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Il faut retirer la nationalité française aux électeurs du Front National

carte_france_resultats_0Les résultats du premier tour des élections régionales, et ceux qui s’annoncent pour le second, ont été un choc pour beaucoup d’observateurs de la vie politique française. Pas pour moi: cela fait des années que je mets en garde les politiques contre la dérive de l’électorat, que j’indique en vain les mesures à prendre pour redresser la barre et ramener notre pays dans le chemin de la croissance et de l’épanouissement.

Néanmoins, il est désormais trop tard pour se contenter de mesurettes. Car ce n’est plus l’économie ou le vivre ensemble qui sont aujourd’hui menacées : c’est la République, la démocratie elle-même qui risque de sombrer au détour d’un vote sanction en faveur du Front National.

Les Français ne l’ont, je crois, pas encore bien compris. Faut-il donc attendre qu’ils en prennent conscience, au risque de voir sombrer nos valeurs issues des luttes du passé? Je ne le crois pas. C’est pourquoi je propose que soit décidée immédiatement la déchéance de nationalité pour les électeurs frontistes. De même que les djihadistes menacent notre société et la possibilité de faire des 5 à 7 au café, de même les électeurs du front menacent l’état de droit. Or, à maux similaires, remèdes similaires.

Un djihadiste bretonOn me rétorquera qu’une telle mesure soulève quelques difficultés pratiques: voilà encore bien l’esprit chicaneur des politicards et autres pense-froid incapables de sauver notre nation! J’en évoquerai donc deux, avec les réponses simples que j’y apporte, pour montrer que ma mesure est aisée à mettre en œuvre

1. Sur la question de savoir comment savoir qui vote quoi, il faudrait effectivement revenir sur la règle absurde qui rend le vote secret. Car que nous apporte, finalement, une telle décision? Tout le monde affiche ses convictions sur facebook, dans les pages des journaux, au café du coin : le secret, à l’heure d’internet, n’a plus guère de sens.

2. Certains pourraient craindre un problème d’inconstitutionnalité, du fait qu’il est impossible de créer des apatrides et donc de retirer la nationalité à quelqu’un qui n’en aurait pas d’autre. Qu’à cela ne tienne! Il suffira de leur donner une nationalité de substitution, ne donnant pas accès au droit de vote mais accordant tout de même certains avantages (possibilité de regarder TF1, de suivre mes cours à science po, etc.). Cette nationalité de substitution pourrait suivre un découpage régional basique (Nordistes, Sudistes, Estistes, Ouestistes) ou plus fin (Alsaciens, Corses, Bretons, Mangeurs de foie gras, Ventres-mous), ou encore être organisée selon des catégories plus subjectives, qui du reste se confondraient grandement avec le classement régional fin (Germains, Terroristes, Bouffeurs de crèpes, Rugbymen, Péquenots, etc.)

Je pense qu’un pays dans lequel seule la sanior pars (comme disent les Anciens) aurait la nationalité, et donc le droit de vote, serait bien mieux géré. Malheureusement, je crains que les politiques, au logiciel dépassé, n’osent franchir le pas.

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Pour dépasser l’état d’urgence: l’état d’esprit

Il y a quelques années, j’avais proposé aux hommes politiques qui nous gouvernent une solution simple pour mettre fin aux attentats qui endeuillent régulièrement la France: un moratoire sur le terrorisme. À l’époque, je n’avais pas été entendu. Certains, même, avaient cru spirituel de se moquer de ma proposition. Aujourd’hui, quelques jours après les massacres, on comprend enfin son intérêt – mais un peu tard, reconnaissons-le.

XVMf89b5ee8-8c7e-11e5-b3ea-85458003f3c5Faut-il, donc, l’adopter maintenant? Cela n’est plus, je crois, suffisant. En effet, les derniers événements ont créé une situation inédite dans notre pays. En réponse, l’assemblée nationale a voté l’état d’urgence pour trois mois. Je ne peux qu’approuver une telle mesure, qui permettra de mettre fin aux attentats de la manière la plus certaine. Mais je m’interroge: que se passera-t-il après ces trois mois? Retirera-t-on leurs armes aux policiers, qui n’auront dès lors plus que leurs techniques pieds-poings pour se défendre ? Rendra-t-on la nationalité aux personnes déchues ?

Non, à l’évidence, cet état d’urgence de trois mois n’est qu’une solution temporaire. On ne peut guère le prolonger: car quel sens aurait alors le mot « urgence », si l’état était permanent? Comment lutter en profondeur contre les racines d’un mal désormais bien installé dans le pays?

