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Jihadistes français : la faute aux 35 heures

Michael Dos Santos   Abou UthmanOn ne compte plus les jeunes Français qui s’engagent aux côtés de « l’Etat islamique », pour mener là-bas une guerre barbare et incompréhensible, égorger des « infidèles », et retrouver l’esprit de camaraderie virile qui manque à toutes ces têtes brûlées en mal d’aventures guerrières. On ne peut que se désoler de ce triste spectacle : la jeunesse de France est désormais prête à basculer dans l’islam radical pour un oui ou pour un non.

Il y a pourtant une raison simple à cet engagement fanatique, qui n’a rien à voir avec l’islam. Mettons-nous un instant dans la peau d’un jeune homme de 18 ans, peu qualifié et habitant une région reculée. Quelles perspectives professionnelles l’avenir lui offre-t-il ? Le marché du travail français est très peu accueillant pour les jeunes : on leur préfère toujours des salariés ayant fait leurs preuves et accumulé de l’expérience. Les chefs d’entreprise renoncent facilement à embaucher, en raison de l’extrême rigidité de la législation sur le travail. Et surtout, la limitation de la durée hebdomadaire à 35 heures a renchéri le coût du travail, accentué les réticences des entrepreneurs à embaucher, et desservi les plus jeunes.

Même le plus borné de mes lecteurs comprendra donc qu’il y a un lien évident entre les 35 heures (et plus généralement, le manque de flexibilité du travail en France) et l’engagement désespéré de ces jeunes gens dans une cause à laquelle ils n’adhèrent sans doute que par opportunisme, faute de mieux, le temps de s’occuper avant de revenir chercher un emploi stable. Naturellement, les efforts de l’exécutif en faveur de l’allègement des charges des entreprises devraient bientôt produire leurs premiers effets, et on observera sans doute une décrue du stock de jihadistes potentiels. Mais il faudra sans doute aller nettement plus loin, pour que les opportunités nouvelles offertes à la jeunesse de France achèvent de décourager les départs pour la Syrie.

Mes propositions sont donc simples. Pour le dire d’un mot : l’élasticité-charges sociales de l’offre de jihadistes français est faible. Il faut donc : 1) supprimer (ou du moins assouplir) les 35 heures, ce qui diminuera le chômage et donc le nombre de candidats potentiels au départ en Syrie ; et 2) diminuer les charges, pour renforcer la compétitivité de la France sur le marché du jihad mondial, et ainsi espérer le retour de ces jeunes exilés dans notre beau pays, où il pourront enfin exercer leur métier.

Voilà donc une nouvelle raison d’encourager les efforts en faveur des entreprises ; et, en attendant, de se méfier des jihadistes de contrebande qui pullulent un peu partout.

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Le mariage pour chacun

Est-ce là un modèle à imiter ?Nicolas Sarkozy s’est prononcé ce week-end en faveur de l’abrogation de la loi Taubira, avec un argument massue face aux militants qui l’interpelaient : « Enfin, si ça vous fait plaisir, franchement, ça coûte pas très cher ». Détaillant cette mesure improvisée, il a avancé une idée mal comprise, apparemment, du commentariat à courte vue, mais qui me semble prometteuse : mettre en place un mariage homosexuel, distinct du mariage hétérosexuel, au lieu de les confondre dans le même ensemble.

D’aucuns feront remarquer qu’il y a là l’équivalent d’un retour au Pacs, à peu de choses près. Mais ce n’est pas l’essentiel. Il faut envisager, au contraire, d’aller plus loin dans cette direction. Juridiquement, rien ne s’oppose (à ma connaissance) à ce que l’on distingue un « mariage catholique » d’un « mariage protestant », par exemple. Il suffirait de remplacer les articles du Code lus par Monsieur le maire (ou son représentant) : une référence au péché originel, à la chasteté ou au salut éternel serait la bienvenue, dans ce cas. On y ajouterait un serment sur la Bible, et le crucifix remplacerait Marianne, l’espace de quelques heures.

Et pourquoi pas un « mariage noir » ?1 Rien de plus simple : l’adjoint au maire serait habillé en boubou, et on diffuserait du zouk lors de la célébration. Quelques mots sur l’abolition de l’esclavage, en préambule, et la lecture de deux ou trois articles du Code pénal à propos de la législation sur l’immigration, complèteraient le tableau.

On peut envisager bien d’autres formes de mariage spécifiques, adaptées aux particularités de chaque situation, depuis le mariage de plombiers jusqu’au mariage bas-breton, en passant par le mariage de raison ou le mariage à trois. L’idée de « mariage pour tous » est illusoire, comme je l’ai déjà montré. Chacun son union : cela vaut bien mieux, pour rassembler enfin les Français.

