-jean-marc-ayrault-entre-valls-et-duflot_693773_510x255Un maximum de trois ministres par gouvernement doit être fixé : Sécurité, Economie, Extérieur. Une fois cette étape franchie, la fonction de Premier ministre sera vidée de tout contenu, ce qui achèvera l’oeuvre entamée par Jean-Marc Ayrault. Il faudra donc la supprimer : un président de la République est bien suffisant.

J’attends qu’on me démontre la nécessité de l’actuelle pléthore de portefeuilles. En outre, je ne doute pas que les commentateurs de ce blogue sauront suggérer quelques noms pour de futures nominations. Bien entendu, si l’on a besoin de mes compétences dans l’un ou l’autre de ces domaines, je ferai mon possible pour me libérer.

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23 Commentaires

Classé dans gouvernance, politique

23 réponses à “Choc de simplification : pas plus de trois ministres par gouvernement

  1. Boris Zaroff

    Cher Maître,

    Je me permets de vous suggérer quelques noms, pour le gouvernement que vous dirigerez en 2017, lorsque vous aurez été élu président de la République française.

    A la Sécurité : Manuel Valls, bien entendu, à condition qu’il soit épaulé par un homme d’expérience – Charles Pascua, par exemple, que je verrais bien secrétaire d’Etat à l’identité nationale.

    Au ministère de l’Economie, un nom s’impose, celui de Bernard Tapie. Cette homme de coeur, qui fut un temps très proche de Georges-Guy Lamotte, a les couilles et l’audace nécessaires au redressement de la France. S’il était en prison en 2017, vous pourriez nommer à défaut Jean-Marie Messier.

    A l’extérieur, je ne vois pas très bien qui proposer à part Bernard-Henri Lévy, un autre ami de Georges-Guy Lamotte. Fort de son expérience libyenne, il pourrait vous aider à libérer la Bretagne du joug des talibans. Je fais allusion, vous l’aurez compris, aux fanatiques hargneux qui ont pris d’assaut votre blog voici quelques jours, suite à un article pourtant plein de modération et de bon sens.

    • Cher Boris,
      Vos suggestions sont frappées au coin du bon sens. Je ne vois pas comment on pourrait se priver du talent des hommes que vous citez – à commencer par moi. Merci de votre clairvoyance.

    • Je n’ose plus poster de commentaires sur l’auguste blog, encore traumatisé des inchultes qui ont su sur ma tendre échine.
      Notamment, j’ai été traité de Tigrou et de prostituée féline qui tapine, main dans la main avec le Maître, au bois de Boulogne. Ne parlez donc pas de « visites du soir », vos ennemis sauront sortir ces mots de leurs légitimes contextes.

  2. Boris Zaroff

    Erratum

    Je voulais écrire naturellement : « Pasqua ».

  3. Citizen Kohn.

    Oui, bien sûr mais avant tout, il faut revenir au système métrique, au bon vieux système International pour les unités. L’unité ministérielle étant donnée par le haut, c’est-à-dire le premier ministre, il suffit de continuer de la manière suivante : le deuxième ministre (éventuellement, le second, s’il ne doit y en avoir que deux, en période de grande crise budgétaire, par exemple), le troisième ministre, etc. en fonction des besoins. Il est bon de noter la simplification en matière de protocole assurée par l’emploi des adjectifs ordinaux plutôt que des titres ronflants comme garde des sceaux (pourquoi pas chancelier des étiquettes ou grand chambellan !) dont la signification se perd dans le nuit des temps. Les questions mineures d’effectif et d’attribution des rangs devraient être résolues par l’application de règles compréhensibles par tout le monde et résistantes à toute forme d’opacité. Le tirage au sort en présence d’un huissier de justice donne d’assez bons résultats pour la désignation des gagnants des jeux nationaux que sont les loteries et apparentés, activités autrement sérieuses que celles consistant au jeu de chaises musicales de la politique a quotidien, non ? Il serait prudent de tenir compte des superstitions légitimes en proscrivant de la liste gouvernementale la treizième place ainsi que celles que pourraient faire valoir des croyances exotique dûment assimilées. Il est parfaitement imaginable aussi d’organiser une sorte de kermesse avec un droit d’entrée forfaitaire au cours de laquelle des concurrents se disputeront les maroquins en se défiant à des épreuves aussi qualifiantes pour eux que ludiques pour le public. Des prototypes très prometteurs de ce que pourraient être les futurs tournants majeurs de la vie politique existent déjà sous des noms aussi évocateurs que « Fort Boyard », « Intervilles », « Koh-Lanta » etc.
    De l’audace !

