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Proposition n°30 (Nation): Un homme de valeur pour une France qui doute

Aujourd’hui prend fin la série de mes 30 propositions pour une nouvelle France. Je crois avoir fait mon devoir d’intellectuel, et plus encore, avoir apporté au débat public des idées qui, un jour, s’avèreront incontournables. Au long de ces quelques semaines, j’ai pu mesurer combien notre pays a besoin d’audace, combien les Français attendent des hommes politiques, sans s’en laisser compter, mais aussi combien ils admirent l’expérience et le sérieux de quelques esprits supérieurs, destinés à les guider.

J’ai pu aussi constater – et déplorer – la frilosité des prétendues élites socialistes. Pas une des nombreuses fiches que j’avais envoyées à l’équipe du candidat n’a été reprise dans les argumentaires de campagne. Pas un seul merci pour tout le travail effectué sur ce blog. Pas une seule ligne de la presse de gauche à propos de ce qu’ils considèrent sans doute – à juste titre d’ailleurs – comme un programme iconoclaste et ambitieux.

Et pourtant, l’enjeu de cette campagne va bien au-delà de nous, de la Gauche. L’enjeu de cette campagne, à quelques heures du premier tour, c’est la France. C’est la France, toujours.

Devant vous rassemblés, foule nombreuse, des milliers, je ressens une profonde émotion, celle d’exprimer votre conviction, votre volonté, votre espérance. J’ai conscience de la tâche qui est la mienne : incarner le changement, faire gagner la Gauche et redonner confiance à la France. Je veux dire à ceux qui se sont empressés d’enterrer les pères fondateurs (Jaurès, Blum, Lamotte), qu’il reste des hommes prêts à continuer cette grande et belle aventure.

Aussi, c’est avec la plus grande gravité, la larme à l’oeil mais la joie au cœur, que je vous le déclare : je suis prêt à assumer cette responsabilité et donc à vous dire quelle est ma conception de la présidence de la République, et ce qui justifie que je me présente aujourd’hui. Quelle est la plus grande mission que de présider la République française ?

Présider la République, c’est à cette fonction que je me suis préparé. J’en sais la grandeur, la dureté. Je veux le faire en étant digne de votre confiance et en restant fidèle à moi-même. Tout dans ma vie m’a préparé à cette échéance : mes engagements, mes responsabilités, mes réussites, mes épreuves. J’ai toujours suivi la ligne que je m’étais fixée.

Aujourd’hui commence ma campagne pour 2017. Aujourd’hui, je vous appelle, citoyens éclairés, peuple de gauche, lecteurs de ce blog, anciens étudiants, à me soutenir dans cette œuvre commune. Vive la République, et vive la France.

Fernand Bloch-Ladurie

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Proposition n°29 (Civisme): Créons une journée du rire contre les colonies

Lorsqu’il a annoncé son intention de mettre en place une filière de recrutement ZEP à Science-po, j’ai été l’un des premiers à saluer l’initiative du regretté Richard Descoings. Cependant, cette mesure, aussi généreuse et nécessaire qu’elle paraît, n’est en rien suffisante pour enrayer la crise d’identité que connait actuellement notre pays. De façon générale, toute mesure qui n’alliera pas le sérieux de la promotion sociale au rire porté sur soi-même et sur les blocages engendrés par nos « fâcheuses pernicieuses et pesantes appartenances » pour citer mon ami Dieudonné, ne portera pas tous les fruits nécessaires.

C’est récemment que j’ai acquis la conviction que c’était par le rire que notre identité française serait à nouveau ce qu’elle était du temps de Philippe Le Bel. Il y a deux semaines, un étudiant, dont le faciès m’indiquait qu’il avait bénéficié de la filière de recrutement ZEP, devait passer à l’oral devant moi sur la politique africaine de la France sous la cinquième République (sic !). A ma grande surprise, le début de son exposé n’était pas si mauvais que ça, mais l’étudiant était très stressé, et je décidai de détendre un peu l’atmosphère par des plaisanteries adaptées à la situation. Ainsi, alors qu’il parlait de Bokassa, je l’interrompais d’un « Vous l’avez bien connu, non ? », ou encore, au moment d’évoquer les réseaux Foccart, je lui faisais remarquer qu’ « [il était] peut-être dans l’un de ses fichiers secrets », etc., etc. Au moment où il entamait sa conclusion, qui commençait par : « Il serait faux de dire que l’Afrique n’a rien apporté à la France », je jugeai plaisant d’ajouter : « sauf le Sida. », une remarque qui le fit brutalement sortir de ses gonds.
Je sanctionnai sa colère par une très mauvaise note, mais décidais finalement de ne pas demander son renvoi en me disant qu’il n’était pas le seul responsable de ce manque d’humour. Notre société a entretenu une tension entre les communautés qui empêche la fin d’un conflit ouvert par les accords d’Evian accordant à l’Algérie son indépendance.