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Pariez sur la Coupe du monde à 100% de réussite avec mon calculateur collectiste

article_paulDepuis quelques jours, la coupe du monde au Brésil est lancée, malgré les protestations ridicules de quelques grincheux. Comme vous le savez, je suis moi-même un grand amateur de ballon rond, et je compte bien passer plusieurs heures par jour devant mon abonnement beinsport (12 euros par mois sans engagement). J’avoue également une certaine passion pour les jeux d’argent. Or, au moment où j’ai voulu envoyer mon pari à une célèbre entreprise française, je me suis rendu compte que mon oracle, mon guide, Paul le Poulpe, était décédé en 2010.

Comment choisir? La réponse était pourtant simple. Il suffisait d’appliquer les principes collectistes ayant déjà fait leur preuve en économie pour déterminer, avec une certitude proche des 100%, les résultats des matchs. Mu par l’esprit de partage qui est le mieux, je mets libéralement à votre disposition cette formule ridiculement simple, mais ô combien révolutionnaire.

Pour connaître le vainqueur d’un match de la coupe du monde, il faut en effet calculer le FIFA/FBL factor®™. Voilà comment:

– Prenez le chiffre du PIB par habitant en dollars (données actualisées 2010 minimum, c’est à dire depuis la dernière coupe du monde). Cela représente la capacité d’investissement du pays dans le coût important d’une coupe du monde (conditions d’entrainement de l’équipe, primes de match, cadeaux aux arbitres, enveloppes à la FIFA)

hollande et moi– Divisez le par l’âge de la femme du président de la république local (ou son équivalent). Car il est prouvé que plus elle est jeune (et séduisante), plus le pays peut gagner. En effet, motivés par la vue d’une belle jeune femme en tribune, les joueurs de football auront un surcroît de motivation. D’ailleurs, je ne vois pas d’autre explication que celle là au remplacement de Valérie Trierweiler (49 ans) par Julie Gayet (42 ans) : notre président est un authentique fan de football.

– Multipliez le tout par le nombre de participations à la coupe du monde. L’expérience est un facteur fondamental.

– Divisez le total par le coefficient régional, soit:
10 pour l’Europe
25 pour l’Amérique du Nord
5 pour l’Amérique du Sud et centrale
8 pour l’Afrique
30 pour l’Asie

Une fois ceci fait, il suffit de comparer les résultats des deux équipes pour savoir laquelle va gagner.

Vous en doutez? Voilà ce que cela donnait pour le match d’ouverture.

Le Brésil a un PIB/hab. de 10816 ; sa présidente est Dilma Roussef (une femme, ce qui est étonnant, prenons donc son âge plutôt que celui de son mari) qui a 66 ans. Ils ont participé 19 fois à la coupe du monde. On obtient donc un FIFA/FBL factor®™pour le Brésil de = 10 816/66 x 19 /5 = 622
La Croatie a un PIB/hab. de 13720 ; la femme de son premier ministre Zoran Milanović, Sanja Musić, a 46 ans (information difficile à trouver pour qui ne fréquente pas la haute société comme moi, je vous l’accorde) On obtient donc un FIFA/FBL factor®™ pour la Croatie de = 13720/46 x 4 / 10 =119

Le rapport est évident : le Brésil ne pouvait pas perdre.

benzema-promet-un-but-avant-2023-avec-les-bleus-iconsport_por_091013_01_07,67261Maintenant, à quelques heures du début du premier match de l’équipe de France, vous pouvez être rassurés: le calcul annonce sans hésitation une victoire de la France:

France = 41 018/42 (j’ai mis Julie Gayet, même si François ne m’a pas mis au courant de ses dernières conquêtes) x 14 / 10 = 1367
Honduras = 2015/44 (Ana Garcia de Hernandez) x 3/5 = 27

Large victoire en prévision, donc!

