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Il faut retirer la nationalité française aux électeurs du Front National

carte_france_resultats_0Les résultats du premier tour des élections régionales, et ceux qui s’annoncent pour le second, ont été un choc pour beaucoup d’observateurs de la vie politique française. Pas pour moi: cela fait des années que je mets en garde les politiques contre la dérive de l’électorat, que j’indique en vain les mesures à prendre pour redresser la barre et ramener notre pays dans le chemin de la croissance et de l’épanouissement.

Néanmoins, il est désormais trop tard pour se contenter de mesurettes. Car ce n’est plus l’économie ou le vivre ensemble qui sont aujourd’hui menacées : c’est la République, la démocratie elle-même qui risque de sombrer au détour d’un vote sanction en faveur du Front National.

Les Français ne l’ont, je crois, pas encore bien compris. Faut-il donc attendre qu’ils en prennent conscience, au risque de voir sombrer nos valeurs issues des luttes du passé? Je ne le crois pas. C’est pourquoi je propose que soit décidée immédiatement la déchéance de nationalité pour les électeurs frontistes. De même que les djihadistes menacent notre société et la possibilité de faire des 5 à 7 au café, de même les électeurs du front menacent l’état de droit. Or, à maux similaires, remèdes similaires.

Un djihadiste bretonOn me rétorquera qu’une telle mesure soulève quelques difficultés pratiques: voilà encore bien l’esprit chicaneur des politicards et autres pense-froid incapables de sauver notre nation! J’en évoquerai donc deux, avec les réponses simples que j’y apporte, pour montrer que ma mesure est aisée à mettre en œuvre

1. Sur la question de savoir comment savoir qui vote quoi, il faudrait effectivement revenir sur la règle absurde qui rend le vote secret. Car que nous apporte, finalement, une telle décision? Tout le monde affiche ses convictions sur facebook, dans les pages des journaux, au café du coin : le secret, à l’heure d’internet, n’a plus guère de sens.

2. Certains pourraient craindre un problème d’inconstitutionnalité, du fait qu’il est impossible de créer des apatrides et donc de retirer la nationalité à quelqu’un qui n’en aurait pas d’autre. Qu’à cela ne tienne! Il suffira de leur donner une nationalité de substitution, ne donnant pas accès au droit de vote mais accordant tout de même certains avantages (possibilité de regarder TF1, de suivre mes cours à science po, etc.). Cette nationalité de substitution pourrait suivre un découpage régional basique (Nordistes, Sudistes, Estistes, Ouestistes) ou plus fin (Alsaciens, Corses, Bretons, Mangeurs de foie gras, Ventres-mous), ou encore être organisée selon des catégories plus subjectives, qui du reste se confondraient grandement avec le classement régional fin (Germains, Terroristes, Bouffeurs de crèpes, Rugbymen, Péquenots, etc.)

Je pense qu’un pays dans lequel seule la sanior pars (comme disent les Anciens) aurait la nationalité, et donc le droit de vote, serait bien mieux géré. Malheureusement, je crains que les politiques, au logiciel dépassé, n’osent franchir le pas.

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Pour gouverner la France, il faut une Grande Purge

France's President Francois Hollande selects ballots before enter the polling booth in the European Parliament election in TulleLa politique est un apprentissage de l’ingratitude, comme le disait souvent Lamotte. François Hollande, qui a raison sur toute la ligne, comme il l’a répété lundi soir, vient pourtant de subir un nouveau revers électoral. Décidément, les électeurs ne comprennent rien au bien-fondé des réformes entreprises par le gouvernement, et sont incapables d’autre chose que de ressentiment envers l’Europe qui, pourtant, les protège de la crise.

Difficile exercice que la gouvernance d’un pays de grincheux chroniquement insatisfaits, à l’heure où les marchés financiers surveillent notre dette publique, et où la menace d’un froncement de sourcils d’Angela Merkel suffit à déclencher une hausse des taux d’intérêts. On mesure l’étroitesse de la marge de manoeuvre du président, qui ne peut décemment pas changer d’orientation politique (c’est une évidence) mais qui doit tenir compte de la défiance populaire envers des élites politiques déconsidérées et corrompues.

