Une mesure de bon sens pour l’université : le non-remplacement d’un étudiant sur deux

Un amphi surpeuplé à débroussaillerÀ nouveau, chers lecteurs, je parle de l’enseignement supérieur. Vous voudrez bien me pardonner ce qui semble être une fixation. Mais vous comprendrez que, du fait de mon emploi actuel (enseignant à Sciences Po) et de mon talent naturel, il est de mon devoir de surveiller, tel une vigie rigoureuse, l’évolution de notre système d’enseignement supérieur, et ce dans l’intérêt global du pays.

Or, depuis quelques jours, les universités françaises s’agitent. Plusieurs d’entre elles, en cessation de paiement faute d’avoir correctement appliqué les principes collectistes qui régissent ce gouvernement et le précédent, rejettent la faute sur l’Etat, qui ne peut pourtant « pas tout » (L. Jospin). D’autres, excités par les quelques extrêmistes de droite comme de gauche, s’étripent sur des questions de sélection, de droits d’inscriptions ou encore de repas du midi au RU.

Cette situation, que je regrette et que je n’ai pas voulue, ne peut durer. Mais, alors que certains suggèrent des rustines sans avenir (augmentation du budget, par exemple), je propose, moi, une réforme plus ambitieuse, à la fois plus durable et plus profitable pour les finances publiques: le non-remplacement d’un étudiant sur deux quittant l’université.

Un ministère raisonnable pour une France qui gagneJe dois remercier un jeune admirateur, A. Germa, de m’avoir suggéré cette idée ; mais je vais plus loin que sa courte intuition, et la mise en oeuvre que je propose va beaucoup plus loin, et forme une sorte de feuille de route que nos gouvernants n’auront plus qu’à appliquer.

Car il faut préciser les détails: en effet, je suggère d’attendre la fin des études des étudiants pour ne pas les remplacer, mais avec toute la rigueur souhaitable. Ainsi, un étudiant peu sérieux, manquant une année ou redoublant, verra non seulement son cursus s’arrêter là, mais supprimera de ce fait une place. Voilà qui poussera peut-être un peu ces écervelés à travailler pour leur partiel de « Collectisme ou barbarie: une histoire à rebours » (mardi 2 décembre, 15h-18h)! De même, les étudiants trop agités, comme ceux des divers syndicats que je ne nommerai pas, pourraient être prioritairement supprimés, ce qui laisserait la place à de jeunes travailleurs plus motivés par leurs leçons que par la drague à la cafet.

Une étudiante à sanctuariserUne telle mesure aura de multiples effets positifs: baisse du coût de l’enseignement supérieur pour l’Etat, pacification des campus, sélection naturelle des meilleurs étudiants. Bien sûr, il faudra prévoir quelques exceptions: les établissements les plus efficaces, comme Sciences po, pourraient se voir « sanctuarisés » pour éviter de voir baisser notre rang dans les classements internationaux. De même, les étudiantes pratiquant des activités valorisantes (danse classique, sport de haut niveau, notamment volley-ball, ou encore mannequinat). Mais ce sont là des mesures de bon sens, que les députés pourront préciser dans leurs amendements

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19 Commentaires

Classé dans Collectisme, Divers, gouvernance, politique

19 réponses à “Une mesure de bon sens pour l’université : le non-remplacement d’un étudiant sur deux

  1. Si je comprends aisément votre obsession pour le service public de l’enseignement supérieur, je pense que votre réflexion peut se déployer dans beaucoup d’autres domaines.
    On peut (on doit !) d’ores et déjà évoquer le non remplacement d’un élu sur deux. Pour prévenir les cris d’orfraies qui ne manqueraient pas d’être poussées, probablement à juste titre d’ailleurs, il faut établie un critère clair pour choisir l’élu à ne pas renouveler. Des critères simples comme la pratique ou non du volley-ball, du mannequinat peuvent être employés.
    Mais tout cela ne suffira pas.
    On peut bien sûr ne pas remplacer un syndicaliste sur deux. On veillera à cet escient à appliquer ce programme aussi bien aux syndicats de salariés que de patrons, sans quoi une telle réforme risquerait de se heurter au mur de la justice sociale.
    Mais tout cela ne suffira pas.

