Pourquoi Bergé, Niel et Pigasse devraient racheter tous les grands journaux français

FRANCE-MEDIA-INDUSTRYLe Nouvel Observateur sera bientôt racheté par le trio d’hommes d’affaires (Pigasse, Bergé et Niel) qui possède déjà le groupe qui édite Le Monde. C’est naturellement une bonne nouvelle pour la presse : la proximité des deux premiers avec le pouvoir, et l’immense fortune personnelle du « Steeve Jobs de Créteil », comme on le surnomme à Bercy, seront d’un grand secours pour ce journal qui manquait de fonds et qui, parfois, a osé critiquer le gouvernement dans des termes presque désagréables. C’en est bientôt fini de ces deux désagréments.

Quelques mauvais coucheurs feront remarquer que la concentration des organes de presse dans les mains d’une poignée de propriétaires peut nuire à la diversité et à la qualité de l’information. Que les options politiques du Monde et celle du Nouvel Obs, centre droit contre centre gauche, auront du mal à être entièrement préservées. Que, par ailleurs, les contenus de tous les journaux de ce futur grand groupe (comprenant Challenges, Rue89, Télérama, Courrier International, et j’en passe) auront tendance à s’uniformiser. A toutes ces prudences de jeune fille, une seule réponse doit être faite : et alors ?

On ne peut à la fois constater la très grande proximité des contenus, des maquettes, des unes, et des éditoriaux de la plupart des grands journaux d’information français, et vouloir préserver une illusoire diversité de titres et de propriétaires. Le temps est venu de la rationalisation. Un seul et même site internet pourrait très bien faire le travail des sites des journaux cités plus haut. Idem pour les brèves, dépêches d’agence, interviews, analyses géopolitiques, prix de l’immobilier, et prévisions météo : l’avenir est aux économies d’échelle. La vraie question est plutôt : pourquoi s’arrêter en si bon chemin ? Qu’est-ce qui empêche notre trio d’ « entrepreneurs amoureux de la presse » de racheter l’Express, Libération, Elle et Lui ?

Dans une démocratie avancée comme la nôtre, la grande proximité de vues dont font preuve les journaux de référence sur la plupart des sujets importants (économie, politique, météo) conduit inéluctablement à la formation d’un grand consortium de l’information, éditant un ou deux titres tout au plus. Pourquoi deux ? C’est ce que j’appelle le « principe de Defferre » : posséder à la fois Le Provençal (journal de gauche) et Le Méridional (journal de droite) est le meilleur moyen de satisfaire tous les lectorats, tout en assurant la stabilité, la continuité et la qualité de l’information.

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3 Commentaires

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3 réponses à “Pourquoi Bergé, Niel et Pigasse devraient racheter tous les grands journaux français

  1. Citizen Kohn.

    Un pays, un peuple, un journal ! La résurrection de « Jours de France » au milieu de l’année qui vient de se terminer prouve bien qu’il y a encore de l’espoir en matière d’éducation des masses. Quoi ? L’information ? A la rigueur, s’il reste de la place entre les réclames et les programmes de télévision ! Bref, la question avec la presse n’est ni son contenu ni qui la possède mais ce qu’elle rapporte, en écartant les emplois qu’elle offre à de pseudo-intellectuels inaptes à toute contribution à l’effort national de productivité.

  2. Michel G.

    Tant que « Valeurs Actuelles » ne passe pas aux mains de ce trio de dangereux gauchistes, il reste un espoir. Quant à « Jours de France », ce merveilleux journal qui a distrait mes attentes chez le dentiste quand j’étais adolescent, sa résurrection m’était passée inaperçue. Tiens, il est temps d’un petit détartrage.

  3. Citizen Kohn.

    2013, année fertile, avec aussi la renaissance du « magazine de l’homme moderne », dans lequel elles étaient « parce qu’elles aimaient ça », et qui revit sous la conduite d’un grand penseur, arbitre du bon goût et facteur de progrès social. Alors, la petite partie de Monopoly de la Fleet Street de l’hebdomadaire de la rive gauche lutécienne, quel événement ! Comme le suggère l’estimé commentateur orthodonté précédent, tant que les économistes éditorialistes propagandistes de la doxa macroéconomique ont à leur botte des médias poreux et complaisants, tout va bien ! « Et dona ferentes ! ».

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