Que faire, dans ces conditions ? L’histoire nous fournit parfois des exemples à suivre. Dans un régime politique à laVoroshilov,_Molotov,_Stalin,_with_Nikolai_Yezhov ligne inflexible, mais où le soutien populaire vacille, il faut une purge. Les exécutants des réformes doivent être remis au pas.

Ainsi donc, plus qu’un remaniement ou une dissolution, c’est à une véritable saignée qu’il faut procéder : démission forcée de tous les cabinets ministériels, limogeage des directeurs d’administrations centrales et des généraux en chef, non-remplacement d’un haut fonctionnaire sur deux, procès publics et autocritiques des vermines trotsko-titistes qui ont hésité à appliquer la réforme des rythmes scolaires ou à créer des emplois d’avenir.

Voilà qui contenterait l’appétit du bas peuple pour les mesures révolutionnaires simplistes, tout en donnant une nouvelle assise à l’autorité déclinante de l’exécutif. Bien sûr, il faudrait à ce grand ménage un grand ordonnateur, un Fouquier-Tinville moderne, un Beria social-démocrate. Si le gouvernement s’engage dans cette voie, je suis à sa disposition. J’ai déjà quelques listes de collègues à envoyer en camp de redressement, le moment venu.

 

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Pour qui voter dimanche ? Faites le FBL political test ®

Qui comprend le sens et les enjeux des élections européennes aujourd’hui? Trop peu de monde, je le crains.

Pour cette raison, et à la demande des lecteurs réguliers de mon blogue, j’ai créé ce FBL Political Test ®. Deux minutes vous suffiront pour connaître enfin la liste dont vous êtes le plus proche.

Fondé sur les meilleures méthodes américaines, il combine questions de programme politique et éléments de personnalité pour vous permettre de choisir avec pertinence votre parti favori.

N’hésitez pas à le diffuser autour de vous! Il contribuera, j’espère, à diminuer drastiquement l’abstention.

Power Bloch Ladurie

(Cliquez sur l’image pour commencer le test, sur un autre site)

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Conseils pour l’élection européenne 3. L’Europe de Marrakech à Istanbul

affiche-horizontaleTroisième et dernier parti méconnu de mon tour d’horizon des élections européennes, le mouvement nommé « L’Europe de Marrakech à Istanbul », mené par le squatteur professionnel Gaspard Delanoe -dont on m’assure qu’il n’a aucun lien avec l’ancien maire de Paris, ce dont je doute fort quand je vois le HLM rue de Rivoli qu’il a pu occuper pendant des années.

Le slogan pourrait étonner : « Oui au Maroc, non à la Suisse ». Comme si le gruyère et le chocolat étaient moins européens que le loukoum et le couscous! Mais, à bien y réfléchir, cette liste qui pourrait sembler ésotérique a de nombreux arguments à faire valoir:

marocain-cannabis– Une conception internationaliste du monde contemporain. En effet, si pour se rendre aujourd’hui en Sicile ou en Grèce, une simple carte d’identité suffit, il faut encore, pour aller passer quelque temps en Afrique du Nord, se munir d’un passeport et passer à travers de pénibles formalités. Une intégration européenne large, jusqu’au Maroc, permettrait ainsi aux décideurs français de se rendre sans peine dans leur lieu de villégiature, pour y réfléchir sur le monde et y trouver les bonnes solutions aux petits problèmes qui agitent le quotidien du pays (chômage, racisme etc.)

– un candidat rassembleur. Gasapard Delanoe s’est présenté aux présidentielles, aux municipales et à d’autres élections que j’oublie sans doute, chaque fois avec un parti différent. Cela montre sa liberté de pensée et sa souplesse conceptuelle, indispensable pour faire carrière dans le monde difficile de la politique européenne : il a ainsi défendu successivement le Parti faire un Tour (le Pfff!), le Shadow Cabinet ou encore d’autres causes plus ou moins perdues.

