Impopularité de l’exécutif: ce que doit faire François Hollande

HollandePour le président Hollande, la chute ne semble pas devoir s’arrêter. On croyait qu’il avait touché le fond avec le record d’impopularité égalé, il continue sa descente aux enfers. Sky is the limit, comme le disait Georges-Guy Lamotte: aujourd’hui, François Hollande atteint un taux d’approbation de seulement 15%, du jamais vu dans l’histoire de la Cinquième République.

Une telle dégringolade est-elle sans solution? Certains semblent le penser, évoquant la situation économique, le caractère rebelle des Français, ou le manque de savoir-vivre des Bretons. Mais ce n’est pas mon cas: j’estime, en vrai homme d’action, qu’il est toujours possible de changer les choses, et que le président ne devrait pas écouter les mauvais conseillers qui le mènent dans le mur, mais plutôt ceux qui savent où se trouve l’intérêt supérieur du pays.

Car j’ai, moi-même, déjà connu une situation assez proche de celle que vit aujourd’hui François Hollande. En effet, il y a quelques années, je donnais un cours à Sciences Po sur « Collectisme, sexe et société », dont j’assurais à la fois la partie théorique (CM) et la partie pratique (TD). Or, si, comme d’habitude, les étudiant(e)s s’étaient précipités à mes leçons dès la rentrée, ils finirent par s’éloigner de moi, préférant des cours sans intérêt comme « parole publique », « droit administratif » ou, plus ridicule encore, « histoire ». Ainsi, de 125 étudiants, on en était arrivé à une petite dizaine, dont 6 étudiants chinois assidus mais non bilingues.

CarottebatonIl me fallait réagir. J’ai donc opté pour un plan en 3 parties, que je nommais le plan « bâton-carotte-Ladurie« . Voilà quelle forme il prenait:
Bâton: d’office, j’attribuais un 0/20 à tout étudiant ne se rendant plus à mon cours, et ce même s’il était inscrit à un cours équivalent. Ma position de responsable des études m’aida alors grandement, puisque je pouvais sans difficulté modifier les résultats de tout étudiant, même s’il ne suivait pas mon cours.
Carotte: pour motiver les étudiants, je leur offrait diverses gratifications, en fonction de leurs capacités et de leur intérêt, comme des photographies dédicacées, des exemplaires de mes livres, ou des cours du soir gratuits.
Ladurie: c’est là l’idée de génie. Pour favoriser l’émulation et le travail, je lançais le « Ladurie Contest », un concours fondé sur la participation en cours et les notes obtenues, avec à la clef un diner chez M. Bloch-Ladurie. La jeune Samantha P., malgré des notes un peu faibles, sut ainsi faire preuve d’enthousiasme et remporta le prix.

Le résultat ne se fit pas attendre : les étudiants revinrent en masse à mon cours, et se passionnèrent, jusqu’à la fin de l’année, pour le collectisme.

Mon expérience peut, je crois, être utile au président. Car la méthode « Bâton-Carotte-Ladurie » peut se décliner sans difficulté à l’échelle d’un pays. Je laisse aux gratte-papier des ministères le soin de s’occuper des détails, mais je peux d’ores et déjà suggérer quelques pistes:
– Pour le bâton: pourquoi ne pas supprimer les salaires des fonctionnaires s’ils ne manifestent pas leur approbation du président? Puisqu’ils sont au bas mot 6 millions, ils assureraient un socle incompressible de 14% de satisfaits dans la population active.
– Pour la carotte: François Hollande pourrait offrir de nombreuses choses à ceux qui l’aimeraient le plus : remises d’impôts, exemptions de service militaire, déjeuner avec Valérie Trierweiler…
– Enfin le Ladurie Contest pourrait être remplacé par un Hollande Contest. Certes, la compagnie du président est sans doute moins agréable que la mienne, mais le prestige de la fonction saura faire son effet.

Voilà quelques pistes. Il serait dommage que les multiples conseillers en communication de l’Elysée ne prennent pas en compte les quelques remarques d’un homme qui a, avant tout, une authentique expérience de la vie.

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9 Commentaires

Classé dans Collectisme, Georges-Guy Lamotte, gouvernance, politique

9 réponses à “Impopularité de l’exécutif: ce que doit faire François Hollande

  1. Anne de Bretagne

    Cher M. Fernand,
    Mais pourquoi, oh pourquoi ces étudiants s’éloignèrent-t-ils ainsi de vous, vous tournant si vilainement le dos alors qu’il existe des façons plus jolies de le faire… ?
    Eternellement et passionnément vôtre,
    A; de B.