  4. Boris Zaroff

    Merci mille fois, Maître.

    Bien qu’ayant confiance en mon intelligence hors du commun, il me plaît d’être approuvé par une « pointure » telle que vous.

    A propos d’excellence, je me permets une nouvelle suggestion : pourquoi ne pas appliquer à votre blogue le choc de simplification que vous préconisez pour les institutions de la République ? Ce serait comme une sorte de répétition générale de votre future présidence. Pour dire les choses clairement, je vous propose de ne garder que les trois meilleurs de vos commentateurs, et de censurer tous les autres. Il me semble que votre blogue y gagnerait en qualité et en crédibilité.

    Reste à régler l’épineuse question de la sélection de cette élite. Vous êtes naturellement le seul et unique maître en la matière, mais les princes les plus sagaces ne dédaignent pas à l’occasion les avis de leurs conseillers. Qu’il me soit donc permis de vous proposer trois noms :

    – Anne de Bretagne, tout d’abord. L’homme de gauche que vous êtes, je le sais, ne peut être insensible au combat pour l’émancipation des femmes et des minorités visibles. Anne de Bretagne, bien que nouvelle venue, a déjà amplement montré qu’il y a un cerveau qui pense sous sa coiffe bigoudène. Il semble également que son coeur ne soit pas tout à fait indifférent à votre charme, ce qui ne peut que témoigner en sa faveur.

    – Walter Fernandez. Cet excellent commentateur ne donne plus signe de vie depuis quelque temps, mais je suis sûr qu’il ne demanderait pas mieux que de faire partie du triumvirat, si vous lui en donnez l’ordre.

    – Boris Zaroff. Au risque de paraître outrecuidant, j’estime en toute objectivité que je suis votre meilleur disciple. Qui, mieux que Boris Zaroff, a compris les méandres métadialectiques du collectisme, la gauchitude résolument moderne de Georges-Guy Lamotte et le génie politique de Fernand Bloch-Ladurie ? Un seul homme me dépasse, je le dis en toute humilité : c’est Vous, très cher Maître !

  5. Walter Fernandez

    Cher Maître,

    Je suis entièrement d’accord avec le dernier message de Monsieur Zaroff, à l’exception du dernier paragraphe, qui est effectivement outrecuidant. A l’évidence, c’est MOI qui ai le mieux compris la pensée collectiste. Zaroff a du talent, c’est indéniable, mais il est plus brillant que profond….

  6. Boris Zaroff

    Vous me décevez, Walter. Je ne vous savais pas si aveuglé par la vanité…. Allons, reconnaissez ma supériorité, et tout sera oublié.

  7. Walter Fernandez

    Va donc te faire sodomiser par une horde de marsouins coiffés à la bigoudène, et que leur foutre aromatisé au chouchen coule de tes oreilles minables pour les siècles !

    • Allons, messieurs, allons. Ne vous comportez pas comme de vulgaires immigrés bretons. Je serai bien en peine de départager mes meilleurs commentateurs, tant ils font preuve de brio et d’un sens aigu de l’à-propos, qui signale de vrais collectistes. A l’évidence, ce blogue est devenu le rendez-vous des honnêtes hommes du siècle commençant, et bien qu’il soit parfois souillé par les éructations de quelques sauvages, j’aurais du mal à en interdire l’accès à de nouveaux venus tout aussi talentueux.

  8. Citizen Kohn.

    Tss, tss, voilà une fois de plus le triste résultat de personnaliser les débats au lieu d’en rester à la pure discussion des idées !

