Monsieur le Président, sauvez les poneys !

poneyxDans tous les clubs hippiques de France, l’angoisse s’est installée, prenant à la gorge moniteurs, palefreniers, élèves et chevaux : la hausse annoncée de la TVA, de 7 à 20%, risque de mettre sur la paille l’équitation française. Pour d’obscures raisons bureaucratiques, Bruxelles exige que la France mette fin à la niche fiscale sur les centres équestres, menaçant de détruire l’un des fleurons de notre économie.

On voit mal les raisons pour lesquelles le gouvernement s’acharnerait à envoyer les moniteurs de clubs d’équitations à Pôle Emploi, et leurs poneys à l’abattoir. Du reste, la consommation de viande de cheval est en déclin (à part dans les lasagnes Findus), et il n’y a donc guère de profit à tirer de cette opération. Et que faire des vétérinaires, maréchaux-ferrants, selliers et cochers au chômage ? On aura bien du mal à les reconvertir…

Il faut au contraire sortir de cette situation par le haut, pour être fidèle à l’esprit du collectisme, qui irrigue si bien les cerveaux de l’actuel gouvernement. Le transport à cheval est écologique, peu coûteux, silencieux : il a plus d’avenir que l’automobile. Dans les travaux des champs, aussi bien que dans les mines ou dans l’armée, on a trop tôt abandonné ânes, mulets et chevaux, par effet de mode sans doute. Cela crée une dépendance malsaine, qui lie le sort de la France aux exportateurs de pétrole, obligeant nos gouvernants (plutôt pacifistes de nature) à aller périodiquement bombarder des Arabes récalcitrants. caleche-transport-chevalEnfin, un argument de taille devrait achever de convaincre que le cheval a de beaux jours devant lui : un cavalier émérite, et aux bottes bien cirées, sera toujours beaucoup plus élégant que n’importe quel automobiliste. A titre personnel, je regrette amèrement de ne pas pouvoir franchir la porte de Sciences-Po au galop, jetant mes rênes à un laquais, avant de gravir quatre à quatre les marches conduisant à mon amphi. De surcroît, l’écurie est une solution plus adaptée au stationnement en ville que les places de parking envahissant nos rues.

Je propose donc de lancer un grand plan de développement du transport équin, qui prenne le contrepied des exigences absurdes de la Commission Européenne, et permette de renouer les liens entre écologie et tradition. Je sais d’avance qu’une fois de plus, on se saisira de ma proposition sans que j’en sois remercié. Qu’à cela ne tienne : voir Arnaud Montebourg enfourcher son pur-sang pour rejoindre le conseil des ministres depuis Bercy suffira à mon bonheur.

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3 Commentaires

Classé dans Collectisme

3 réponses à “Monsieur le Président, sauvez les poneys !

  1. Polémikoeur.

    Hmm, oui, peut-être, bien sûr, l’accro à la particule fine cancérogène râlera contre le fumet du crottin – qui le ramassera, les emplois d’avenir ? – mais il y a sans doute un avantage encore inexploité et caché : d’abord, en retransformant le chauffeur de taxi parisien en cocher de fiacre, d’une pierre deux coups, la ville-lumière aurait là un marqueur romantique et un aspirateur à touristes, une identité forte ravalant les taxis jaunes de New York City et les corbillards de Londres à des amusements de collectionneurs de miniatures ensuite, il y aurait, par ce moyen, une façon élégante de remettre à zéro les problèmes avec les taxis parisiens (pénurie récurrente, cherté, mauvais caractère…).

  2. Anne de Bretagne

    Un peu partout dans nos villes, des jardins potagers bio alimentés au fumier de crottin de cheval également bio…
    Faire enfin pousser des légumes dans les jardins de l’Elysée (et non plus à l’intérieur…).
    Comme toujours, M. Fernand, vous me faites rêver.
    Surtout lorsque je vous imagine chevauchant votre fier destrier (dommage que votre chevelure se raréfie, elle aurait alors volé au vent… Sans vous vexer, bien sûr, car vous savez que votre aspect physique est à l’image du grand esprit qu’est le vôtre..)

    Passionnément vôtre,
    Anne de B.

  3. Polémikoeur.

    Et puis, rien n’empêcherait « Monsieur Fernand » (une légère mise au point sur l’étiquette collectiste ne serait-elle pas nécessaire ?) d’arborer un majestueux cimier pour le distinguer, lui, le chevalier de la cause, du cavalier lambda ! Ah, ton cheval pour son royaume ! Au galop ! En ces temps de campagne municipale, plutôt que de forme, il conviendrait en fait de s’occuper de contenu ; à ce titre, réclamons l’ajout aux programmes encore à écrire le doublement – pour commencer – des pistes cyclables par des allées cavalières. « Equus erat demonstrandum » !

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