Archives de Tag: croissance

Un code du travail allégé ? C’est très insuffisant.

Le code du travail est trop lourd, c’est une évidence – David Pujadas l’a démontré avec brio avant-hier. Il faut donc l’alléger, comme le préconise un rapport timide et déjà critiqué pour sa tiédeur.pujadas En effet, nous n’en sommes plus au temps des demi-mesures : face à des entrepreneurs étranglés par les contraintes réglementaires, qui vivent dans la peur constante du faux-pas qui les enverrait devant les tribunaux, en prison, ou les obligerait à réintégrer un salarié licencié abusivement, face à toute cette détresse et ces angoisses, il faut frapper fort.

Qu’a-t-on besoin de tous ces articles illisibles et abscons pour encadrer le droit du travail ? Il faut en revenir à des principes simples et énoncés clairement : « L’employeur doit traiter ses salariés avec bienveillance », par exemple, ou encore : « Le salarié ne doit pas gêner les prérogatives de l’employeur ni la rentabilité de l’entreprise ».

Si cela ne suffit pas, on mettra tout simplement en oeuvre le principe inauguré avec la Révision générale des politiques publiques. Celle-ci a entamé une oeuvre salutaire de simplification et de cost-killing, notamment grâce à la règle simple (certains diraient : de bon sens) du non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux. J’ai moi-même dessiné des prolongements possibles à cette règle de bonne gestion des finances publiques. Il faut également s’en inspirer en matière législative et juridique, en supprimant un article sur deux du code du travail. Ainsi, le nombre de pages de ce pensum sera d’emblée réduit (par deux, si mes calculs sont bons), les DRH verront leur travail simplifié, et les entrepreneurs respireront de nouveau.

partenaires-commerciauxPourquoi s’arrêter en si bon chemin, d’ailleurs ? Le code de procédure pénale est, lui aussi, beaucoup trop volumineux. Quelques règles de base (« la garde à vue ne doit pas durer trop longtemps, sauf en cas de terrorisme »), et un article sur deux supprimé, aideront grandement nos fonctionnaires de police et désengorgeront à coup sûr les tribunaux. De même pour le code des marchés publics ou le code du commerce, bref, pour tous les textes dont la longueur et la technicité entravent la croissance et introduisent d’inutiles contraintes dans la vie publique. Gageons que, pour une fois, ce gouvernement montrera un peu d’audace, et saura libérer les énergies de notre beau pays, grâce à la Révision générale des codes et règlements que j’appelle de mes voeux. Au besoin, je tiens une note de synthèse toute prête à la disposition du premier ministre.

 

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Libération de la croissance : quelques nouvelles propositions

456040-macron_noirVraiment, c’est à vous dégoûter de faire de la politique : dès qu’il ouvre la bouche, Emmanuel Macron suscite des concerts d’indignation. S’apitoie-t-il sur les « illettrées » de Gad, qu’on lui reproche la dureté de son vocabulaire. Propose-t-il aux pauvres de prendre le car plutôt que le TGV, qui leur coûterait trop cher, qu’il reçoit une nouvelle volée de bois vert. On sent pourtant que ce jeune homme talentueux cherche à bien faire, malgré les cris d’orfraies des belles âmes soi-disant « de gauche ». Voilà pourquoi je me permets de lui soumettre quelques idées neuves, soucieux comme lui de libérer la croissance, d’accélérer les réformes, de combattre les blocages de la France et de renouer enfin avec la modernité des Trente Glorieuses.

Privatiser le marché de la signalisation routière.PMV C’est là un scandale public trop longtemps ignoré : seul l’État se permet d’intervenir dans ce domaine, en entravant manifestement les flux commerciaux et les déplacements de nos concitoyens. Ouvrir à la concurrence les limitations de vitesse et les indications géographiques permettrait de libérer 2 points de PIB, selon un calcul assez élémentaire dont je passe le détail à mes lecteurs pressés. On peut commencer dès maintenant par les panneaux à messages variables des autoroutes, qui pourraient utilement diffuser des publicités plutôt que des indications sur les bouchons ou la sécurité routière.

Supprimer les allocations familiales pour les chômeurs. La France n’a pas besoin de collectionner les enfants de pauvres. Les chômeurs, comme chacun sait, coûtent déjà trop cher, alors qu’il existe des solutions simples pour les remettre au travail. Il s’agit maintenant de tenir un langage de vérité : pas d’emploi ? pas d’allocations ! Les Français en ont marre de creuser les déficits pour ceux qui se gavent sans rien faire. Gain attendu : 8 milliards de déficit en moins.