Nous proposons donc que soit instituée une journée du rire contre les colonies, au cours de laquelle les ressortissants des anciens pays de l’Empire arboreraient les vêtements traditionnels de leur pays et en caricatureraient les attitudes. Par mesure d’équité, et par esprit d’égalité, les hommes d’origines française seront obligés de porter des moustaches et des rouflaquettes, tout en se promenant en tenue coloniale et en maniant, au choix, la machette ou la cravache.

Par ce moyen, chacun pourrait renouer un rapport sain avec ses racines : les enfants d’immigrés n’auraient plus honte de leur origine, et les enfants des anciens colons (que nous sommes tous, hélas !) pourraient expurger leur inconscient de toutes les plaisanteries et méchancetés qui leur viennent à l’esprit quand ils ont affaire à des Français de l’immigration visible.

N’oublions pas que nous sommes TOUS les enfants de Molière, et que, selon son mot célèbre, c’est en riant que l’on corrige les mœurs (ridendo castigare mores).

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Proposition n°28 (santé): Pour recruter enfin de bons médecins, faisons-le à l’étranger

Les déserts médicaux sont, on le sait, l’une des plaies de notre système de santé, qui n’a jamais vraiment tranché entre le modèle libéral (médecine de ville) et la socialisation des soins (sécurité sociale). On découvre donc en 2012 des régions entières sinistrées, où il est impossible de se soigner sans parcourir plus de 100 km, alors que plusieurs centaines de gériâtres se concentrent sur la Côte d’Azur. On n’en finit plus, par ailleurs, de déplorer l’état lamentable de nos hôpitaux.

Pendant ce temps, des milliers de spécialistes sont formés chaque année en Afrique subsaharienne, dans le Maghreb et à la Réunion, bref, dans nos anciennes colonies, pour parler clair. Or, ils ne trouvent chez eux qu’une patientèle bien en-deçà de leurs compétences et de leurs aspirations : qui se ferait mettre une prothèse de genou au Cameroun ? On ampute à la machette, dans ces pays-là. Qui accepterait de payer une consultation d’ophtalmologiste 80€, à Tanger ? On paye encore son toubib en nature, là-bas.

Il y a là un déséquilibre manifeste, et facile à corriger. D’ores et déjà, on recrute dans nos hôpitaux des « FFI » africains – non pas des résistants, mais des « faisant fonction d’internes ». Que ne pousse-t-on cette logique un peu plus loin, en instaurant une totale liberté de circulation des médecins entre nos deux continents ? Mieux encore, que n’envoie-t-on les moins habiles de nos chirurgiens réparer à la va-vite les lépreux du tiers-monde, en les échangeant contre les plus compétents de leurs praticiens ?

On me dira que c’est déjà le cas : de même que nos églises recrutent leurs prêtres en Afrique (où les séminaires ne sont pas désertés, à l’inverse de l’Europe, où l’acharnement aveugle du Vatican contre la pédophilie a fait tant de dégâts), de même nos hôpitaux font de plus en plus appel à des immigrés, qui coûtent moins cher, se plaignent moins, et triment dur sous la menace de l’expulsion. Il faut pourtant franchir une nouvelle étape, en instaurant des contrats de coopération avec des pays sous-développés, et des permis de travail temporaires pour les médecins français, qui pourraient d’un jour à l’autre y être envoyés en mission. Dès lors, nous pourrons commencer à repeupler nos campagnes et nos petites villes de médecins compétents et pleins d’entrain.

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Proposition n°27 (Nouvelles technologies): L’interfilet, un internet français

Google, Mountain View, USA. Apple, Cupertino, USA. Microsoft, Redmond, USA. Amazon, Seattle, USA. Lenovo, Pékin, Chine.