1024px-Gaspard_Delanoe_&_son_gournement_©_2011_Nathalie_SerouxBien sûr, on ne peut nier certaines limites à ce parti. En particulier, son côté très parisien le coupe des réalités de la vraie France, celle des bars-tabacs et des parties de pèche. Mais je crois qu’il faut tout de même l’encourager, car il pourrait efficacement s’allier avec le Parti Cannabis sans frontières et former une force nouvelle au parlement : les liens sont en effet naturels et évidents entre les fumeurs de joints et les producteurs du Maroc, entre la volonté de libéraliser les drogues et le slogan de 2009 « Non à l’Europe forteresse, oui à l’Europe narguilé ! ». Qu’on le veuille ou non, une Europe nouvelle est bien en marche.

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Conseils pour l’élection européenne 2. Cannabis sans frontières

cannabis_sans_frontieresJe poursuis ma série de recommandations en vue de l’élection du 25 mai – dont les meilleurs experts s’accordent à dire qu’elle est jouée d’avance, et où l’électeur hésitant peut donc légitimement faire n’importe quoi.

Dans ce domaine, arrêtons-nous un instant sur la liste « Cannabis sans frontières (alternative écologique) – Stop la prohibition ». Derrière ce nom à rallonge, on trouve un rassemblement de drogués et de fainéants, qui prétendent que la légalisation du haschich permettra de relancer l’économie, mettre fin aux guerres, poursuivre l’élargissement de l’Union Européenne, et peut-être même de résoudre le chômage, pourquoi pas ! On le voit : il s’agit là de propositions tout à fait improbables, sorties du cerveau malade d’une poignée de délinquants sans envergure. Pourquoi cautionner de telles âneries en mettant, comme ils le proposent eux-mêmes, « un pétard dans l’urne » ? J’y vois deux raisons.

– Réclamer une dépénalisation du cannabis est un premier pas vers la légalisation de substances beaucoup plus prometteuses, comme je l’ai déjà démontré. Autant le cannabis conduit à l’apathie, à l’assistanat  et à l’alcoolisme, arton888autant l’EPO, les amphétamines, la cocaïne ou les anabolisants pourraient contribuer grandement à la productivité des salariés, à la compétitivité de notre économie, et à la réussite de nos équipes sportives. Il faut, en la matière, ne s’interdire aucun espoir. Commençons donc par les drogues les plus douces, puisque l’opinion publique y semble disposée.

– Par ailleurs, cette liste a le mérite de s’afficher pour une « écologie responsable », loin des délires planificateurs et autoritaristes des formations qui défendent habituellement l’écologie politique. Point d’écotaxe ni de lois sur l’isolation des bâtiments, ici : fumer de l’herbe suffira, apparemment, à responsabiliser les consommateurs et à ouvrir leur conscience à la contemplation du monde, de la Terre-mère, et de Jah. Ces perspectives pacifistes et libertaires sont évidemment plus intéressantes que les combats perdus d’avance contre le transport routier ou les centrales à charbon.

Je ne reviens pas sur les trois limites de ce vote, qui me semblent évidentes : opportunisme, inconséquence, jeunisme. Je comprends que la plupart des électeurs ne veulent pas apporter leur soutien à de telles pratiques, alors que leurs propres enfants sont peut-être déjà sous l’emprise de ces substances qui leur affaiblissent les neurones et leur font rater une mention au bac. Du moins aurais-je fait mon devoir d’information. Demain, je vous présenterai la liste « L’Europe de Marrakech à Istanbul. » A bientôt, chers lecteurs et électeurs.

 

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Conseils pour l’élection européenne 1. L’Alliance royale

Elections européennes-1Bien que le résultat de l’élection européenne soit d’ores et déjà joué, certains de mes amis, de mes concitoyens, s’interrogent encore sur leur vote lors de l’élection de dimanche prochain. Tout naturellement, ils se tournent vers moi. Ayant donné plusieurs conférences au Balto ou au Commerce, je me suis finalement dit que je me devais de faire partager mes réflexions à l’ensemble de la société, via ce blogue, canal habituel de mes pensées libres.

Évidemment, il n’est guère besoin de s’attarder sur les « grands partis » que toute le monde connait. Quel intérêt y aurait-il à discuter du programme d’un Parti socialiste, d’une UMP, d’un Front de Gauche ou d’un Front national ? Tout le monde sait, à peu près, ce qu’ils promettent, et plus encore ce qu’ils ne feront pas une fois élu.