Vendre le château de Versailles au Qatar. Avouons-le : Versailles serait une ruine dispendieuse, sans les généreux contrats de location qui permettent à des rappeurs et à des footballeurs de se payer la galerie des glaces pour leur soirée de mariage. Il est temps d’aller plus loin, et de renoncer à la propriété publique de cette grande bâtisse désuète, tout juste bonne à fournir des dorures aux films de Sofia Coppola. Kanye_VersaillesVendons-le au plus offrant, et récupérons quelques centaines de millions d’euros. De même, on se demande où est l’intérêt, en termes de finances publiques, de garder dans le giron de l’État le Louvre, ou encore le palais du Luxembourg, sans parler de tous les monuments historiques qui entravent la croissance en restreignant l’usage des ressources de nos territoires.

Déréglementer le marché de l’enseignement. C’est là, sans doute, où le bât blesse le plus. François Hollande s’est bêtement engagé à recruter des dizaines de milliers de fonctionnaires dans l’Éducation nationale, ce qui alourdit notre dette publique tout en grossissant les bataillons de contestataires stipendiés, vautrés dans le confort des salles des profs et protégés par des syndicats frileux et réactionnaires. Finissons-en avec ce monopole indû : le secteur privé peut prendre en charge l’instruction des enfants dont les parents sont prêts à leur payer une vraie scolarité. Quant aux autres, ils iront se professionnaliser en apprentissage, et ne pointeront plus chez Pôle Emploi dès 18 ans. Tout le monde y gagnera, à part quelques grincheux toujours prêts à manifester. Mais il n’est plus temps d’écouter les forces de la réaction.

Ceux qui s’opposent au changement, aux réformes, à l’avenir en somme, trouveront à redire à ces propositions – comme d’habitude. Ils en critiqueront le détail, pointeront des effets pervers, que sais-je encore. Ils sont incapables de dire oui à l’audace et d’acquiescer à l’avènement de la modernité, qui balaie les résistances, les corporatismes, et les archaïsmes. Veuillez croire, Monsieur le ministre, à mon dévouement et à mon admiration. Je vous souhaite de triompher de vos ennemis et de rendre, enfin, la France semblable aux desseins d’Alain Minc et d’Ernest-Antoine Seillière.

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Pour un service public des « sugar daddies »

sugar_daddyMarianne nous apprend aujourd’hui qu’un site internet américain, destiné à mettre en contact de riches hommes d’affaires avides de compagnie féminine, et des étudiantes démunies, ouvre une version française. C’est évidemment un scandale. Comment peut-on laisser une entreprise américaine détourner à son profit les ressources nationales, toute honte bue, et sans concurrence ? Où est Arnaud Montebourg lorsqu’on a besoin de lui ?

D’aucuns, choqués de ces échanges marchands, prétendent qu’il s’agit là d’une forme de prostitution. Balivernes, évidemment. Il s’agit simplement de rendre plus faciles ces « relations mutuellement profitables ». Le véritable problème se trouve dans la commission prélevée par le site internet en question. Pourquoi ne pas mettre en place un service public gratuit, destiné aux étudiantes françaises, qui remplirait le même office ?

De quoi souffrent, en effet, les étudiantes toujours plus nombreuses à s’inscrire à l’université, sans grand espoir de décrocher un diplôme ? De la maigreur des bourses qui leur sont parcimonieusement allouées. Ajoutez-y le coût du logement, le prix des sacs à main, et la pingrerie de leurs parents, et vous comprendrez qu’il est tout bonnement impossible de vivre décemmentMarie-Charline-Pacquot-Pierre-Moscovici sa condition étudiante, à moins d’avoir recours à des expédients plus ou moins avouables : deal de drogue, fraude dans les transports en commun, concubinage avec un ministre…

Face à ces milliers de jeunes filles fragilisées, les adultes qui le prennent sous leur aile sont, de nos jours, systématiquement suspectés de vouloir en profiter bassement. Jusque dans l’université, on traque – horresco referens – le harcèlement sexuel et les abus de position dominante, au point que de nombreux enseignants finissent par ne plus inviter chez eux leurs jeunes disciples.