  9. ArtyShow

    Et voilà maître, une fois de plus…

    Une fois de plus vous faites force de proposition en amenant des solutions concrètes à un problème épineux.
    Une fois de plus s’en suit un débat au sein des commentaires, d’où on sent sortir des idées plutôt intéressantes.
    Hélas, une fois de plus, la nature humaine revient au galop, et ce débat finit en joute verbale ponctuées de termes fleuris.

    Il semblerait que nos amis -j’écris amis pour ne pas m’abaisser à leur niveau- aient oublié les fondements de l’idéologie collectiste pour sombrer dans des bassesses telles que le « moi-je » ou le désormais célèbre « va donc te faire sodomiser ».
    Qu’en est il du vivre-ensemble, de la proposition réfléchie et mûrie par la confrontation d’idées parfois opposées ?

    Je propose donc à mon tour. Je propose six mois de camp de rééducation collectiste pour Walter « lemalpoli » Fernandez et Boris « look at me i am the best » Zaroff.

    Peut-être cela leur permettra-t-il d’élever quelque peu le débat.

  10. Walter Fernandez

    Cher Maître,

    Je vous prie de pardonner cet inqualifiable dérapage. Je ne sais pas ce qui m’a pris. Il me semble que je n’étais plus tout à fait moi-même. Tout a commencé, je crois, lorsque j’ai mis sur ma platine un disque que m’a prêté M. Caradec, mon marchand de crêpes préféré. Il s’agissait, si ma mémoire ne me trompe pas, d’un groupe intitulé « Tri Yann ». Dès qu’a retenti le son aigre de la cornemuse, je me suis senti possédé par je ne sais quel esprit malin. Des paroles incompréhensibles sont sorti de ma bouche avec violence : « Demat deoc’h aoutrou Korc’h brein.
    C’hoant, memes plijet vefen bet o chom da zispleg deoc’h penaos eo bet savet ar bed a vremañ, gant ar soujoù war ingalded ar pobled. E-pad ‘va skolachiñ eo bed desked deomp, ar vretoned, ne oa ket a disingaded war « ouennoù ». »

    Après quoi, j’ai senti le désir de revenir sur votre blogue, que j’avais déserté depuis plusieurs semaines car j’étais très occupé par une petite affaire de vente d’armes que je mets en place dans l’Afrique des grands lacs avec des anciens des réseaux Pasqua. Par le plus grand des hasards, je suis tombé sur le commentaire arrogant de M. Zaroff et il m’est venu un brusque désir de l’insulter. Ma folie ne s’est arrêtée qu’à l’arrêt du disque. Vous qui êtes si savant, sauriez-vous m’expliquer ce phénomène bizarre ?

    Très respectueusement,

    votre disciple Walter F.

  11. Walter Fernandez

    Merci ArtyShow, pour cette petite mise au point. L’arrogance de M. Zaroff est en effet insupportable, d’autant qu’il devrait savoir qui est « the best » : moi, et personne d’autre.

  12. Boris Zaroff

    Cher Maître,

    Je salue votre ouverture d’esprit ! Veuillez pardonner cette suggestion. Contrairement aux apparences, elle n’a pas été motivée par un orgueil mal placé, mais par le désir de parfaire encore l’excellence de votre blogue.

  13. Boris Zaroff

    Fernandez,

    Je vous donne rendez-vous demain à 5h du matin devant l’entrée principale de la gare Montparnasse. Amenez vos témoins. Comme c’est vous qui m’avez insulté, j’ai le choix des armes. J’hésite encore entre l’andouille de Guéméné et le kouign-amann… N’abusez pas de chouchen ce soir : j’ai horreur de tirer sur un homme ivre.