    La situation critique dans lequel se trouve actuellement notre pays exige des solutions radicales. Je pense qu’il faut donc soigneusement envisager de ne pas procéder au renouvellement d’un chômeur sur deux.

    • Le mot « escient » s’est retrouvé bien involontairement dans ce texte à la place du mot « effet ». Je pense que mon clavier a des penchants anti-collectistes du plus mauvais escient.

    • Le non remplacement d’un chômeur sur deux! Diantre mais comment n’y ai-je pas pensé avant! Cela créerait une courbe asymptotique vers le plein emploi, dans un cycle vertueux totalement maîtrisé. Bravo!

  2. Citizen Kohn.

    N’est-il pas stupide de commencer son existence par le (plus ou moins) long tunnel de l’apprentissage et de la scolarité ? N’est-ce pas plutôt alors que sa vigueur est croissante que l’individu, voire le citoyen, pourrait être le plus utile à la société ? Qu’il accomplisse d’abord un parcours méritoire et gagne ainsi le privilège insigne de se cultiver, d’aborder une autre échelle de connaissances et de réflexions ! Alors enfin les bancs de l’amphithéâtre seront dimensionnés en fonction des effectifs prévisibles et non estimés à la louche de prévisions démographiques souvent démagogiques ! « Honoris causa nostra » !

  3. pince sans rire

    Si cela se fait ce sera par le porte monnaie et non l’assiduité.
    Peut être qu’alors les Universités auront la compétitivité des classes prépas et Sciences Po réunies.
    Enfin passée l’ironie qui réjouit le temps d’une grimace, l’université du service publique, de la quasi gratuité, de l’équité et sans doute aussi l’indépendance des professeurs est tristement une espèce en voie de disparition.

    • Alice Forge

      Merci. « pacification des campus » et « sélection naturelle des étudiants » dans la même phrase, l’ironie est un peu dure à avaler.

      • ne détournez pas mes propos. J’aurais aussi bien pu dire « apaisement des campus » et « choix des étudiants ». Mais je préfère, en toute chose, user du vocabulaire collectiste

  4. Anne-Laure

    Ce qui est bien c’est qu’avec les nouvelles réformes tout cela va se faire le plus naturellement du monde par la sélection des étudiants par l’argent… Vous aurez alors des étudiants endettés jusqu’au cou et parfaitement malléables ou des gosses de riches formatés au système 😉 Et tout ça sans bouger le petit doigt! Les réformes sont déjà en place, plus qu’à recruter les investisseurs et à virer les derniers profs résistants et utopistes. Non mais il faut voir il y en a encore qui croit à la démocratisation de l’accès au savoir et à la notion de service public ^^

  5. adormirdebout

    Voilà un article parfumé à l’idéologie à 2 balles. Dans le fond, je suis plutôt pour un écrémage de certains étudiants. Mais quel est votre mode de calcul pour arriver à dire que votre écrémage représentera un étudiant sur deux ? Votre logique est complètement stupide et j’ai vraiment cru que c’était une farce, pourtant on n’est pas le premier avril. Et votre histoire de chasser les représentants de l’UNEF, c’est vraiment n’importe quoi. Je n’aime pas plus que vous ces gens, mais nous sommes dans une démocratie et le droit à la liberté d’opinion et d’association est encore de vigueur à ce que je sache.
    Et pourquoi il n’y aurait que les étudiantEs « pratiquant des activités valorisantes » qui devrons être valoriséEs et pas les étudiants sans E à la fin ? (Soit dit en passant, je ne trouve pas que le mannequinat soit une activité valorisante).
    Enfin, quand à dire que « les établissements les plus efficaces, comme Sciences po, pourraient se voir « sanctuarisés » pour éviter de voir baisser notre rang dans les classements internationaux. »
    Sanctuariser des établissements, ça revient à dire que l’on a peur de se faire bouffer tout cru par les autres et de montrer que finalement on n’est pas si bien que ça, et qu’on préfère déclarer forfait dans la compétition. En plus, ce n’est pas parce qu’un établissement est réputé qu’il est performant. Quand à science po, ça existe encore ? L’heure est maintenant à de grands établissements tels que Paris Saclay. Et puis vu la qualité de votre raisonnement, vous qui êtes apparemment enseignant là-bas, j’imagine bien le niveau désastreux de vos cours et de vos élèves.

