Supprimons la Grèce

parlement_grece_manifestationNous voilà au bord de l’abîme. Les négociations entre le gouvernement d’Alexis Tsipras et l’Union européenne sont dans l’impasse. L’Eurogroupe refuse de céder d’un iota sur les déficits publics ; le ministre de l’économie grec qualifie les propositions européennes d' »absurdes » ; le gouvernement allemand exige sa démission. Dans quelques jours maintenant, la Grèce pourrait faire défaut, entraînant toute la zone euro dans une crise économique et institutionnelle majeure et inédite, ouvrant la voie à une catastrophe dont l’étendue est encore incommensurable.

Comment éviter ce désastre ? Il faut, une fois de plus, faire preuve de bon sens, et regarder les faits en face : la Grèce ne pourra pas rembourser seule sa dette publique. Il faut donc que d’autres Etats mettent la main à la poche. L’Allemagne ? Impossible, compte balkans1tenu du « nein » têtu qu’Angela Merkel oppose à toute demande de solidarité européenne. La France ? Ses caisses sont vides. L’Italie ? C’est pire encore. Mais quid de la Bulgarie ? De la Macédoine ? De l’Albanie ? Du Monténégro ? Voilà des Etats très peu endettés, qui connaissent une croissance honorable, et qui ont su préserver leur compétitivité-prix, contrairement aux projets loufoques de Syriza (augmenter le salaire minimum de 25% ! du jamais vu depuis les accords de Grenelle). Evidemment, ce ne sont pas des poids lourds de la construction européenne. On m’objectera d’ailleurs que seule la Bulgarie fait partie de l’UE pour l’instant. Mais, à bien y réfléchir, il y a là la prémisse d’une solution gagnant-gagnant : on pourrait demander à ces petits Etats de contribuer à rembourser la dette grecque, en échange de leur entrée dans la zone euro, puis dans l’Union européenne.

Il faudrait bien sûr éviter les éventuels blocages institutionnels que cette politique pourrait susciter (votes démocratiques, manifestations, etc.). balkansRaison de plus pour aller vite : fusionnons l’ensemble de ces pays, qui sont d’ailleurs, le plus souvent, des reliquats de vieux empires démembrés sans aucune cohérence. Les nationalistes folkloriques qui s’expriment parfois un peu trop fort dans cette région finiront bien par se taire, une fois que verra le jour ce nouvel ensemble, la Macébulgalbanégrie hellénique, dotée d’une seule et même voix dans les instances européennes, et forte d’un PIB de 330 milliards de dollars (contre 240 pour la seule Grèce, actuellement). On pourrait d’ailleurs envisager d’y intégrer davantage encore de nations, et de forger un seul et même Etat, la Balkanie, à l’aide de la Serbie et de la Bosnie Herzégovine.

Pour surmonter au plus vite les blocages politiques d’une Europe en panne d’idées, il suffit, on le voit, de faire preuve d’un peu de sens commun. Puisse la voix de la raison parvenir jusqu’aux oreilles de nos dirigeants.

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5 Commentaires

Classé dans politique

5 réponses à “Supprimons la Grèce

  1. Mildek

    Haha excellent ! « La balkanie » ! Vous êtes génial M. Bloch-Ladurie, depuis que j’ai découvert votre blog à blagues, je rigole tout les jours. Merci !

  2. Un passant

    Il me semble que la Balkanie existe déjà, un peu plus au Nord-Ouest, et qu’elle se caractérise justement par un ratio d’endettement totalement délirant et des dirigeants fraudeurs sinon corrompus.
    Ceci augure mal du bénéfice à attendre de votre proposition.

  3. Un passant

    Non, pour résoudre le modèle grec, il faut surtout ne pas chercher à la maintenir dans l’Europe. Pourquoi ne pas demander à Mme Merkel de rappeler discrètement à son ami Vladimir que Saints Cyrille et Méthode sont nés à Thessalonique?
    Il y a là largement de quoi justifier le rattachement – après consultation populaire spontanée, bien entendu – de la Macédoine grecque à la Fédération de Russie. Rattachement qui aurait certainement le soutien de la Turquie pour peu qu’une restitution d’une partie des territoires volés par les Grecs en 1920 soit envisagée.
    On peut même envisager d’aller plus loin et de partager l’intégralité de la région entre Russes et Turcs: aux Russes les populations slaves de l’ex-Yougoslavie, de la Roumanie et de la Bulgarie, et les trois régions de la Macédoine grecque; aux Turcs la Macédoine (ARYM), l’Albanie, le reste de la Grèce continentale et les îles grecques de la Méditerranée (à l’exception de la Crète qui serait cédée aux Allemands en compensation de la dette grecque) et Chypre.
    Pour éviter de pénibles et insolubles débats, le Kosovo resterait neutre et se verrait garantir un accès à la mer (le « corridor de Podgorica »).

    Voilà réglés d’un seul coup plusieurs casse-têtes réputés insolubles: la dette grecque, la partition chypriote, la poudrière yougoslave, la question de l’entrée de la Russie et de la Turquie dans l’Europe, et le problème des Roms (la Russie pouvant créer une entité non territoriale – la fédération des peuples Sinti – comme il en existe pour les peuples sibériens, l’ensemble des Roms européens deviendraient ipso facto citoyens russes et ne seraient donc plus juridiquement libres d’empuantir nos transports collectifs).

  4. Tsipras pourrait faire payer son pote Poutine et les chinois. Ces derniers ont acheté le port du Pirée, il pourrait acheter le Parthénon et le théâtre de Mycènes, et rentabiliseraient le tout en vendant des nems sur place !

  5. Pingback: La France doit racheter la Grèce pour un euro symbolique | L'actualité selon Bloch-Ladurie : Réflexions collectistes

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