Grève des clubs de foot : une lutte sociale exemplaire

000_DV755312_0L’annonce d’une journée de grève des matches pour le 30 novembre prochain a été reçue avec peu de bienveillance par le public. Les derniers sondages, et un rapide micro-trottoir au Balto, par l’auteur de ce post, montrent que les Français se scandalisent de voir les « profiteurs » se « goinfrer » tout en « pleurnichant sur leur feuille d’impôt », etc., etc.

Une fois de plus, le peuple ne comprend rien, et il me revient d’expliquer à mes compatriotes à courte vue le bien-fondé de la grève des clubs de football.

Qu’est-ce qui motive ce mouvement social quasiment inédit ? L’entrée en vigueur de la taxe à 75% voulue par François Hollande. On se souvient que celle-ci, après avoir été déclarée « scandaleuse et inhumaine » par le conseil constitutionnel (à peu de choses près), a fait l’objet d’un nouveau texte de loi, qui prévoit que les entreprises, et non plus les ménages, paieront directement cet impôt exceptionnel. On comprend que les clubs de football, traités comme de vulgaires entreprises, soient choqués de devoir « cracher au bassinet », selon le mot de Jean-Michel Aulas : ils paient déjà beaucoup trop leurs salariés, et on leur demande de se serrer encore plus la ceinture !

On voit donc s’épanouir un mouvement social dont les instigateurs sont les patrons, cherchant à protéger les revenus de leurs salariés. C’est, à n’en pas douter, une source d’espoir et de réconfort pour tous les salariés français, dont certains, hélas, ont bien du mal à boucler les fins de mois. On imagine aisément que des centaines d’entrepreneurs emboîteront bientôt le pas aux patrons des clubs de foot, pour réclamer que leur main-d’oeuvre ait des revenus corrects, voire très élevés, les plus élevés possibles !

Dernier détail, qui rend décidément cette lutte sociale exemplaire : on annonce que les présidents de clubs de foot seront bientôt reçus par François Hollande. Des amis m’indiquent qu’il n’y a là rien de bien nouveau : l’Elysée ouvre souvent ses portes au patronat en colère. 364350_des-employes-de-doux-manifestent-devant-le-siege-du-groupe-le-11-juin-2012-a-chateaulin-dans-l-ouest-de-la-franceMais pensez donc : des entrepreneurs reçus en haut lieu pour négocier la rémunération de leurs employés ! Voilà, à n’en pas douter, qui mettra du baume au coeur aux ouvriers de Florange, de PSA Aulnay, ou des abattoirs Gad.

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5 Commentaires

Classé dans Collectisme, politique

5 réponses à “Grève des clubs de foot : une lutte sociale exemplaire

  1. LE DANTEC

    Bonjour le trio !
    Comme déjà lu, cet article soulève avec diplomatie et tact un problème grave avec un subtil retournement du discours.
    J’espère que les autres Bretons qui ont tenu des propos insultants pour l’autre article délicieux (…) à notre sujet, ceux du Far-Ouest atteints par les pruneaux de Fernand, j’espère donc qu’ils sauront apporter leur contribution objective à cet article.
    Ce dernier sera-t-il lu par des chefs d’entreprise ? Cela m’étonnerait fort !
    Encore merci pour ce texte fort agréable…
    Mamadou

  2. Kalfouët

    En ma qualité, et c’est peu dire, de fougueux enthousiaste du sport de ballons, je suggère que cette grève soit prolongée durant un an, reconductible. Il faut marquer les esprits. Quitte à envisager un suicide collectif par la suite. Comme, par exemple, une reconversion. Dans un métier bassement terre-à-terre, le social, encore par exemple. Grâce aux quelques sous qu’ils ont engrangés, ils peuvent maintenir la pression des années durant pour faire plier ces lois scélérates crypto-communistes.

    • Il ne faut écarter aucune mesure propre à sidérer l’adversaire, dans un conflit social dur comme celui-ci. Des opérations escargot en Porsche et Ferrari sur les autoroutes d’Ile-de-France attireraient très certainement la sympathie du public. On peut aussi imaginer une grève de la faim inversée : les joueurs se gaveraient de caviar sous les yeux horrifiés de leurs fans.

  3. Citizen Kohn.

    Juste une question de détail méthodologique : n’était-il pas plus indiqué, c’est-à-dire moins biaisé, de conduire l’étude sur un tel sujet auprès de la clientèle du « Rallye » plutôt que celle du « Balto » ? « Nil obstat », des conclusions différentes pouvaient aussi bien étayer la même démonstration éducative, dans la force de la congruence plutôt que la contestation.

  4. COUCOU

    Serait-il possible cher Maître que votre volonté de nous esbaudir par une suite de bons mots ait pris le pas sur la rigueur intellectuelle que requiert l’application du collectisme ?

    La volonté de notre chef « 4 plumes » à faire ce qu’il a dit est certes en tous points admirable car rarissime mais c’est bien là le seul point positif de cette loi d’obédience clairement crypto-marxiste.

    En effet, à qui s’applique-t-elle ?
    Toutes les personnes qui travaillent seules et gagnent plus d’un million par an sont des artistes de peu de valeur intellectuelle, peintres sans talent, chanteurs sans idées, écrivains de grand public et autres médecins «esthétiques ». Tous ces gens de peu d’intérêt à côtoyer sont déjà tous partis sous des cieux fiscalement plus cléments.

    Les hommes et femmes œuvrant à l’élévation du public et travaillant dans le commerce de l’art sont heureusement encore sauvegardés de cette loi grâce à la présence persistante dans tous les gouvernements socialistes d’un esprit avisé sachant reconnaître le bien du mal, M. Fabius, gloire à son nom et à toute sa descendance.

    Alors qui reste-t-il donc ? Les salariés (quelle horreur ce nom mais cela leur va si bien !). Heureusement grâce à quelques signes distinctifs on reconnaît aisément les salariés du CAC 40 gagnant plus d’un million : leur petit cou serré en permanence d’une cravate, le costume gris ils portent sur leur fronts hauts les stigmates de leurs diplômes infâmants et si on reste dans leur poulailler on peut les entendre caqueter 4 ou 5 idiomes barbares différents dans la même journée. Ceux là leur société va les envoyer faire leurs tristes tâches à Londres ou à Bruxelles où d’immenses bureaux les attendent déjà et où des écoles françaises de bas de gamme tenteront d’inculquer un minimum à leur rejetons.

    Alors il reste les sportifs, coincés en France pour pouvoir participer à un « championnat ». Par quelle aberration le foot rapporte-t-il plus que le polo ou le beach-volley féminin, je ne comprends pas mais force est de reconnaître la triste réalité. Seules ces sociétés paieront cet impôt de solidarité qui en devient du coup inique. Et je rejoins le commentaire ante précédent : encourageons la grève à durer au moins une année entière et remplaçons ces heures de programme par du beach-volley féminin et des dessins animés de bon goût qui élèvent l’âme comme ceux de ce bon Monsieur Walter Disney.

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