Non, mon idée est plutôt de vous faire découvrir des formations dites secondaires, mais qui par des propositions alternatives et innovantes, renouvellent l’offre politique et font vivre notre démocratie. Pour cette raison, j’ai sélectionné trois partis fort différents, pouvant tous couvrir l’ensemble du spectre politique. Inutile de dire que ma présentation ne vaut pas adhésion ; mais j’avoue tout de même une certaine tendresse pour ces formations qui, je le crois, reprennent en grande partie les principes collectistes qui ont toujours été les miens.

Je commencerai donc aujourd’hui par une formation peu connue : l’Alliance royale.

Son programme tient en une ligne : la restauration d’une royauté, d’un chef de droit divin dans un pays à la dérive et sans repères.

On pourrait bien sûr se gausser d’une telle ambition. Quoi? La Révolution n’aurait donc servi à rien? et pourtant, il faut y prêter attention. Car j’identifie 3 bonnes raisons de voter pour ce parti:

sacrecharles7Une ligne politique claire et simple. Qui peut en dire autant? Quand certains s’épuisent à expliquer taux de croissance, PIB, commerce extérieur, Conseil de l’Europe et rôle de la commission, tous thèmes auxquels, pas plus que mes étudiants, je ne comprends grand chose, au moins avec l’Alliance royale les choses sont claires: un roi, voilà qui règlera les problèmes du moment de façon nette.

Une perception fine de l’âme de notre pays. On le sait, la France aime les chefs: le général De Gaulle, Nicolas Sarkozy ou encore Didier Deschamps en sont de bons exemples. Or, quel chef plus respectable qu’un roi? Le sacre, qui serait rétabli à Reims, permettrait une cérémonie de communion nationale plus sûre que la victoire à la coupe du monde de football, tout de même très aléatoire.

exigez le soleil 4– Un slogan rassembleur et funky: « Ils vous promettent tous la Lune, exigez le Soleil« . De quoi convaincre les jeunes branchés de donner leur vote.

Reste qu’il y a toutefois deux limites à ce vote, que je me dois, en toute rigueur, de signaler.

1. L’absence de précision sur le choix du souverain. On sait que le royalisme est divisé entre orléanistes, légitimistes, bonapartistes et anarchistes. Il faudrait donc une candidature de rassemblement, ce qui étrangement n’a pas sauté aux yeux de membres de l’Alliance royale

2. Le risque de dictature. Pour cela, un conseil des sages, sous la forme d’un conclave, pourrait être institué. Comme ce type d’assemblée est toujours constituée d’hommes en robe (cf. le Vatican, autre institution dont on pourrait utilement s’inspirer), on pourrait choisir ou bien un groupe de pression bien défini, ou bien une catégorie professionnelle.

Voilà donc qui pourra vous guider dans votre choix: un roi, une loi, un vote. Dès demain, je proposerai à votre attention une autre formation, légèrement différente dans ses objectifs mais fondamentalement très proche : le parti « Cannabis sans frontières — Stop la prohibition ». A très vite!

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Le tour de France de FBL, étape 1 : Marseille

Appelé à visiter plusieurs villes de province dans les semaines à venir, j’en profite pour faire, au passage, mon devoir d’intellectuel : analyser les enjeux des municipales à venir, au plus près du terrain, et sans parti pris. Ce post est le premier d’une série de contributions qui renouvelleront sans doute le journalisme et les sciences politiques à la fois.

C’est avec une certaine inquiétude que je me suis rendu, en fin de semaine dernière, à la journée d’étude « Le collectisme à l’épreuve du localisme : épreuve(s) de la frontière, frontière(s) de l’épreuve », organisée à Marseille. Je compte quelques amis dans la cité phocéenne, dont j’ai déjà retracé, sur ce blogue, la contribution décisive à l’histoire politique française. Néanmoins, dans les criminalité_marseilleannées récentes, la tradition mafieuse de ce territoire, solidement établie depuis le XIXe siècle au moins, et renforcée par la pauvreté endémique d’une population à peine intégrée, s’est tragiquement développée. Pas une semaine sans qu’un enfant meure par balles, sans qu’un règlement de comptes fasse des dizaines de morts dans un bar, et sans qu’un journaliste ou un élu soit kidnappé, parfois assassiné sauvagement devant ses propres enfants. La criminalité gangrène tout, jusqu’aux bibliothèques universitaires d’Aix-Marseille où les trafics d’agrafeuses ont donné lieu à plusieurs avertissements et mutations, en 2013.

