Gouvernement Valls: les causes de l’échec

francois-hollande-va-nommer-manuel-valls-a-matignon-en_1731056_800x400Il y a eu le 21 avril 2002. Il y aura donc eu le 23 mars 2014. Il y a tout juste un mois, un coup de tonnerre résonnait dans le ciel serein de la politique française : les élections municipales étaient un camouflet extraordinaire pour le président élu. Un coup que personne, pas même moi, n’avait vu venir, et qui n’a fait que s’amplifier jusqu’à aboutir, une semaine après, à la fameuse « vague bleue » (comme si une vague pouvait avoir une autre couleur, mais passons).

Suite à ce désastre, le président a réagi vite et fort. Il a chassé les toiles d’araignées qui trainaient dans l’exécutif, et a modifié totalement son dispositif, en nommant Valls premier ministre et en désignant un « gouvernement de combat ». Dès lors, la question que tout le monde se pose est la suivante : Valls peut-il réussir? Peut-il redresser la France, restaurer la confiance, résoudre les problèmes les plus graves, retrouver du travail, provoquer le retour de l’être aimé?

guerre-presidentielle-valls-primaires-commenc-L-1Pour l’instant, beaucoup d’analystes restent circonspects, attendant de voir les premiers résultats -montrant bien, par là même, le peu de valeur qu’ils accordent eux-mêmes à leur science. Moi, Fernand Bloch-Ladurie, je n’ai pas cette réticence. Ma longue expérience de la chose publique, les services que j’ai rendus à la France, et mon habitude de conseiller les puissants me permettent de l’affirmer tout de go et sans hésitation : le pari Valls ne pourra pas fonctionner.

Vous me demanderez, sans doute, ce qui motive mon jugement. Pour vous répondre pleinement, il faudrait que je me lance dans une véritable démonstration, ce qui me prendrait trop de temps et serait, je crois, au fond inutile. Je me contenterai donc de deux arguments, dont chacun suffit à lui seul à appuyer mon impression:

1) Le facteur parité. Ce gouvernement a poursuivi un objectif, louable, de parité, et l’on y compte 8 femmes pour 8 hommes. Cette politique elle-même pourrait être critiquée (ne faudrait-il pas, plutôt que des femmes, les meilleurs au poste considéré?), mais dans le cas précis, on note plusieurs erreurs: mettre une femme à l’Energie, est-ce bien cohérent? Un homme au dialogue social, quand on sait que les femmes ont une bien plus grande empathie? Ou encore une femme aux droits des femmes, ce qui ne pourra que l’exposer à l’accusation (justifiée) de partialité? Il y a là des erreurs de débutant qu’un conseiller expérimenté, prof à sciences po par exemple, aurait pu faire éviter.

604684-christian-troadec-le-30-novembre-2013-a-morlaix2) Le facteur régional. On l’a assez peu dit, mais l’échec de Jean-Marc Ayrault est l’échec d’une tentative de mainmise sur l’Etat national par les courants régionalistes les plus acharnés – et, parmi eux, les Bretons par dessus tout. Qu’on en juge. Dans le gouvernement précédent, non seulement le premier ministre (maire de Nantes) était breton, mais aussi le ministre de la défense  Jean-Yves Le Drian (président de la région Bretagne), le ministre de l’agriculture Stéphane Le Foll (dont les deux parents sont bretons), la ministre de la fonction publique Marylise Lebranchu (née à Loudéac, Côtes d’Armor), sans compter Benoît Hamon, secrétaire d’Etat d’on ne sait plus trop quoi et finistérien. Le total est saisissant : j’avais, en mon temps, tenté d’avertir le président par une longue lettre, malheureusement restée sans réponse.

On pouvait donc espérer que ce remaniement serait l’occasion d’un coup de balai et d’une véritable reprise en main. Hélas, il n’en est rien. Oh, certes, le chef de cette « camarilla brezhoneg », Jean-Marc Ayrault, a été écarté sans ménagement. Mais les autres conjurés sont toujours là, sans exception, et parmi les nouveaux entrants on compte un Jean-Marie Le Guen, dont le patronyme vaut programme.

Le résultat? Les premières mesures prises vont toutes dans le sens des revendications régionalistes bretonnes les plus exacerbées: redécoupage des régions ne servant qu’à masquer un rattachement de la Loire atlantique à la Bretagne depuis longtemps réclamé ; SMIG jeune qui n’affectera pas une province marquée de toutes façons par un vieillissement accéléré ; baisse des allocations pour les parents de trois enfants qui ne touche guère une région où la moyenne des familles doit tourner autour des 12 ou 13 rejetons  : j’en passe beaucoup d’autres.

Tout cela prouve que ce nouveau gouvernement est, malgré le courage de M. Valls, déjà condamné à l’échec. Il ne nous reste qu’à espérer une remaniement après les Européennes pour, enfin, changer le cap: il serait temps.