Pour cela, je propose de créer un nouveau statut, qui pourra prendre la suite de l’état d’urgence : l’état d’esprit®. En effet, beaucoup trop de jeunes de notre pays se transforment en djihadistes (ou, s’ils sont moins violents, viennent perturber mes cours par leur bavardage) par simple manque d’intelligence, par manque d’esprit. Car qui préfèrerait mourir plutôt que vivre? Qui préfèrerait être méchant plutôt que gentil?

etat d'urgenceLe principe de l’état d’esprit® est donc simple : travailler en profondeur les causes du terrorisme, sans se limiter à en traiter les effets. Il se limiterait à quelques mesures de bon sens:

  • Déradicalisation des jeunes djihadistes par la création d’une chaine de télévision djihad-free entièrement dédiée à eux (et qui serait retransmise en même temps sur youtube, pour pouvoir toucher ceux partis en Syrie),et diffusant des messages apaisants et rationnels: dessins animés pour enfants, documentaires éducatifs, interview de BHL, conférences assurées par mes soins. Le visionnage obligatoire de cette télévision 12h par jour en ramènerait, je le crois, beaucoup dans le droit chemin.
  • Création d’une Structure de Vérification de l’Internet ayant pour but non de supprimer les sites djihadistes (cela ne sert à rien, ils sont recréés ailleurs dans la seconde) mais plutôt de les corriger en modifiant les parties les plus gênantes. De ce fait, des djihadistes, croyant lire la prose autorisée de Daesh, seraient subtilement amenés à s’en éloigner.
    Ainsi, des phrases comme « Il faut fuir tous les mécréants! » ou « Soumission au calife! » pourraient être remplacées par « il faut suivre tous les météores » (pour susciter l’intérêt pour l’astronomie) et « Souscrivons à la CAMIF! » (pour susciter les vocations d’enseignants).
  • Enfin, il faudrait imposer l’usage de la langue française de manière obligatoire sur l’ensemble des territoires touchés par le terrorisme, et notamment la Syrie. En effet, l’un des problèmes du terrorisme est que, souvent, les conversations tenues entre les djihadistes ne sont pas faites dans la langue de Molière, ce qui ne facilite pas du tout le travail des services de renseignement. Du reste, plusieurs des terroristes n’étaient-ils pas belges? Si le français était partout pratiqué, il deviendrait beaucoup plus facile de repérer et d’appréhender les dangers.

Cet état d’esprit® pourrait durer sans limite de temps ; mais je crois qu’après quelques années d’un tel traitement, nous pourrons enfin revenir aux terrasses des cafés en se rappelant de la triste période actuelle comme d’un mauvais rêve

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Les 12 moments forts de 2015

tech_trends_2015L’année 2014 touche à sa fin, et avec elle, un cortège de mauvaises nouvelles, depuis l’augmentation du chômage jusqu’à la traduction en suisse allemand du livre de Valérie Trierweiler, Merci Vilmol für dieses Moment. Fort heureusement, 2015 sera très différente, et pleine de surprises. Comment puis-je en être sûr ? Eh bien, disons que ma connaissance encyclopédique de l’histoire politique française, ainsi que des quelques lois sociologiques qui gouvernent les démocraties contemporaines, me permettent une clairvoyance à peu d’autres commune. Je me permets donc de parier  avec vous que les évènements suivants adviendront en 2015, et dans l’ordre indiqué, qui plus est.