Fraîchement débarqué sur le quai de la gare Saint-Charles, je pris donc soin de protéger mon visage derrière mon col d’imperméable et d’épaisses lunettes de soleil, avant de téléphoner, d’une cabine, à mon contact local pour qu’il vienne me chercher en voiture banalisée, à trois rues de là. À peine monté dans la Renault Fuego, je fus projeté en arrière par le démarrage en trombe du chauffeur, qui prétexta un « différend » avec la police à propos d’une affaire de « pschitt », pour me faire subir une demi-heure de conduite sportive à travers les ruelles du centre ville. Tremblant et effondré sur le siège arrière, j’eus à peine le temps de voir la portière s’ouvrir, et deux solides gaillards me soulever par les aisselles en plaisantant sur « la grande badasse de Scienceupo », et me retrouvai plongé dans une arrière-salle crasseuse, faiblement éclairée par deux néons, où quelques quidamcolloque_Marseilles patibulaires jouaient aux cartes en buvant des mauresques. J’esquissai un mouvement de recul lorsque le plus imposant d’entre eux vint à ma rencontre, mais il me tendit simplement la main et se dit « ravi » que j’aie fait le voyage pour me joindre à leur colloque. Après avoir tenté d’expliquer que je ne jouais jamais à la belote, je compris, un peu tard, que mon interlocuteur n’était autre que Sauveur Patulacci, l’organisateur de la journée d’étude dont je devais être le « quinotte spikeur« .

Mon escapade marseillaise s’est donc réduite à des discussions universitaires, passionnantes certes, mais assez peu liées à l’actualité immédiate. En-dehors des communications, je pris néanmoins le risque de me hasarder dans un bar du quartier, en compagnie d’Ange et Toussaint, les deux doctorants en « infocomeu » qui m’avaient accueilli si chaleureusement, pour tailler le bout de gras avec quelques indigènes et en savoir plus sur les élections municipales. Sur un échantillon de 7 personnes, plus de la moitié (4, pour être précis) des votants exprimèrent l’intention de voter pour Jean-Noël Guérini. Lorsque je fis remarquer que celui-ci n’était pas candidat, un grand silence se fit, enfin rompu par César, le tenancier du café, qui murmura : « Té, on votera bien pour n’importe qui, peut-être même un [immigré] ». Pour relancer le débat, je fis alors quelques plaisanteries sur la corruption endémique des élus mais, devant le manque de répartie de mes interlocuteurs, je finis par renoncer, payai ma tournée, et allai écouter la table ronde suivante, « du collectisme au grand banditisme : trajectoire(s) sociale(s) plurielle(s) du réseau Tapie ».

Rentré à la gare le soir même, en avance de deux heures sur mon TGV grâce à la diligence de Toussaint (ou plutôt sa Fuego), je consultai la presse locale et rédigeai cette rapide synthèse. Les indices glanés sur le terrain sont clairs, à mes yeux : le prochain Zeribimaire de Marseille sera Karim Zeribi. Critiqué pour ses méthodes brutales et clientélistes, l’ancien footballeur professionnel et porte-parole de Jean-Noël Guérini en 2008, se présente sous les couleurs d’EELV et vient de s’allier avec le PS. Il suffit que la liste de gauche arrive en tête (ce qui nécessite tout au plus quelques milliers d’achats de voix) pour que M. Zeribi, homme de terrain et d’intrigues, prenne la tête de la municipalité en poignardant dans le dos Patrick Mennucci (au sens figuré, vraisemblablement). De toute évidence, on doit l’admettre : Marseille n’en a pas fini avec la corruption et la violence. Autant donner les clés de l’hôtel de ville à celui qui s’y connaît le mieux.

Rompu par cette journée d’enquête de terrain, et affaibli par la nourriture locale (le pastis, notamment), je dus prendre quelques jours de repos avant de mettre en ligne cet article. Rassurez-vous, chers lecteurs : les prochains arrivent très bientôt.

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