    • Et bien, je ne saurais moi-même l’expliquer. Peut-être certaines voulaient-elles attirer mon attention, comme elles le font souvent, en quittant bruyamment la salle. Ou bien peut-être que le sujet s’était révélé trop neuf, trop ardu, trop rebelle.
      En tous cas, j’ai su remettre ces brebis perdues dans le droit chemin

      • Anne de Bretagne

        « Il se voit monter aux arbres,
        S’étonne que les oiseaux
        Dans ses mains se laissent prendre
        Pour y mourir aussitôt »
        (J. Supervielle)

  2. Citizen Kohn.

    Bonjour Maître, bonjour Anne et salut aussi à la quinzaine de pour cent toujours en prise avec la doctrine collectiste et ses diverticules programmatiques !
    Le postulat, discutable, est qu’il convient de se préoccuper de son indice de satisfaction. Quinze pour cent est déjà une belle performance dont peu de citoyens peuvent se prévaloir. Combien signeraient des deux mains parmi les tonnes de candidats aux multiples échelons de l’existence s’ils étaient assurés du soutien d’un sur six de leurs contemporains. Mais basta, la mode est aux bulles inflationnistes dans tous les domaines. Pourquoi pas donc aussi dans celui de la popularité ? Quelle recette donc appliquer pour convaincre une majorité de clients-électeurs-spectateurs de lécher les semelles d’un « leader » ? Celle du Maître a sa place dans une vitrine de musée ou droit au privilège conféré par l’antériorité mais est-elle généralisable à une autre population que celle, captive et carencée en adénosine triphosphate, de son troupeau d’étudiant(e)s ? Non, bien sûr !
    Alors, que faire si, répétons-le, il était impératif d’agir ?
    Bâton, carotte, peur, corruption et tout le tintouin, où est l’inspiration dans tout ça, où est la poésie ? Pas la moindre flamme, pas le début d’un frisson dans l’échine du corps électoral, pas de lyrisme !
    Non, une seule voie vers les sommets : la PRO-PA-GAN-DE !
    Le portrait officiel obligatoire dans tous les foyers, l’écriture de la légende par une équipe talentueuse et dévouée, grassement rétribuée, il va sans dire et le retour d’un encadrement strict des moyens d’information. Et que l’on ne rétorque pas qu’avec Internet et patati, patata, impossible.. Question de moyens et de volonté. Pas plus que l’opinion publique, élevée à l’ivresse de la liberté d’expression et des bouquets de chaînes les plus diverses les unes que les autres, crierait à la censure, balivernes ! Une louche de chansons de variétés, deux rations de jeux-concours, trois parts de feuilletons-fleuves à la sauce « people-soap » et l’agitation, non seulement sera contenue mais les indices de satisfaction, le baromètre du bonheur et de la joie de vivre crèveront des plafonds oubliés depuis la sortie de la Méhari, acmé de la production automobile nationale ou celle, au cinéma, des comédies bien-de-chez-nous qui tricotaient devant les salles des queues au kilomètre. Des dépôts de gerbes, des inaugurations de piscines publiques et des records de vitesse sur rail, des baptêmes de navires, des remises de décorations et des voyages officiels en grande tenue ! Dorez carrosses, jouez fanfares et vantez, journalistes, l’éclat de l’autorité retrouvée ! En trois mois, la cote de popularité sera rétablie à une hauteur garantissant une réélection triomphale. « Sic gloria transit intestinalum » !

    • Je retiens surtout, de votre propos, l’idée du portrait officiel dans tous les foyers. On pourrait de fait envisager de distribuer un poster me représentant à tous les néo-étudiants de sciences po. Je vais en parler à la direction

  3. Citizen Kohn.

    Et les éternels insatisfaits ? Qu’il mangent plutôt de la brioche. Sinon le déplacement vers les départements et territoires d’outremer – qui retrouveraient ainsi une fonction noble en regard des efforts budgétaires qu’ils coûtent – n’est pas fait pour les chiens !

  4. Fernand, mon cher,

    J’ai beau lire et relire votre essai sur Lamotte, il me semble impossible de retrouver la citation « sky is the limit ». Pire, je ne vois guère quand il fut loisible à ce grand homme de parler anglais. Allemand, à la rigueur.

    Pouvez-vous me référencer cette citation, avec la même acuité que les références de bas de pages de l’ouvrage ?

    Votre félin serviteur

    ps: j’ai fait un rêve où Georges-Guy en personne me parlait de confitures, ou d’un confiteor. Dois-je y voir une révélation littéraire ?

    • C’est pourtant simple. La citation se trouve dans une lettre de Lamotte à Bernard Tapie, au début des années 80. Je ne crois effectivement pas en avoir fait mention dans mon livre -mais je ne pouvais, vous le comprenez, tout dire. On notera que Giorgio Moroder s’est inspiré de cette maxime lamottienne pour son célèbre « Push it to the limit » que vous pouvez voir ici: http://www.youtube.com/watch?v=Z8g__x6ExM8

  5. Totolus ( ex Kalfouët )

    Cher Citizen,
    Loin de moi l’idée de vous trouver timide mais se contenter du portrait officiel, obligatoire, dans tous les foyers me semble être loin de la Grande Pensée Collectiste Universelle. Des statues dans toutes villes de + de 500 habitants ! Des statuettes de bonne taille trônant fièrement sur toutes les cheminées et postes de tv ! Du temps du Maréchal, on voyait grand. Tout un merchandising ménager. Des médailles, de la vaisselle, des sculptures sur mobiliers, des pipes, des cendriers, des badges à arborer sur sa veste, très conseillé, timbres et cp à collectionner, indispensable. Quant aux affiches, avec un texte protecteur, au lieu d’augmenter administrativement des taxes, implorer, supplier :  » Hollande Vous Aime, Donnez avec Confiance « ,  » Aidez-moi à trouver de l’argent « ,  » Donnez, la France a Besoin de Vous « .
    De l’énergie dans la propagande, nom de Zeus !

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