 

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9 Commentaires

Classé dans Collectisme, gouvernance, politique

9 réponses à “Gouvernement Valls: les causes de l’échec

  1. CANDIDE

    Oui mais bon… Je ne suis peut-être pas politologue mais je vois d’autres facteurs à l’échec programmé de Valls que la parité et l’éventuelle allégeance aux courants régionalistes bretons.
    Techniquement, en cassant davantage le pouvoir d’achat des français, les mesures préconisées par Valls vont accroître indirectement le chômage par un phénomène logique d’offre sans demande. En outre, ces mesures sont prises pour « rassurer les marchés », autrement dit pour se concilier les faveurs des technocrates de Bruxelles à un moment où l’Europe libérale n’a jamais été aussi impopulaire, où la politique libérale menée depuis les années 80 est unanimement reconnue comme étant un facteur de régression sans précédent du niveau et de la qualité de la vie, où le pilier central du libéralisme qui est la « valeur-travail » est miné par la précarisation galopante, les salaires minimum et médian qui ne permettent plus de vivre correctement ni de faire des projets, la dictature du MEDEF et l’impuissance des syndicats historiques faisant le reste…

  2. ArtyShow

    Mon pauvre Candide (un nom fort à propos, soit dit en passant), vous n’avez décidément rien compris des problèmes de fond auxquels la France doit faire face de nos jours. Votre rhétorique consistant à jeter l’opprobre sur « les marchés », l' »Europe libérale » qui serait la source de la « précarisation », montre bien que vous vous contentez d’une lecture superficielle de la première page des grands quotidiens, voire du JT de TF1.

    Non, les vrais problèmes, les plus urgents à résoudre, ceux qui pourraient plonger le pays dans une crise dont il ne se relèverai pas, ce sont bien les gonzesses et les Bretons !

    J’espère que vous oublierez bien vite vos balivernes, et que vous saurez entendre la voix de la raison, celle de FBL et du collectisme.

    • Candide

      Les Bretons et les gonzesses, c’est évident. Ainsi que les marchands de barbe à papa, les Illuminati et le fan-club de Dalida.

      • philippe manoeuvre

        Je ne vous apprendrai pas la teneur des relations troubles entre Yolanda Gigliotti aka Dalida et le parti socialiste. Dalida fut la maîtresse de François Mitterrand à la fin des années 70 et début des années 80, c’est à dire au moment au François Hollande intégrai le parti socialiste et devins chargé de mission à l’Elysée. Or à partir des années 80 Dalida n’offrit à son public que des productions moins bonnes qualités.
        Des personnalités fanatiques, des esprits rancuniers aux comportements retors, ont pu en concevoir de la rancœur, et partant ont pu chercher à nuire au gouvernement de François Hollande…

    • Candide

      @Philippe Manoeuvre : J’ajouterais que Dalida était d’origine orientale, qu’il y a en Bretagne une ville du nom de Lorient, et que certains subodorent l’existence de liens secrets de chez secret entre les Illuminati et le Grand Orient de France.

      Mais qu’en est-il alors de la barbe à papa ?

  3. Francis

    Soucieux de l’insertion professionnelle des diplômées de l’enseignement supérieur, et attentif aux exigences d’exemplarité liée à la représentation politique le Président recrute des étudiantes (Belkacem, Lemaire, Pellerin) pour son gouvernement. Mais ce vent de légèreté se tarit rapidement dès lors qu’on interdit les décolletés. A quoi sert la parité si les femmes ne peuvent plus égayer et stimuler les représentants politiques?
    Cette saine stimulation constitue pourtant le moteur de l’Histoire. Le regain de testostérone et la compétition engendrée par la présence des femmes incite les hommes à donner le meilleur d’eux mêmes. Darwin le disait avant moi ! Dans le contexte actuel de crise financière et de compétition économique la présence de femmes dans les cercles du pouvoir, pourvu qu’elles ne soient pas trop couvertes, invite aux redressement productif.
    Mais interdire les décolletés, c’est aller à rebours de l’Histoire ! et voilà une des raisons de l’échec du gouvernement Valls!

  4. Citizen Kohn.

    En ce qui concerne la nomination des ministres, s’il fallait tenir compte aussi d’un semblant de compétences et de leur adéquation avec l’intitulé du maroquin tant convoité en tant que tel et non pour son contenu, un des piliers de la carrière politique ne serait-il pas ébranlé dangereusement ?
    En ce qui concerne la menace régionaliste, si seulement elle était limitée à la malfaisance enracinée dans les croyances vaguement obscurantistes et rétrogrades de Celtes mâtinés par des générations de migrations saisonnières dans le quartier de la gare Montparnasse ! Ce serait oublier l’atavisme alcoolique de l’autre région à cidre qui dispute l’icône déprimante du mont Saint-Michel à la péninsule bretonne. Ce serait faire fi des croisements dégénératifs subis au nord par les peuples soumis aux invasions et qui les ont conduits à creuser la terre pour en extraire le charbon. Comment ignorer, dès le terminus des RER, les accents grossiers qui rappellent l’existence des patois il n’y a guère, offenses à l’idéal d’unité nationale ? Rien que l’évocation d’expéditions dans les contrées montagneuses, foyers de crétinisme, ou côtières, empuanties par le goémon, toutes éloignées des lumières civilisatrices de la capitale, a de quoi rendre méfiant et pessimiste sur les chances d’épanouissement et de développement provincial ! « Regio delenda est ! ».

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