  1. Janvier. Face à la brutale diminution des températures et aux abondantes chutes de neige dans le Nord, Martine Aubry démissionne de la mairie de Lille. Les quelques morts sur l’A1 enneigée auront eu raison de sa carrière politique locale… mais ce n’est qu’un prétexte pour mieux revenir sur la scène nationale. Elle publie deux mois plus tard Maire courage !, une ode passionnée à « la France qui résiste en silence », et écume les plateaux de télévision, sourire aux lèvres, après une opération chirurgicale très réussie (lipofilling, blépharoplastie).
  2. Février. L’altercation à mains nues entre Olivier Besancenot et Alain Finkielkraut met un terme à l’émission Ce soir (ou jamais!), sur France 2. Alain Finkielkraut s’en sort avec 14 points de suture et plonge dans le mutisme. Frédéric Taddéi reprend du service sur NRJ12, où sa nouvelle émission fait un carton : les habituels invités et chroniqueurs sont remplacés par des commentateurs de sites internet, plus vifs et moins abscons.
  3. Mars. L’éclipse solaire provoque une panique générale, à la suite des allégations des réseaux dieudo-soralistes prétendant que « les sionistes en profiteront pour vider vos comptes en banque ». De nombreuses faillites bancaires suivent ce bank run catastrophique, mais les banques systémiques sont prestement renflouées par des fonds publics. Manuel Valls, dans un discours vibrant, fait appel au « sens du sacrifice des Français » pour éponger le déficit public, par une augmentation de la TVA à 30%.
  4. Avril. Un prêt du FMI remet les finances publiques françaises d’aplomb, sous condition de réformer de fond en comble le marché de l’emploi. Emmanuel Macron annonce une suspension temporaire du Code du travail. La CFDT lance une pétition en ligne. La CGT fait paraître un communiqué assez obscur, laissant entendre que Thierry Lepaon n’a rien à se reprocher dans une affaire de délits d’initiés incompréhensible.
  5. Mai. Le MEDEF organise à Paris une manifestation de masse : 450 patrons (2300 selon la police) menacent de ne plus jamais embaucher personne si l’on n’abolit pas les cotisations patronales. François Hollande annonce une concertation nationale sur la suppression des archaïsmes, et la nomination d’une commission chargée de la libération de l’entrepreneuriat.
  6. Juin. Angela Merkel est chassée du pouvoir par un scandale sexuel : une vidéo circule sur internet où on la voit, affublée d’un organe prosthétique en latex, crier à un homme à genoux (dont certains prétendent qu’il s’agirait de Matteo Renzi) « Ti piace il rigore ?! » Renzi affirme qu’il s’agit d’un montage. En vain. Ursula_von_der_leyenAngela Merkel est remplacée par Ursula Von der Leyen, qui assure vouloir mettre un terme à la « fainéantise des européens » (en Français dans le texte) et exige que la France sorte de la zone euro.
  7. Juillet. La note de la France est dégradée à BBB par Fitch. On prétend que Marc Ladreit de Lacharrière a pris personnellement cette décision, après être monté pour la première fois dans le RER B. Les marchés s’inquiètent. Manuel Valls, acculé, annonce sa démission depuis le pont du porte-avions Charles de  Gaulle. Martine Aubry est nommée à son poste par François Hollande, après « un délai de réflexion raisonnable » (onze jours).
  8. Août. La France est en vacances. Il ne se passe rien ou presque. Les plages sont surpeuplées, les inondations ravagent le sud-ouest.
  9. Septembre. La rentrée politique débute par le grand retour de Valéry Giscard d’Estaing, seul prétendant sérieux à l’investiture de l’UMP pour 2017. Parallèlement, le gouvernement met en oeuvre un plan de relance de l’investissement public grâce à la Banque mondiale et à l’UNICEF (constructions de routes carrossables en Bretagne et dans le Poitou). La croissance frémit. La confiance revient.
  10. Octobre. « Il nous faut une bonne guerre« , affirment depuis longtemps déjà les experts politiques. Sur le conseil du nouveau ministre des Affaires étrangères, Hervé Morin, le président de la République lance une offensive sur l’Algérie, pour réduire la menace terroriste et apporter un soutien désintéressé aux populations locales. Marine Le Pen réclame « la fin de l’Algérie aux Algériens » et l’annulation des accords d’Evian.
  11. Novembre. La concorde nationale est de retour grâce aux succès sur le front algérien. Jean Nouvel dessine « l’arche de Bugeaud », immense musée destiné à remplacer l’ancienne casbah d’Alger. La légalisation des drogues douces booste l’économie de la métropole. Un partenariat commercial sans précédent est signé avec l’Afghanistan et le Maroc.
  12. 456040-macron_noirDécembre. Noël est annulé pour cause de reprise instable : les travailleurs sont appelés à fournir un effort supplémentaire et à reporter leurs vacances. Le 31, on annonce une croissance du PIB de 0,05% au dernier trimestre. Manifestations de liesse dans tout le pays : feux d’artifices tirés spontanément en Seine St-Denis (678 voitures brûlées), apéros géants sur les lieux de travail (plusieurs millions de journées individuelles non travaillées). Christine Boutin défile seins nus avec les Femen sur les Champs élysées. La France a retrouvé son allégresse, son honneur, et son rang. Nicolas Sarkozy est retrouvé, le 1er janvier 2016, noyé dans une piscine de champagne et de cocaïne.