  14. Birinig

    Cher FBL,

    Je partage votre analyse mais je pense que vos propositions ne sont que des demi-mesures. Pourquoi trois ministères ? Conservons uniquement le Président, c’est ce que NS a réussi sous la mandature précédente. Transformons les actuels ministres en collaborateurs (JMA n’a pas moins de talent que FF) ou en amuseurs publics (ce sera difficile : dans l’équipe actuelle, aucun ne possède le talent de Nadine M. Brice H. ou Frédéric L.)
    Je suis certain, n’en déplaise à vos grandes qualités, que le leader du nouveau mouvement Vers une Alternative Largement Libérale et Sécuritaire est l’homme ad-hoc qui saura réitérer ces grands moments de notre vie démocratique.

  15. Kalfouët

    A la lecture des échanges verbaux entre les deux grands disciples de M. Fernand, je retrouve l’âme guerrière et haut en panache des héros d’ Homère : Walter Fernandez dans le rôle d’Achille, Boris Zaroff dans celui de d’Hector. Ou M. de Mesmaeker face à Gaston. Quelle épopée. Digne de la grande chanson de geste qu’est et sera la réflexion Collectiste.
    Subjuguant.

  16. Boris Zaroff

    Walter Fernandez n’est plus. Il s’est effondré ce matin, à 5h30, terrassé par un kouign-amann rassis que je lui avais balancé en pleine tête. Je ne regrette pas mon geste. Le combat était loyal et mon adversaire m’avait offensé. Justice est faite.

    En tant que collectiste, cependant, je ne saurais me réjouir de cette mort. Fernandez n’était pas seulement « Walter le malpoli » – pour reprendre l’heureuse expression d’ArtyShow : c’était aussi un grand commentateur de l’œuvre du Maître, qui était pour ainsi dire toute sa vie. Ses derniers mots, d’ailleurs sont significatifs à cet égard. Ignorant, tel Socrate s’apprêtant à boire la ciguë, son épouse éplorée et ses niards hurleurs, il a murmuré dans un souffle : « Deux personnes ont compté dans mon existence, Zaroff. Deux, vous entendez ? Georges-Guy Lamotte et Fernand Bloch-Ladurie. » Je propose qu’une minute de silence soit consacrée à ce disciple exemplaire lors de la prochaine réunion du parti collectiste.

    • Kalfouët

      Que Walter « lemalpoli » Fernandez renaisse de ces cendres tel le phénix qu’il fût au propre comme au figuré.
      Tel un super-héros.
      Tu nous manques déja.
      Walter revient.
      Anne de Bretagne pleure.
      Et que Boris « look at me i am the best » Zaroff soit condamné pour avoir lancé un kouign-amann.
      Le jet de matière putride est fortement interdit sur la place publique.
      Rappelons la recette du kouign-amann :
       » Il existe de nombreuses recettes, mais il se compose généralement d’abats de mouton (poumons, foie, cœur), d’oignon, d’avoine, de graisse de rognon de mouton, d’épices et de sel. Traditionnellement, cette préparation est enfermée dans une panse de mouton et cuite pendant quelques heures de cette manière, faisant ainsi ressembler le kouign-amann à une sorte de ballon dans une poche. Attendre un an avant de consommer.  »
      Immonde et intolérable.

      • Anne de Bretagne

        Cher Seigneur de Kalfouet,

        Le kouign-amann, c’est du sucre avec un peu de beurre autour.
        La panse de brebis farcie, c’est le kig ha farz. Et c’est assez intolérable, en effet.

        Ne soyez pas trop dur avec notre ami, le Comte Z., c’est une belle âme et un homme de goût.
        Anne de B. (alias la Zizanie)

  17. Kalfouët

    Cher Anne de Bretagne,
    Certes, je lui reconnais toutes les qualités que vous Lui prêtez. Et jusqu’à la résurrection de Sieur Walter, qui tarde, Il reste le plus grand disciple de Notre Maître. Avec Vous, bien entendu.
    Mais je m’entête, même si je me suis trompé de peu dans la recette, le jet d’un tel aliment, disons plutôt d’une telle substance bretonne est à proscrire. Du moins dans les duels entre gentilshommes. Contre des crs, je ne dis pas.
    Bien à vous.

  18. Kalfouët

    Cher ! Ma Doué ! Chère Anne de Bretagne … Une théorie du genre sous Auchentaushan.

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