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Béziers : l’échec.

afer-beziersTout avait pourtant bien commencé. Accueilli avec les égards dus à mon rang, dans une ville désertée par les intellectuels, j’avais débuté samedi 7 une mission de conseil auprès du nouveau maire de Béziers, Robert Ménard, homme de bonne volonté (pensé-je) injustement décrié pour ses premières décisions iconoclastes. Nous commençâmes par quelques verres dans un café en compagnie de ses plus proches collaborateurs : Philippe Santini, gardien de la paix retraité et président du club de tir « Petit Clamart », et Marcelle Sanchez, miss Roussillon 1972, figure de proue de la vie associative locale (fondatrice des collectifs « Commerçants Biterrois en Colère », « Béziers propre », « Dehors les Arabes »). Malgré l’enthousiasme bruyant des clients du bar, contents de voir leur maire, sans doute, mais plus encore, de rencontrer un professeur à Sciences-Po, j’insistai pour que la discussion s’engage sur des propositions politiques concrètes : interdiction de se moucher dans la rue, interdiction du port de la casquette à l’envers, etc.

Mes interlocuteurs, hélas, se montraient plus intéressés par leurs consommations que par mes propos. Seul Kevin Brunerie, le très jeune chef de la police municipale, m’accordait une attention soutenue, insistant à plusieurs reprises pour connaître l’origine de ma famille et de mon patronyme. Fatigué de cette atmosphère de plus en plus avinée et agitée, je demandai à Robert Ménard de me faire visiter la ville, pour mieux percevoir les problèmes d’ordre public et de voirie, notamment. Plusieurs personnes suggérèrent que l’on commence par « le campement des gitans », dans les faubourgs de la ville, où quelques caravanes miteuses déclenchèrent les quolibets de mes hôtes. Je fis alors remarquer que même le centre de ville de Béziers était sale et malodorant, peuplé d’individus désoeuvrés aux mines patibulaires. Silence glacial. J’en profitai pour suggérer une mesure innovante pour endiguer le chômage local : rétablir la corvée, notamment chez les jeunes gens ayant quitté le système scolaire, et faire d’une pierre deux coups, en lançant une politique de grands travaux grâce à cette main d’oeuvre gratuite : assèchement des marais pour lutter contre le paludisme, construction d’un aéroport international, alphabétisation de la population. Ces propositions frappées au coin du bon sens ne reçurent qu’une approbation polie de la part de l’équipe municipale, dont les deux tiers nous avaient quitté en chemin pour continuer à s’arsouiller dans quelque tripot.

Dans l’après-midi, je me rendis à l’hôtel de ville en compagnie de M. Ménard. Après quelques minutes de conversation – j’essayai- de lui expliquer les mérites du collectisme appliqué en requérant à la parabole, bien connue des lecteurs de Lamotte, de la « GGL attitude » -, je me permis de lui demander où était mon bureau. Quelle ne fut pas ma surprise en constatant que rien n’avait été fait pour accueillir correctement ma mission : pas de bureau, ni d’assistante, pas même une machine à café ! Mettant cette bévue sur le compte de l’inexpérience de mon interlocuteur, plus habitué aux plateaux de télévision qu’à la gestion du bien public, comme je le lui fis remarquer, je pris congé sans plus attendre et me dirigeai vers ma chambre d’hôtel. Mes lecteurs ignorent pour la plupart les difficultés de la vie en province. Trouver une chambre d’hôtel convenable est quasiment impossible en-dehors de Paris, Nice et Saint-Tropez. Mais tout de même : des cafards ! Après avoir sermonné comme il se devait le gérant de l’hôtel, je mis le cap sur le « Quick Sleep » de la Z.A. Sud, où je passai une nuit affreuse.

C’est donc dans un état d’esprit un peu nerveux que je me rendis le lendemain matin à une réunion de travail prévue la veille, avec les principaux acteurs économiques de Béziers. Ces derniers ne parurent pas immédiatement convaincus par mes nouvelles propositions politiques – dépénalisation de toutes les drogues, dont le trafic pullule dans ce coin de France, ou encore introduction d’une variété locale de quenelle en guise de signe de ralliement face à l’adversité du « système ». Pire encore, ils exprimèrent franchement leurs doutes quand je lançai l’idée d’un mouvement social de commerçants, « les bonnets blancs », pour protester contre les charges sociales et l’inaction des politiques.

Au terme de trois heures de dialogue musclé, mais constructif, à mes yeux du moins, nous fûmes interrompus par l’irruption des services de la police municipale, qui exigèrent que « les parisiens » soient renvoyés chez eux, et tabassèrent au passage M. Benguigui, PDG d’une entreprise locale. Voyant que les mentalités biterroises restaient incapables d’évoluer, aveuglément attachées à leurs préjugés, je résolus de lever le camp, bien aidé par la « section jeunesse » de la police municipale qui me chassa de la salle à coups de matraque.