 

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Libération de la croissance : quelques nouvelles propositions

456040-macron_noirVraiment, c’est à vous dégoûter de faire de la politique : dès qu’il ouvre la bouche, Emmanuel Macron suscite des concerts d’indignation. S’apitoie-t-il sur les « illettrées » de Gad, qu’on lui reproche la dureté de son vocabulaire. Propose-t-il aux pauvres de prendre le car plutôt que le TGV, qui leur coûterait trop cher, qu’il reçoit une nouvelle volée de bois vert. On sent pourtant que ce jeune homme talentueux cherche à bien faire, malgré les cris d’orfraies des belles âmes soi-disant « de gauche ». Voilà pourquoi je me permets de lui soumettre quelques idées neuves, soucieux comme lui de libérer la croissance, d’accélérer les réformes, de combattre les blocages de la France et de renouer enfin avec la modernité des Trente Glorieuses.

Privatiser le marché de la signalisation routière.PMV C’est là un scandale public trop longtemps ignoré : seul l’État se permet d’intervenir dans ce domaine, en entravant manifestement les flux commerciaux et les déplacements de nos concitoyens. Ouvrir à la concurrence les limitations de vitesse et les indications géographiques permettrait de libérer 2 points de PIB, selon un calcul assez élémentaire dont je passe le détail à mes lecteurs pressés. On peut commencer dès maintenant par les panneaux à messages variables des autoroutes, qui pourraient utilement diffuser des publicités plutôt que des indications sur les bouchons ou la sécurité routière.

Supprimer les allocations familiales pour les chômeurs. La France n’a pas besoin de collectionner les enfants de pauvres. Les chômeurs, comme chacun sait, coûtent déjà trop cher, alors qu’il existe des solutions simples pour les remettre au travail. Il s’agit maintenant de tenir un langage de vérité : pas d’emploi ? pas d’allocations ! Les Français en ont marre de creuser les déficits pour ceux qui se gavent sans rien faire. Gain attendu : 8 milliards de déficit en moins.

Vendre le château de Versailles au Qatar. Avouons-le : Versailles serait une ruine dispendieuse, sans les généreux contrats de location qui permettent à des rappeurs et à des footballeurs de se payer la galerie des glaces pour leur soirée de mariage. Il est temps d’aller plus loin, et de renoncer à la propriété publique de cette grande bâtisse désuète, tout juste bonne à fournir des dorures aux films de Sofia Coppola. Kanye_VersaillesVendons-le au plus offrant, et récupérons quelques centaines de millions d’euros. De même, on se demande où est l’intérêt, en termes de finances publiques, de garder dans le giron de l’État le Louvre, ou encore le palais du Luxembourg, sans parler de tous les monuments historiques qui entravent la croissance en restreignant l’usage des ressources de nos territoires.

Déréglementer le marché de l’enseignement. C’est là, sans doute, où le bât blesse le plus. François Hollande s’est bêtement engagé à recruter des dizaines de milliers de fonctionnaires dans l’Éducation nationale, ce qui alourdit notre dette publique tout en grossissant les bataillons de contestataires stipendiés, vautrés dans le confort des salles des profs et protégés par des syndicats frileux et réactionnaires. Finissons-en avec ce monopole indû : le secteur privé peut prendre en charge l’instruction des enfants dont les parents sont prêts à leur payer une vraie scolarité. Quant aux autres, ils iront se professionnaliser en apprentissage, et ne pointeront plus chez Pôle Emploi dès 18 ans. Tout le monde y gagnera, à part quelques grincheux toujours prêts à manifester. Mais il n’est plus temps d’écouter les forces de la réaction.

Ceux qui s’opposent au changement, aux réformes, à l’avenir en somme, trouveront à redire à ces propositions – comme d’habitude. Ils en critiqueront le détail, pointeront des effets pervers, que sais-je encore. Ils sont incapables de dire oui à l’audace et d’acquiescer à l’avènement de la modernité, qui balaie les résistances, les corporatismes, et les archaïsmes. Veuillez croire, Monsieur le ministre, à mon dévouement et à mon admiration. Je vous souhaite de triompher de vos ennemis et de rendre, enfin, la France semblable aux desseins d’Alain Minc et d’Ernest-Antoine Seillière.

