Libération de la croissance : quelques nouvelles propositions

456040-macron_noirVraiment, c’est à vous dégoûter de faire de la politique : dès qu’il ouvre la bouche, Emmanuel Macron suscite des concerts d’indignation. S’apitoie-t-il sur les « illettrées » de Gad, qu’on lui reproche la dureté de son vocabulaire. Propose-t-il aux pauvres de prendre le car plutôt que le TGV, qui leur coûterait trop cher, qu’il reçoit une nouvelle volée de bois vert. On sent pourtant que ce jeune homme talentueux cherche à bien faire, malgré les cris d’orfraies des belles âmes soi-disant « de gauche ». Voilà pourquoi je me permets de lui soumettre quelques idées neuves, soucieux comme lui de libérer la croissance, d’accélérer les réformes, de combattre les blocages de la France et de renouer enfin avec la modernité des Trente Glorieuses.

Privatiser le marché de la signalisation routière.PMV C’est là un scandale public trop longtemps ignoré : seul l’État se permet d’intervenir dans ce domaine, en entravant manifestement les flux commerciaux et les déplacements de nos concitoyens. Ouvrir à la concurrence les limitations de vitesse et les indications géographiques permettrait de libérer 2 points de PIB, selon un calcul assez élémentaire dont je passe le détail à mes lecteurs pressés. On peut commencer dès maintenant par les panneaux à messages variables des autoroutes, qui pourraient utilement diffuser des publicités plutôt que des indications sur les bouchons ou la sécurité routière.

Supprimer les allocations familiales pour les chômeurs. La France n’a pas besoin de collectionner les enfants de pauvres. Les chômeurs, comme chacun sait, coûtent déjà trop cher, alors qu’il existe des solutions simples pour les remettre au travail. Il s’agit maintenant de tenir un langage de vérité : pas d’emploi ? pas d’allocations ! Les Français en ont marre de creuser les déficits pour ceux qui se gavent sans rien faire. Gain attendu : 8 milliards de déficit en moins.

Vendre le château de Versailles au Qatar. Avouons-le : Versailles serait une ruine dispendieuse, sans les généreux contrats de location qui permettent à des rappeurs et à des footballeurs de se payer la galerie des glaces pour leur soirée de mariage. Il est temps d’aller plus loin, et de renoncer à la propriété publique de cette grande bâtisse désuète, tout juste bonne à fournir des dorures aux films de Sofia Coppola. Kanye_VersaillesVendons-le au plus offrant, et récupérons quelques centaines de millions d’euros. De même, on se demande où est l’intérêt, en termes de finances publiques, de garder dans le giron de l’État le Louvre, ou encore le palais du Luxembourg, sans parler de tous les monuments historiques qui entravent la croissance en restreignant l’usage des ressources de nos territoires.

Déréglementer le marché de l’enseignement. C’est là, sans doute, où le bât blesse le plus. François Hollande s’est bêtement engagé à recruter des dizaines de milliers de fonctionnaires dans l’Éducation nationale, ce qui alourdit notre dette publique tout en grossissant les bataillons de contestataires stipendiés, vautrés dans le confort des salles des profs et protégés par des syndicats frileux et réactionnaires. Finissons-en avec ce monopole indû : le secteur privé peut prendre en charge l’instruction des enfants dont les parents sont prêts à leur payer une vraie scolarité. Quant aux autres, ils iront se professionnaliser en apprentissage, et ne pointeront plus chez Pôle Emploi dès 18 ans. Tout le monde y gagnera, à part quelques grincheux toujours prêts à manifester. Mais il n’est plus temps d’écouter les forces de la réaction.

Ceux qui s’opposent au changement, aux réformes, à l’avenir en somme, trouveront à redire à ces propositions – comme d’habitude. Ils en critiqueront le détail, pointeront des effets pervers, que sais-je encore. Ils sont incapables de dire oui à l’audace et d’acquiescer à l’avènement de la modernité, qui balaie les résistances, les corporatismes, et les archaïsmes. Veuillez croire, Monsieur le ministre, à mon dévouement et à mon admiration. Je vous souhaite de triompher de vos ennemis et de rendre, enfin, la France semblable aux desseins d’Alain Minc et d’Ernest-Antoine Seillière.

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4 Commentaires

Classé dans gouvernance, politique

4 réponses à “Libération de la croissance : quelques nouvelles propositions

  1. trop heureux d’être cité dans votre article! Vous auriez dû suggérer au jeune homme talentueux de participer à « la France a un incroyable talent ».

  2. Francis

    Permettez-moi de soumettre à votre sagace lecture ces modestes propositions.
    Pour sortir notre bel hexagone de sa triste panade et lui permettre de retrouver des points de PIB, il convient, il me semble, de briser le tabou de l’écologie. La protection des sapins et des musaraignes, c’est bien joli, mais, c’est un luxe qu’on ne peut se permettre. Il faut donc, et d’urgence :
    1/ Supprimer les parcs naturels régionaux
    Cette fumeuse invention de 68ards comporte des risques d’épidémie pour le cheptel de moutons, et sert d’argument pour ne pas exploiter le gaz de schiste présent en abondance sous nos pieds. Affranchissons l’énergie, libérons le gaz emprisonné par les inepties de gens mal rasés !
    2/ Supprimer la loi sur le littoral
    Ayons le courage de la vérité ! Il manque des logements en France, et on se prive des plus beaux emplacements, alors que quand le BTP va, tout va!
    Bétonnez-moi ces criques, cimentez-moi ces plages ! (Qui de toute manière ne servent qu’une fois par an.)

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