Ouvrons des salles de cuite pour les personnes dépendantes

Bientot-des-salles-de-shoot-en-FranceAujourd’hui, le conseil d’Etat a bloqué l’ouverture d’une « salle de shoot » à Paris, considérant que celle-ci ne pouvait voir le jour en l’état actuel de la législation sur les stupéfiants. Il faudra donc attendre que la loi évolue pour que les toxicomanes puissent consommer leur drogue sous la supervision de professionnels de santé – c’est le principe de ce que l’on appelle, en Allemagne, en Espagne ou aux Pays-Bas notamment, une « salle de shoot » ou « salle d’injection ».

Pour moi, qui ai toujours professé la tolérance envers les paradis artificiels, cette décision est regrettable. Il ne faut pas en rester là, et proposer, comme à mon habitude, une solution qui satisfasse tout le monde : les riverains importunés par les seringues et les nuisances sonores, les toxicomanes eux-mêmes, les dealers, et la police.

On sait que le sevrage des addictions passe souvent par l’emploi d’un substitut : la méthadone à la place de l’héroïne, par exemple, ou encore les ouvrages d’Eric Zemmour plutôt que Mein Kampf. barDe même, il faut offrir aux personnes dépendantes des lieux où elles puissent trouver des substituts commodes à leur drogue, en toute sécurité. Pourquoi ne pas imaginer d’ouvrir des commerces de proximité distribuant de l’alcool, en contrepartie d’une somme d’argent proportionnelle à la dose ingurgitée ? Il faudrait évidemment soumettre l’ouverture de ces lieux de consommation de drogue à une licence, et les faire participer, via une taxe spéciale, au financement de la Sécurité sociale. licenceIVIl faudrait également y embaucher des professionnels qualifiés, qui ne servent pas n’importe quel jaja à leurs clients (contrairement à ce qui se pratique au buffet de la gare de Vierzon, mais c’est un autre débat).

Lieux d’accueil des déshérités et des addicts, ces « salles de cuite » pourraient paradoxalement encourager une plus grande convivialité entre riverains, en accueillant également des badauds venus prendre un café, ou en vendant des jeux à gratter et des cigarettes. Il me semble que rien, dans la législation actuelle, ne s’y oppose, et que ce serait là un premier pas dans la bonne direction : ne pas laisser les alcooliques traîner vainement dans les rues en pissant contre les murs et en menaçant les enfants.

Je ne doute pas que le conseil d’Etat s’avère sensible à ma proposition. Au besoin, j’emmènerais très volontiers quelques-uns de ses membres dans des « lieux de beuverie » en tout point semblables à ce que je préconise ici, et qui se sont déjà multipliés, sans doute à titre expérimental, sur le territoire français, depuis plus de deux siècles.

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7 Commentaires

Classé dans Divers, politique

7 réponses à “Ouvrons des salles de cuite pour les personnes dépendantes

  1. Citizen Kohn.

    Il pourrait être rémunérateur d’y installer des meubles ludiques reproduisant les distractions saines et inoffensives que sont l’écoute de musique, loteries et bingos, jeux d’adresse tels que billards ou terrains d’affrontement sportif miniatures opposant deux équipes… Outre l’intérêt évident d’exploiter la concession de ces équipements, la convivialité y gagnerait certainement.

  2. Maîtrissime, vous vous dépassez chaque jour ! Je comprends mieux pourquoi, enchaînant seul les mojitos framboise au Balto, votre absence m’inquiétait.

    En lisant « une plus grande convivialité entre riverains », j’ai cru déceler une douce référence à Rue89 où vous essayez, avec un succès hélas mitigé, de répandre vos presque triviales propositions. Laissons le temps au noble peuple de gauche de se rendre compte de votre génie.

    Quant à votre idée, je rajouterais volontiers une touche littéraire (je ne suis sur l’espace numérique que pour cela) en dispensant, entre deux shots d’arak, une lecture de Déboires, de Burroughs. Un excellent roman :
    http://www.quandletigrelit.fr/augusten-burroughs-deboire/

  3. Boris Zaroff

    Cher Maître,

    Voilà une idée très intéressante. Je vais en parler à mon boucher, dont la belle-sœur adhère au même club de rencontres sadomasochistes qu’une des femmes de ménage du Conseil d’Etat. Un peu de lobbying ne peut pas faire de mal.

    Pour en revenir à votre proposition, il me semble que vos « salles de cuite » pourrait également accueillir des personnes atteintes de logorrhée. Je pense en particulier à ces gens qui font de grands discours plus ou moins farfelus sur les sujets les plus divers : la politique, le mariage pour tous, l’immigration, le droit de vote des enfants, le quartier Montparnasse, etc. Sûrs d’eux-mêmes, voire arrogants, ils pratiquent avec une obstination détestable l’enfonçage de portes ouvertes, le ressassement des préjugés les plus éculés et les élucubrations les plus délirantes. On appelle ça, paraît-il, « refaire le monde ». Je crois que des citoyens respectables comme vous et moi n’ont pas à subir cette diarrhée verbale. Il faut cantonner les malades qui en sont atteints dans des lieux spéciaux, tels vos « salles de cuites ».

    Si jamais le Conseil d’Etat ne valide pas cette proposition, peut-être pourrions-nous contraindre les malades en question à déverser leur logorrhée sur la toile. On pourrait, par exemple, les aider à créer des sites où ils pourraient ensemble « refaire le monde » sans gêner personne. Et pour que ces sites soient aisément indentifiables par les honnêtes gens, je suggère de leur attribuer un nom infamant : « boîte à logorrhée » ou, plus simplement, « blog ».

  4. Citizen Kohn.

    L’ennui est que, action bienfaisante et décontractante des potions aidant, le coin du comptoir en zinc favorise l’émergence de rumeurs telles que l’existence d’une forme de harcèlement dans l’enseignement supérieur…
    Un sujet que le collectisme actuel ne peut ignorer ! Une prochaine rubrique sans aucun doute.

  5. Frédéric Mercier

    Une idée qui ne manque pas d’astuce… ou l’inverse.
    Une question tout de même : pourrait-on y consommer des boissons non alcoolisées, voire non liquides ?

  6. Une idée intéressante bien que très subversive, on a beau être tolérant avec les drogués , n’oublions pas que le drogué à l’alcool cumule à peu près toutes les nuisances habituellement attribuées à la conso. de stups. Après une phase euphorique relativement brève, le drogué à l’alcool devient rapidement violent, inaccessible aux discours rationnels, et chez le consommateurs de sexe mâle, souvent libidineux et lourdingue avec tout représentant du sexe féminin. A la différence d’autres drogues qui endorment ou font rire bêtement, le junkee à l’alcool rit bêtement en proférant des remarques racistes et ne s’endort qu’après avoir vomi sur votre banquette arrière . Mais après tout, vous avez raison, la répression ne résoud pas ces problèmes, elle les aggrave. Soyons tolérants avec la pire drogue du monde, justement parce-que c’est la pire.

  7. Anne de Bretagne

    La came isole.

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