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Pourquoi le livre de Valérie Trierweiler est un tissu de mensonges

Demain sort en librairie Merci pour ce moment, Valérie Trierweiler, la plus élégante des first ladiesrécit de Valérie Trierweiler, dont je fus l’un des plus proches conseillers voilà deux ans. La presse vénale et moutonnière va évidemment faire ses choux gras de ce ramassis de calomnies, motivées par une vengeance mesquine. Les réseaux sociaux lui emboîteront le pas. Avant que ma réputation soit définitivement salie, je prends les devants : ne croyez pas tout ce que raconte l’ex-compagne du chef de l’Etat. Ayant pu feuilleter le manuscrit, je tiens en particulier à démentir trois points :

  • Non, François Hollande n’a jamais eu de liaison avec Pierre Gattaz. Laisser entendre que les deux hommes sont « très proches », qu’ils « se voient régulièrement » et qu’ils « restent très tard dans la nuit dans le même bureau » est une manoeuvre grossière, qui en appelle à l’homophobie la plus rance, pour jeter le discrédit suHollande-Gattazr ces deux hommes parfaitement hétérosexuels et éminemment respectables. La ficelle est trop grosse pour qu’on s’y laisse prendre ? Soit. Mais avouons que les sous-entendus salaces de l’auteure sont ignobles.
  • Non, Manuel Valls n’a jamais insulté les SDF qui couchaient dehors à deux pas du domicile de sa compagne. Celle-ci s’est contentée de demander à son ministre de mari de les éloigner un peu, pour ne plus être incommodée par leur odeur. Il y a là un geste plein d’humanité, et d’une grâce toute féminine – elle aurait pu les faire reconduire à la frontière.
  • Non, cent fois non, je n’ai pas « harcelé » Valérie Trierweiler. Tout au plus lui ai-je envoyé quelques centaines de SMS un peu taquins (bien loin d’un Eric Raoult). Je l’ai également invitée en week-end dans un superbe 4 étoiles en Provence, ce qu’elle a poliment décliné, bien que j’aie insisté pour lui faire comprendre qu’elle gagnerait à mieux me connaître, notamment en raison de mon immense entregent (nécessaire à la future carrière politique qu’elle envisageait alors).

Bien sûr, quelques lecteurs un peu simples se laisseront abuser : après tout, ils mesurent la qualité de telles publications à la saveur des balivernes qu’on leur conte, et non à leur véracité. Cela blesse un amoureux de la vérité comme moi. Chère Valérie, je ne vous félicite pas. Si j’osais, je vous réclamerais de me rendre ce stylo Montblanc en forme de phallus rose que je vous offris au soir de la victoire de François Hollande. Mais je suis au-dessus de ces considérations. Bon vent, madame l’intrigante.

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Pourquoi j’ai refusé d’être ministre

Comme chaque été, délaissant l’agitation médiatico-politique du petit monde germanopratin, je prenais soin de mon bronzage, lorsque qu’un coup de tonnerre résonna dans le ciel serein de mes vacances : trois ministres démissionnés, une crise politique majeure ouverte en plein mois d’août. Bien sûr, j’avais fait partie des seuls esprits clairvoyants, qui avaient prédit dès l’origine l’échec de ce gouvernement. Rien d’étonnant à tout cela. Evidemment, on allait avoir besoin très vite de personnalités compétentes, loyales et disponibles, pour combler le vide laissé par ce remaniement. Je ne m’étonnai donc pas de voir mon portable sonner, dès le 24 août à 13h52 : un conseiller de l’assistant du suppléant d’un sénateur socialiste (dont je tairai le nom par égard pour feu son père, que j’ai bien connu et qui n’a pas toujours été « l’atroce ordure » décrite par Michel Rocard dans Éthique et démocratie, p.124), m’affirma que mon nom était évoqué comme possible successeur d’Harlem Désir (secrétariat d’État aux affaires européennes).

J’appelai donc une bonne quarantaine de personnes proches des premiers cercles du pouvoir, afin de m’assurer que l’on connaissait ma disponibilité. Je pris sur moi d’imprimer 250 CV et de les envoyer par coursier à des amis, des connaissances, de simples noms croisés dans un cocktail à Sciences-Po. Power Bloch LadurieBien sûr, mon offre désintéressée fit du bruit : plusieurs anciens élèves m’assurèrent que mon nom revenait dans toutes les discussions, parfois même comme sujet de plaisanterie : Arnaud Montebourg fit rire tout le monde en faisant mine de découvrir mon existence (« Qui c’est ce gus ? »), et Jean-Pierre Jouyet me téléphona à deux reprises, hilare, pour me demander de « ne pas trop m’exposer » afin de ne pas faire d’ombre aux prétendants moins brillants.