Parmi les plus grandes entreprises mondiales d’informatique et de nouvelles technologies, aucune française, beaucoup d’américaines, et quelques émergentes. Voilà le constat sans appel que tout un chacun peut dresser. Voilà ce que tout le monde peut noter dans sa vie quotidienne. Moi même, j’ai longtemps eu un ordinateur Goupil, puis un Bull ; aujourd’hui, j’écris ce post sur un ordinateur venu de Redmond. Moi-même, j’ai longtemps eu un portable SAGEM ; aujourd’hui, c’est sur un iphone que j’envoie mes sms à mes étudiantes.

Pourtant, une telle situation n’est pas une fatalité. La France a de nombreux atouts à faire valoir sur le marché des nouvelles technologies: des ingénieurs bien formés, une créativité à revendre, un marché intérieur conséquent. Mais c’est l’absence d’investissement d’Etat qui explique notre retard. Là où d’autres pays ont soutenu la création d’entreprise, la dernière présidence a préféré subventionner des industries désuètes, ou investir dans un crédit impôt recherche aux effets catastrophiques sur le vivre-ensemble.

Bien pire: certains restent arc-boutés sur des positions d’un autre siècle. Quand j’entends M. Bayrou demander la relocalisation de l’industrie française, j’applaudis ; mais quand j’apprends que c’est pour y relancer la fabrication de locomotives à vapeur et de tissus de soie, je dis « Halte là! »

Il est donc nécessaire que, dès 2012, le gouvernement français lance un plan pluriannuel d’investissement dans le secteur de l’internet. Mais il faut aller plus loin. Internet, son nom même l’indique, est possédé par des entreprises étrangères, américaines le plus souvent. Comment espérer donc réussir sur un terrain où les règles ont été fixées ailleurs? Je propose donc la création de l’Interfilet, un internet à la française réservé à nos concitoyens (ou aux résidents depuis plus de 5 ans), avec son corolaire, l’interdiction sur le territoire national de la consultation de sites étrangers. Ainsi, les entreprises et les talents français seront obligés de relocaliser et nous créerions des milliers d’emplois.

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Proposition n°26 (Economie): Pour relancer l’économie, remplaçons l’euro par le mondo

Depuis 2008, une terrible crise financière, qui s’est peu à peu étendue à toute l’économie réelle, touche la majorité des pays développés, et donc tout naturellement la France. Qu’on en juge : de 2007 à 2010, la dette française est passée de 64,2 à 82,3% du PIB et elle n’a pas arrêté, depuis, d’encore augmenter. Quant à la croissance, elle est restée totalement atone, à peine 1% par an, avec certaines périodes de dure récession.

Pourtant, cette crise économique resterait supportable, et ne coûterait à la France que quelques menus sacrifices, si elle n’était aggravée par un mal plus profond, parce que plus structurel : l’adoption de la monnaie unique, l’euro, en 2001. Cette monnaie est en effet, malgré la défense maladroite de quelques thuriféraires mal dégrossis, entachée d’un vice de forme depuis son origine : elle constitue un carcan intangible, qu’il n’est pas possible d’adapter aux difficiles réalités du monde moderne, toujours changeantes, toujours mobiles. Pensons un instant que les principes de cette monnaie ont été établis au traité de Maastricht, en 1992.

1992! il y a 20 ans! Un siècle à la vitesse où le monde évolue aujourd’hui. Pensez qu’en 1992, George Bush Père était président des Etats-Unis! En 1992, Yitzhak Rabin était encore en vie! En 1992, le CD n’avait pas encore remplacé la cassette audio! En 1992, Jordy était premier du top 50 avec « Dur dur d’être un bébé »! Et c’est dans de telles conditions, sous de tels auspices qu’on voulait créer une monnaie unique?

Car, depuis, s’est produit un changement fondamental : la mondialisation des échanges, le rétrécissement du monde, ainsi que Georges-Guy Lamotte l’avait annoncé dans son ouvrage de 1975 Le Collectisme. Vers un nouveau contrat social. Vouloir fonder l’économie à une échelle européenne était certes pertinent en 1992. En 2012, c’est complètement dépassé.

C’est pourquoi nous demandons que le nouveau président de la République française, quel qu’il soit, réunisse dès le lendemain de son élection ses principaux partenaires (Allemagne, Etats-Unis, Japon, Algérie) pour prendre la seule décision qui s’impose : l’abandon d’une monnaie européenne dépassée, et la création d’une nouvelle monnaie mondiale, qui aurait cours dans tous les pays du monde.