    • « Soit dit en passant, je ne trouve pas que le mannequinat soit une activité valorisante. »
      Je m’inscris en faux. Je perçois par là les traces fumeuses d’un complot dont le but est de nuire gravement à l’intégrité de cette respectable activité. Ces jeunes femmes portent avec élégance les vêtements imaginés à leurs intentions. Avec leurs corps elles donnent du crédit aux frusques qui les habillent. Sans forcer le trait, je peux donc affirmer, en toute bonne foi cela va sans dire, que le mannequinat est une activité émancipatrice pour les jeunes femmes.

  6. Anne de Bretagne

    Cher M. Fernand,
    Ne pratiquant ni le volley et encore moins le mannequinat,une exception pourra-t-elle être faite à la règle pour une jeune et passionnée Collectiste ?

    Eternellement vôtre,
    A. de B.

    • Je pense qu’il faut faire du cas par cas. Le vôtre me paraît absolument récupérable: votre foi collectiste ne s’est jamais démentie, malgré vos origines géographiques, ce qui est en soit un gage de qualité digne d’être récompensé. Cela dit, vous pouvez toujours vous mettre au volley ball

  7. efji

    Comme vous avez raison!
    D’autant que la séquence tend assez rapidement par un étudiant pas filière, ce qui est l’idéal. Surtout si c’est une volleyeuse pratiquant le mannequinat.

    Cela dit les filières scientifiques – toujours à l’avant garde – ont déjà pris les devants depuis un moment et voient leurs effectifs fondre comme neige au soleil grâce à cette merveilleuse main invisible qui nous gouverne (et aussi un peu à cause des prépas qui pompent, pompent…).

    Quant aux syndicats (non patronaux), ils éclairent aussi le chemin avec des troupes de plus en plus clairsemées et surtout vieillissantes.

  8. General Gilou

    On pourrait alors envoyer ces non-étudiants en formation de terrain dans de longs voyages autour du monde créant ainsi une légion étrangère inversée en quête de travail dans des pays à bas taux de chômage, ou de développement là ou la densité de population est faible, ou à la reconquête des paradis fiscaux , le tout avec quotas sous l’égide du quai d’orsay pour assurer un saupoudrage équilibré…de pionniers à la reconquête de l’argent perdu…En plus, maintenant que nous allons developper le MOOC sur une base ludique, il n’y a plus de souci à se faire. Deviendra excellent qui voudra à coup de 4G « low cost » et de jeux vidéos pédagogiques. C’est chouette le 21eme siècle.

    • Je ne suis pas contre le MOOC. Il peut être fort utile aux étudiants. Mais l’est-il aux professeurs? Comment ceux-ci pourront évaluer les étudiants, leur prestance, leur attitude, leurs qualités réelles, sans les voir? Je crains que nous ne perdions là ce qui fait depuis des siècles la grandeur de la France

  9. Un passant

    Vous vous compliquez bien la vie. Le non remplacement d’un Français sur deux résoudrait tous ces problèmes à la fois, et bien d’autres encore, notamment celui du mal-logement. Certains pays comme la Russie et le Japon nous montrent d’ailleurs la voie avec succès.

  10. Pingback: Un code du travail allégé ? C’est très insuffisant. | L'actualité selon Bloch-Ladurie : Réflexions collectistes

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