C’est mercredi matin que je reçus des nouvelles encourageantes – à première vue, du moins. Harlem Désir m’appela directement en me précisant d’emblée qu’il avait « peu de temps ». Je l’assurai de la simplicité de mes exigences : un ministère d’État des Affaires étrangères, de l’Économie internationale, des Droits de l’homme et du Redressement collectiste me suffirait parfaitement, ainsi que je l’avais expliqué dans la lettre de candidature envoyée, la veille au soir, à 658 de mes contacts. Quelle ne fut pas ma surprise lorsqu’il me répondit (en se permettant de m’interrompre) qu’il n’était pas démissionnaire ! Je lui demandai pourquoi donc il s’accrochait bêtement à son poste alors que je pouvais le remplacer dès maintenant, et il eut l’outrecuidance de me raccrocher au nez.

Je décidai de m’épargner ces menues contrariétés et appelai sans relâche l’Élysée, au standard (François Hollande n’étant plus joignable sur son ancien n° de portable que j’avais noté lors du congrès de Rennes). Au bout de 4h de musique d’attente, on me signifia que le président de la République allait « bien sûr » me répondre « très vite » et qu’il fallait que je reste « gentiment assis à côté du téléphone ». Je raccrochai confiant, mais 30 minutes plus tard, François Hollande ne m’avait pas rappelé. On ne traite pas ainsi Fernand Bloch-Ladurie. Contrit, mais sûr de mon bon droit, je rédigeai une lettre bien sentie, aux termes de laquelle je refusai catégoriquement les offres qui ne manqueraient pas de m’être faites dans les jours à venir, mais qui ne correspondraient pas aux services insignes que je pourrais rendre à la France.

Najat sois ma collaboratriceJe souhaite donc bonne chance à ce nouveau gouvernement, et en particulier à Najat Vallaud-Belkacem, dont j’ai toujours admiré le sens politique, l’honnêteté, et la silhouette si féminine. Le chemin sera semé d’embûches, et je ne serai pas là pour aider à les surmonter. Soit. Tant pis. Je retourne à mes humbles travaux d’écritures, comme d’autres à leur charrue. La prochaine fois, peut-être ? Au cas où : je suis joignable à l’adresse blochladurie@gmail.com. Et je consulte mon profil facebook régulièrement. N’hésitez pas à me faire signe. À bientôt.

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Il faut une loi d’amnistie sur la fraude fiscale

isabelle-balkanyLes affaires n’en finissent plus de salir la République : après Jérôme Cahuzac et ses mensonges éhontés, voici Isabelle Balkany, jusque-là blanche comme neige, qui avoue posséder une villa non déclarée au fisc. Faouzi Lamdaoui, un proche du président de la République, est suspecté à son tour de fraude fiscale. La banque HSBC va bientôt faire l’objet de poursuites. L’affaire Bygmalion n’a pas fini d’éclabousser Jean-François Copé et Nicolas Sarkozy. Henri Proglio est accusé d’avoir utilisé l’argent d’EDF pour sa femme. La liste est longue des accusations de fraude, menaçant des dirigeants politiques de premier plan et des acteurs économiques majeurs.

On se demande quel peut bien être le motif de ces juges acharnés à réduire en lambeaux nos élites dirigeantes : convaincre l’opinion publique que la corruption gangrène l’Etat ? Faire tomber les symboles de l’autorité publique, comme ces juges rouges qui sont quasiment venus à bout de Silvio Berlusconi ? Ou plus simplement, faire le jeu du Front National ?

Il faut pourtant que cesse cet étalage malsain de fausses factures, silvio-berlusconi-economistde dissimulations, de mensonges, et d’enrichissements personnels. Comment, dans les conditions actuelles, redonner confiance aux citoyens dans leurs dirigeants économiques et politiques ?  Comment espérer les convaincre de voter pour le parti de Jérôme Lavrilleux, ou pour celui de Jérôme Cahuzac ?

La solution est simple : il faut tout arrêter. Faire table rase de toutes ces pratiques répugnantes et avilissantes, qui dégradent ceux qui s’y adonnent – je veux parler des enquêtes judiciaires, bien sûr. Cessons toutes les poursuites pour fraude fiscale, dès maintenant. Certes, une partie du PIB français continuera de s’envoler vers les îles Caïman. Mais au moins, on fermera les yeux sur cette mauvaise nouvelle, en se félicitant de la légitimité intacte des PDG d’entreprises et des dirigeants politiques français. Lorsque le crime est trop répandu, il faut le dépénaliser : vite, une loi d’amnistie sur la fraude fiscale !

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