J’ai un goût amer dans la bouche en évoquant ce demi-échec, qui témoigne de l’incapacité foncière des gens du Sud à gérer correctement une ville. Voilà pourtant une équipe municipale qui paraissait prometteuse. Mais il faut se rendre à l’évidence : les biterrois ne sont pas entrés dans l’histoire. Peut-être même en sont-ils sortis.

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Conseils pour l’élection européenne 3. L’Europe de Marrakech à Istanbul

affiche-horizontaleTroisième et dernier parti méconnu de mon tour d’horizon des élections européennes, le mouvement nommé « L’Europe de Marrakech à Istanbul », mené par le squatteur professionnel Gaspard Delanoe -dont on m’assure qu’il n’a aucun lien avec l’ancien maire de Paris, ce dont je doute fort quand je vois le HLM rue de Rivoli qu’il a pu occuper pendant des années.

Le slogan pourrait étonner : « Oui au Maroc, non à la Suisse ». Comme si le gruyère et le chocolat étaient moins européens que le loukoum et le couscous! Mais, à bien y réfléchir, cette liste qui pourrait sembler ésotérique a de nombreux arguments à faire valoir:

marocain-cannabis– Une conception internationaliste du monde contemporain. En effet, si pour se rendre aujourd’hui en Sicile ou en Grèce, une simple carte d’identité suffit, il faut encore, pour aller passer quelque temps en Afrique du Nord, se munir d’un passeport et passer à travers de pénibles formalités. Une intégration européenne large, jusqu’au Maroc, permettrait ainsi aux décideurs français de se rendre sans peine dans leur lieu de villégiature, pour y réfléchir sur le monde et y trouver les bonnes solutions aux petits problèmes qui agitent le quotidien du pays (chômage, racisme etc.)

– un candidat rassembleur. Gasapard Delanoe s’est présenté aux présidentielles, aux municipales et à d’autres élections que j’oublie sans doute, chaque fois avec un parti différent. Cela montre sa liberté de pensée et sa souplesse conceptuelle, indispensable pour faire carrière dans le monde difficile de la politique européenne : il a ainsi défendu successivement le Parti faire un Tour (le Pfff!), le Shadow Cabinet ou encore d’autres causes plus ou moins perdues.

1024px-Gaspard_Delanoe_&_son_gournement_©_2011_Nathalie_SerouxBien sûr, on ne peut nier certaines limites à ce parti. En particulier, son côté très parisien le coupe des réalités de la vraie France, celle des bars-tabacs et des parties de pèche. Mais je crois qu’il faut tout de même l’encourager, car il pourrait efficacement s’allier avec le Parti Cannabis sans frontières et former une force nouvelle au parlement : les liens sont en effet naturels et évidents entre les fumeurs de joints et les producteurs du Maroc, entre la volonté de libéraliser les drogues et le slogan de 2009 « Non à l’Europe forteresse, oui à l’Europe narguilé ! ». Qu’on le veuille ou non, une Europe nouvelle est bien en marche.

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Marcela Iacub : « J’aime Minute ! » (Libération, 31 novembre 2013)

A la suite d’une chronique qui a fait grand bruit (« J’aime Finkielkraut ! », Libération, 8 novembre 2013), Marcela Iacub a décidé d’enfoncer le clou. Ce texte paraîtra bientôt dans sa chronique habituelle mais, en raison des liens d’amitié qui nous unissent, elle m’a autorisé à le publier en avant-première sur mon blogue.

marcela_iacubUne certaine bien-pensance d’origine victorienne nous rend incapables de vivre les élans animaux et cruels du dionysisme. Notre animalité ne fait plus désormais partie que du domaine de l’insulte. Pourtant, j’aime être une truie dans le regard de certains hommes et, si j’étais Taubira, je serais heureuse d’être une guenon.

Depuis mon enfance à Buenos Aires, je suis consciente de la méchanceté des racistes, de leur haine inextinguible, qui s’exprime dans l’animalisation de l’Autre. Ils ne font que reprendre à leur compte un discours d’origine biblique, qui, en créant un fossé infranchissable entre l’homme et l’animal, a créé les conditions d’un avilissement de l’être humain par son assimilation au dominé, au calomnié, à l’asservi –à l’animal. Je sais aussi ce qu’est Minute, ce que sont ses combats, ses valeurs, ses lecteurs, très éloignés de moi. Pourtant, je n’hésite pas à dire que Minute vient de poser un geste heuristique de la plus haute importance, un geste révolutionnaire qui illuminera les générations futures.