Cette monnaie mondiale, nous proposons de l’appeler le « mondo« . Grâce au mondo, le commerce ne sera plus entravé par de stupides barrières commerciales. Grâce au mondo, un salarié du Bangladesh sera enfin payé autant que son camarade du Luxembourg, mettant fin à l’une des plus grandes injustices de notre temps. Grâce au mondo, en somme, les dévaluations, les crises financières et la faim dans le monde seront enfin jugulées.

La mise en place d’une telle monnaie sera bien sûr un travail titanesque, qui ne pourra être mené que par la Banque Mondiale, et si et seulement si elle a à sa tête un authentique économiste, ayant une solide formation théorique mais aussi une connaissance de l’économie réelle, celle des vrais gens et de la vraie vie. De toute évidence, ce Kim Jong-il qui vient d’être nommé n’a pas le profil. En tant qu’ancien d’Andersen Consulting, et de Science po, je pense en revanche avoir toutes les qualités requises. Je suis donc candidat à ce poste.

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Proposition n°25 (culture): Un festival de Cannes intègre et moderne

En regardant quelques classiques en DVD, je repensai, dernièrement, à l’une de mes incursions dans le milieu du cinéma. C’était il y a quelques années, et déjà, j’en avais tiré une idée politique originale.

Katrina, starlette sculpturale venue d’un saugrenu pays de l’Est, m’avait donné, ce soir de juin 2007, son contact, alors que nous avions échangé quelques mots au bord de la piscine du Carlton. J’avais rendez-vous le lendemain avec elle pour lui ouvrir mon important carnet d’adresses et lui montrer la superbe vue sur la baie de Cannes depuis ma chambre du Martinez.

Sirotant un café au comptoir à 6 euros dans un modeste troquet de la Croisette, je me laissais aller à affiner certaines de mes réflexions collectistes alors que j’attendais la nymphette.

Etonnant, ce festival du cinéma de Cannes, où j’ai mes habitudes depuis des années : apéro avec Jean-Pierre Mocky, pétanque avec Robert Guédiguian, sardinade avec Jeanne Moreau, etc. Du beau monde que j’ai rencontré lors d’une projection de l’épatant Un éléphant, ça trompe énormément organisée par Georges-Guy Lamotte il y a quelques années. Si vous aviez vu Mocky ce soir-là !

Etonnant, donc, ce festival, qui met en avant d’obscurs films tournés dans d’absurdes langues austronésiennes, ouralo-altaïques, ou encore anglo-saxonnes, que seuls quelques professeurs des Langues O’ maîtrisent encore, et dont ils dispensent les cours devant quelques retraités.

Etonnant, ce festival qui s’évertue à laisser à la rue, au bas du tapis rouge, sans la possibilité de voir le moindre film, les authentiques cinéphiles qui guettent leurs héros sur de petits escabeaux pour les prendre en photo sous un soleil de plomb.

Et que dire alors de l’outrageant népotisme qui règne sur ce bout de Côte d’Azur, notamment dans le choix du Président du jury et de ses jurés ? Oui, Monsieur Gilles Jacob, c’est à vous que ces lignes s’adressent ! Car qui connaît (encore) ces acteurs et réalisateurs de seconde zone que sont Isabelle Huppert, Martin Scorsese ou Wong Kar-Wai, sinon vous et votre clique ?

Comment ne pas être offusqué par le choix des films en sélection ? Oui, Monsieur Thierry Frémaux, c’est à vous que ces lignes sont destinées ! Comment avez-vous osé sélectionner (et primer) des films comme La Dolce Vita, Apocalypse Now, ou encore Underground, et oublier (j’irais jusqu’à dire mépriser) des oeuvres telles que le troublant Mystère de la chambre jaune, le délicat La Passion du Christ, ou encore le visionnaire Sucker Punch ?

Aussi, par trop corrompu, le Festival de Cannes se doit d’être réformé en profondeur au plus vite.

En premier lieu, il doit se doter d’un jury indépendant réduit à sa portion congrue. Un juré unique – par conséquent président du jury – dont les intérêts et les amitiés seraient éloignées de ce monde dont la boussole est aujourd’hui plus souvent tournée vers le décolleté d’une Sophie Marceau que vers la justesse et la pertinence des propos d’un Lars von Trier.

