La France doit donner un nouveau gouvernement à la Centrafrique

BanguiIl est bien compliqué de suivre les développements de l’intervention militaire française en République centrafricaine. Les reporters français commencent tout juste à donner quelques aperçus du terrain, en suivant de près les véhicules de notre armée. Mais le paysage politique d’ensemble échappe aux observateurs peu avertis, d’autant que les chaînes d’information en continu n’ont toujours pas clairement désigné qui étaient les terroristes que nous poursuivons jusque dans les chiottes (comme dirait Vladimir Poutine).

Fort heureusement, j’ai quelques connaissances sur l’Afrique, en raison de nombreuses conversations avec mes étudiant(e)s qui viennent de ce continent sauvage et généreux. Qui plus est, la France a joué, depuis le temps de l’AEF, un rôle décisif (certains diront positif) dans la formation de la Centrafrique, indépendante depuis 1960 seulement. Force est de constater que, depuis lors, les gouvernements qui se sont succédés à la tête du pays, n’ont pas réussi à établir les fondations d’un véritable Etat de droit. A une Bokassaexception près : le règne de Jean-Bedel Bokassa. Plus de treize ans d’une remarquable stabilité, brutalement interrompue par la trop fameuse « opération Barracuda » (du nom d’une chanson de l’époque), qui devait sonner le glas d’un régime empreint de mauvais goût, certes, mais pas complètement inefficace.

Or, si l’on veut bien revenir aux fondamentaux de l’histoire des relations internationales, on se souviendra que l’un des tout premiers conseillers de Bokassa n’était autre que… Georges-Guy Lamotte lui-même. Je me permets de renvoyer à mon propre ouvrage, qui résume mieux que tout autre cet épisode bien connu des relations entre nos deux pays. Je me permets d’ailleurs de le citer, ce sera plus simple.

Lamotte avait compris où était sa vraie place, et il décida fin 1975 de s’installer à demeure en Afrique pour y propager ses idées, notamment auprès des dirigeants de Centrafrique, dont il avait su apprécier l’intégrité et le sens du devoir. Logé au Sheraton de Bangui, il y tient pendant plusieurs mois un salon très réputé, faisant connaissance d’Elisabeth Domitien, première femme premier ministre de Centrafrique, à laquelle il dédicace l’édition centrafricaine du Collectisme. Mme Domitien, charmée et sans doute heureuse de voir qu’un tel esprit se penche sur le berceau de la jeune nation, décide de l’introduire auprès du président Bokassa lui-même. Celui-ci est alors au sommet de sa gloire. À la veille de son couronnement impérial, il gouverne depuis 1966 les habitants du « Pays du café facile » d’un main ferme mais aimante, et modernise le pays à grand pas, en remplaçant l’agriculture traditionnelle par une industrie de pointe, ce qui lui attire tout naturellement l’inimitié de l’ancien colonisateur (réseau Foccart, Françafrique, etc.). Signe de son affection pour Lamotte, le Cocotier Redoutable (ainsi qu’on appelait couramment Bokassa) lui remet même, au terme d’une chasse aux éléphants, « tout un tas de petits cailloux brillants. Sa cervelle superstitieuse devait prendre pour des gris-gris contenant l’esprit des ancêtres, et je m’empressai, en sortant du palais présidentiel, de jeter dans la première poubelle venue. »

Les principes du collectisme ont irrigué pendant plusieurs années cette nation en pleine genèse. Dès qu’ils ont disparu, le chaos et le désordre se sont emparés d’elle, obligeant une fois de plus l’ancien colonisateur à intervenir. Il faut donc, à l’évidence, que la France aille jusqu’au bout de sa mission, et offre à la Centrafrique un nouvel avenir collectiste. Dépêchons sur place des émissaires mission_civilisatricequi montreront la voie aux futurs gouvernants. Sélectionnons ceux-là parmi les plus sensibles au message d’unité, de paix, et d’ambition sans bornes, que porte l’héritage de Lamotte. Le cas échéant, je veux bien faire don de ma personne à la République centrafricaine et, moyennant une force de sécurité compétente et des émoluments en rapport avec la fonction, assurer la transition démocratique dont ce beau pays a besoin. D’autres élites intellectuelles et politiques françaises pourront se joindre à moi pour montrer à ces Africains immatures le chemin de la liberté – je pense notamment à deux grandes voix de notre temps, très appréciées des défenseurs de la démocratie et des entrepreneurs africains : Claude Guéant et Bernard-Henri Lévy. Monsieur le président, cher François : je suis disponible !

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7 Commentaires

Classé dans Collectisme, gouvernance

7 réponses à “La France doit donner un nouveau gouvernement à la Centrafrique

  1. Birinig

    Je ne peux que déplorer cette dispersion de nos forces armées aux quatre coins du monde alors qu’il y a tant à faire en Bretagne pour mater la révolte des Bonnets rouges. Aussi, je soutiens votre proposition de vous rendre, avec dévouement, œuvrer en ENAfric. Je plaiderai votre cause auprès de Jean-Yves Le Drian et Marylise Lebranchu. Très cordialement.

    • Merci. Il est vrai qu’il y aurait déjà fort à faire en Bretagne, où l’ordre républicain est quotidiennement bafoué, encore plus qu’à Bangui. Personne, que je sache, n’a mis le feu à des portiques écotaxe en Centrafrique.

  2. Citizen Kohn.

    Où est donc le nouveau commandant Marchand qui portera nos trois couleurs non pas de Dunkerque à Tamanrasset ni à l’Oural mais jusqu’au cap de Bonne Espérance, millecul de cornediou ? « Fachoda audaces juvat » !

  3. David Beckham

    On ne souligne jamais assez comment l’engagement des intellectuels tel que BHL, GG Lamote ou autre Bob Denard a pu changer la face du continent noir.
    Je vous félicite pour votre courage. Ainsi, grâce à des intellectuels tel que vous l’homme africain peut espérer rentrer dans l’Histoire !

  4. Manu BONIN

    J’ai tellement ri. Je m’endormirai avec le sourire ce soir, sans même avoir bu

  5. Un passant

    Ne serait pas plus efficace que la Centrafrique donne un nouveau gouvernement à la France? L’union de ces deux peuples, l’un point encore entré dans l’histoire et l’autre sur le point d’en sortir (http://ripostelaique.com/sous-hollande-nous-assistons-a-la-lente-disparition-dune-nation-millenaire-la-france.html), l’alliance de leur virtus un peu brute mais ô combien féconde (http://mysite.verizon.net/respzyir/jean-bedel-bokassa/id9.html) et de notre génie affaibli (http://humrep.oxfordjournals.org/content/early/2012/12/02/humrep.des415.short?rss=1) signerait à coup sûr l’avènement d’un nouvel âge d’or. Reprenant le flambeau révolutionnaire et civilisateur qui est son apanage et son destin (http://www.insee.fr/fr/ffc/ipweb/ip1437/ip1437.pdf), et réveillant la vieille Europe assoupie, la France redonnerait aux peuples pris en tenaille par le double impérialisme américain et chinois la dignité et la prééminence qui sont de droit les leurs. Vive la troisième voie! Vive De Gaulle! Vive La Motte! Vive la France africaine et l’Afrique française!

  6. Au fait, Maître, vous avez des nouvelles de la petite-fille de GGL ?

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