Dans son dernier numéro, Minute a fait sa couverture sur Christiane Taubira, en accompagnant une photographie de la ministre de la légende suivante : « maligne comme un singe, Taubira retrouve la banane ». Le scandale a été considérable, politiques, journalistes et intellectuels y allant tous de leur couplet pour défendre la ministre. Tous les partis, même le Front National, ont condamné ce qu’ils ont jugé être un inadmissible accès de racisme. On pourrait penser que cette unanimité, si rare en France en ce moment, est en soi rassurante. Mais ce serait aller bien vite en besogne et je ne pense pas du tout que ces cris d’orfraies soient véritablement progressistes. J’y vois au contraire l’expression du conservatisme de droite et du puritanisme de gauche, qui me semblent expliquer pourquoi la France est si peu queer.

Sur le plateau de France2, Christiane Taubira s’est plainte d’être rejetée par les racistes hors de la famille humaine. Mais ne sommes-nous pas rejeté-e-s tous les jours hors de la famille animale ? L’immense mérite de Minute est d’avoir ouvert une brèche dans le mur de notre exclusivisme judéo-chrétien, d’avoir recréé des correspondances –et même, pourquoi le nier, d’avoir souligné que la rayonnante beauté de Taubira est d’une essence profondément animale. Or soyons honnêtes, tout notre imaginaire érotique est animal. Prendre en levrette, lécher la chatte, le minou, la minette, le hérisson, la marmotte, combiner la pine et le lapin, montrer son dard, son anguille, son serpent, faire la bête à deux dos, être un étalon, une chienne, un cochon, une truie, une jument, un lion superbe et généreux, bique et bouc, rien qu’en français, la liste est infinie. Et je ne parle pas de l’arsenal sado-masochiste, avec sa passion du cuir, ses muselières, ses licols, ses harnais, ses laisses, ses cravaches, ses fouets, ses butt-plugs caudaux. La figure la plus profondément inscrite au cœur de la sexualité humaine est sans doute celle du cheval que l’on peut monter, mais qui peut aussi vous saillir. Comme je l’ai rappelé dans mon dernier rapport d’activité au CNRS, j’aime que mes amants se mettent devant moi à quatre pattes et je passe des heures à les chevaucher avant de les laisser jouir au plus profond de mon intimité. Il me semble du reste que cette acceptation de l’animalité est aussi une condition du rapprochement des sexes et des sexualités : qui n’a pas rêvé, homme ou femme, de se faire tringler par un equuseroticus ? qui n’a pas rêvé, homme ou femme, d’être soi-même un equuseroticus ? Nous crevons de ne pas être des animaux. Nous ne ressusciterons qu’en assumant notre animalité. Et si une publication d’extrême droite nous permet de progresser sur cette voie, je me dois de l’encenser, contre vents et marées. Oui, j’aime Minute.

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Réélection d’Angela Merkel : un vote alimentaire ?

angieLes résultats des élections allemandes ne m’ont pas surpris : comme d’habitude, j’avais été l’un des seuls à entrevoir le succès grandissant de la chancelière Merkel, et à prédire son score final à une décimale près. Je n’ai pas le temps d’analyser en détail le « gross malheur » (selon le titre de Libération) qui a failli donner une majorité absolue au Bundestag à Mme Merkel. Je me contenterai donc de deux observations rapides.

Premier constat : les électeurs allemands ont durement sanctionné le FDP, parti prétendument « libéral » dont l’acronyme est une insulte odieuse, que je n’ose traduire ici. Mes lecteurs les plus perspicaces feront remarquer que « fils de pute » n’est guère choquant qu’en français, et non en allemand. Cependant le sentiment francophile, très vif outre-Rhin depuis la poignée de main Kohl-Mitterrand, interdit de faire l’impasse sur cette hypothèse. On n’injurie pas en vain ses électeurs, fût-ce dans une langue étrangère.

Deuxième constat : la carte des résultats de la CDU-CSU (en noir sur cette illustration) recoupe très exactement celle du marché de lawahlkreise-grafik-DW-Politik-Singapore mettwurst (saucisse à tartiner), alors que les meilleurs résultats du SPD se trouvent dans les länder où l’on consomme le plus de salami. Une fois de plus (repensons au putsch de la brasserie), la politique allemande est donc dictée par l’appétit des électeurs, qui ne voient, pour ainsi dire, pas plus loin que le bout de leur saucisse. Merci, au passage, à l’étudiant qui m’a fait remarquer cette troublante corrélation – de plus amples développements sont à paraître dans Dylan Bouvet, « Le politique à l’épreuve de la currywurst : trajectoires culinaires et charcutage électoral dans l’Allemagne contemporaine », Actuel Marx, 2015.

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