La solution à ce double problème se trouve donc sous nos yeux. Elle doit s’écarter de toute visée mercantile, et être prise en charge par le ministère de l’enseignement supérieur : un grand programme de financement des études supérieures pour les jeunes filles, par le biais de parrainages volontaires, que l’on pourrait appeler, par exemple, « les bourses du coeur ». Quoique… cela évoque peut-être trop directement les Restos du coeur, la charité, la privatisation de l’assistance publique. Chers lecteurs, vous aurez sûrement des suggestions de noms pour cette nouvelle frontière de la démocratisation de l’université : j’attends vos commentaires !

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Résoudre la crise et le chômage de masse: un défi que je peux relever

ChomageDepuis des années, la France (et une bonne partie de l’Europe avec elle) souffre d’un mal qui semble incurable: le chômage de masse. Tous les politiques, tous les économistes semblent sans pouvoir face à ce fléau des temps modernes ; mais si tous se lamentent, peu s’efforcent de résoudre la situation.

J’ai déjà, à plusieurs reprises, proposé des solutions à ce problème : en relançant la croissance par la guerre, en favorisant notre compétitivité par une politique agressive, en supprimant l’euro pour le remplacer par une monnaie plus ambitieuse, le mondo. Malheureusement, je n’ai pas été écouté, et, au lieu de s’acheminer vers un taux de chômage de 2 ou 3% (selon des estimations fondées sur des calculs précis d’application de mes mesures), on s’approche dangereusement des 12%…

Comment comprendre cet aveuglement de nos politiques, quand la solution est à portée de main? Comme on peut le comprendre, j’ai d’abord pesté contre ces décideurs qui refusent d’écouter la voix de la raison, préférant suivre les avis mal informés d’économistes de cour. Mais, après ce premier mouvement d’humeur, je me suis remis à ce que je sais le mieux faire : penser.

Or, il m’est apparu que si les hommes politiques refusaient d’entendre l’évidence, c’est que je n’étais pas assez clair, et que, surtout, je n’exposais pas suffisamment les fondements théoriques de mes mesures. Puisque le temps de mes lecteurs est compté, je vais donc résumer, en quelques lignes, la solution collectiste au chômage -et je renvoie à mes ouvrages pour ceux qui voudraient approfondir la question.

La solution collectiste au chômage part d’un constat simple: personne n’aime travailler, et pourtant tout le monde doit le faire. L’incapacité à résoudre cette contradiction est, je crois, au coeur des échecs de la science économique contemporaine. Car comment convaincre les jeunes de faire les études nécessaires à l’activité et à la croissance, quand ces mêmes études leur semblent ennuyeuses, inutiles et, pour tout dire, repoussantes?

Il faut donc impérativement réconcilier plaisir, capacité et travail. Pour cela, il est indispensable de partir de ce qui devrait être la base de toute politique économique, l’humain -et c’est en cela, et sans doute cela seulement, que les gauchistes à la Mélenchon ont une subtile intuition. Or, qu’est ce que l’humain? L’humain, c’est l’homme (ou la femme). Qu’est-ce qui définit l’humain? Ses particularités propres.

Ce sont ces dernières, ces particularités propres, qui fournissent la solution.

Greg Basso 243Qu’a un jeune homme, un peu limité intellectuellement, mais musculeux et fier de son corps? Un désir de soulever des poids. Faisons-en un manutentionnaire, dont la productivité sera décuplée!

Qu’a un vieil homme fatigué par les ans, mais plein de sagesse et de connaissances? Une capacité phénoménale à raconter des histoires. Faisons-en un professeur de maternelle, qui saura endormir les enfants au moment de la sieste!

Qu’a une jeune femme bien faite, mais peu cultivée? Un corps de rêve. Proposons lui des postes d’hôtesse dans des bars, ses talents trouveront à s’y employer et elle aura le plaisir d’agrémenter la vie d’intellectuels éminents!

Qu’a un jeune professeur d’université de Sciences Po? Une pensée puissante. Mettons-le à l’Assemblée, au gouvernement, à la place des médecins qui se plairont beaucoup plus à alimenter leur patrimoine et à trousser leurs infirmières.

Voilà, en quelques mots, la solution simple que je propose: sélectionner, dès le plus jeune âge, les enfants en fonctions de leurs capacités et de leur goût (j’insiste sur ce point) pour les amener vers un travail adapté. Par le plaisir qu’il y prendront, leur productivité sera décuplée et la croissance de la France atteindra, sans peine, une moyenne de 6 à 7 % (évaluation Sciences Po).

J’espère être entendu ; mais, dans tous les cas, je ne me tairai pas.

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Classé dans Collectisme, gouvernance, politique