En second lieu, toutes les projections se doivent d’être systématiquement ouvertes au public, qui pourra ainsi monter les marches en tongues en rentrant de la plage.

Enfin, dans un grand mouvement de soutien à la culture populaire, l’Etat se doit de prendre en charge les frais d’hôtel et de bouche des festivaliers. Une nouvelle taxe sur le prix des places de cinéma ou le pop-corn pourrait être la solution pour débloquer ces sommes.

Aussi, je demande au futur Président de la République de désigner dès 2013, et ce pour une durée de dix ans renouvelables, l’unique juré du festival.

Je propose par ailleurs que ce juré soit également automatiquement désigné président du Festival, et en soit son administrateur, afin d’y gagner en transparence et efficacité.

Vous aurez compris que mon statut d’intellectuel et chercheur intègre, impartial et indépendant me pousse à me porter candidat à ce triple poste de juré-président-administrateur.

Ce jour-là, j’aurais aimé accueillir Katrina en rendant hommage à l’une de nos icônes nationales, la grande résistante Arletty, en lui rappelant que Cannes « est tout petit pour ceux qui s’aiment d’un aussi grand amour ».

Mais Katrina ne vint jamais à notre rendez-vous.

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Proposition n°24 (éducation): Pour la création d’un Diplôme Semi-Professionnel d’Enseignant

Lors de son meeting de Vincennes, François Hollande a redit sa volonté de résoudre le problème du manque de personnel dans le secondaire en y créant 60000 postes. Cependant, il n’est pas sûr que, sans une prise en compte plus sérieuse des questions en présence, cette annonce soit suivie d’effets.

Le leader du Parti Socialiste semble en effet oublier que cette mesure coûtera beaucoup d’argent (sans doute plusieurs millions d’euros). Il semble oublier également que les professeurs du secondaire, routiniers et jaloux de leurs privilèges, verront sans doute d’un mauvais œil l’arrivée de nouveaux « collègues » susceptibles de les priver d’heures supplémentaires et donc de revenus.

Dans ces conditions, on imagine mal comment les mesures qui se profilent pourraient jamais voir le jour. En effet, pour s’y opposer, et avec les beaux jours qui s’annoncent, les enseignants auront sans doute à cœur de multiplier les grèves et les manifestations en tous genres. En un mot, le candidat socialiste a surestimé les vertus d’un corps professionnel dont la principale motivation est, le plus souvent, la quantité de vacances…

Il y a pourtant, dans nos lycées, des gens qui veulent que les choses changent : les élèves. Contrairement à leurs professeurs, ils sont, en effet, vraiment soucieux de leur avenir. Ce souci de l’avenir, cette volonté de se dépasser, vaut plus d’un CAPES ou d’une agrégation, concours mal formatés où ne réussissent que les étudiants les plus dociles et les plus adaptés à leur future vie de fonctionnaires.

Aussi nous proposons une mesure qui saura allier la mise à profit cette belle énergie lycéenne et le respect de contraintes budgétaires de plus en plus lourdes : nous demandons que soit créé un Diplôme Semi-Professionnel d’Enseignant, auquel pourraient concourir les meilleurs élèves de terminale. Ce DSPE autoriserait ces élèves à faire cours dans une matière en collège, pour un salaire correspondant à un pourcentage du SMIC calculé en fonction de leur classement à l’examen d’obtention du diplôme.

Nous avons précisé que ce concours serait réservé aux meilleurs élèves. Ceux-ci auraient en effet passé dès la seconde un premier examen de sélection (Diplôme d’Aptitude Générale) ouvrant droit à un second volet de tri dans une matière donnée (exemple : Diplôme d’Aptitude Spéciale à la Physique) avant de pouvoir concourir au DSPE. Ils bénéficieraient, pour pouvoir assurer leur service au collège (qui ne devrait de toute façon jamais excéder un mi-temps, soit 9 heures hebdomadaires), d’un allègement de cours décidé par le conseil de classe de premier trimestre.

Par une telle mesure, le secondaire retrouverait une partie de son dynamisme : les élèves de terminale trouveraient là une première expérience professionnelle (sans que le coût de leur service soit exorbitant), les professeurs titulaires verraient leurs classes allégées, et les collégiens reprendraient plaisir à apprendre, au contact de professeurs jeunes (nous proposons de les appeler ainsi) qui, eux, seraient réellement motivés par leur métier.

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