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Intellectuels en vacances : Do’s and don’ts

En ce début de mois d’août, Paris s’est vidée de ses habitants et remplie de touristes. Il est temps de fuir cette ambiance délétère et de rejoindre vos quartiers d’été. Constatant avec amertume que la plupart de mes amis étaient incapables de prendre des vacances dignes d’un véritable intellectuel, je vous propose ce petit guide qui suffira à vous éviter de funestes erreurs.

  1. Choisissez une destination prisée, mais pas tape à l’oeil. De grâce, évitez Saint-Tropez, ou Ibiza. Vous n’avez pas de yacht ni d’abdominaux sculptés à exhiber. Préférez donc un lieu de villégiature chic mais sans prétention : l’île de Ré, par exemple, qui vous permettra d’enchaîner sur l’université d’été du PS. Ou encore le Lubéron, malheureusement colonisé par des Américains fortunés, mais qui gardent un grand respect pour la culture française et le rosé. D’ailleurs, votre collègue de Princeton a récemment acheté un mas rénové dans l’arrière-pays d’Aix : pourquoi ne pas lui rendre visite ?
  2. N’exposez jamais sur les réseaux sociaux vos photos de doigts de pied en éventail devant une piscine, ni même de groupes d’amis partageant un barbecue. Photographiez tous les livres que vous emportez en vacances (pas moins d’une trentaine) en vous plaignant du poids de vos bagages.
  3. N’oubliez pas que les congés d’été sont l’occasion d’écrire cet article fondateur et cet ouvrage révolutionnaire que vous portez en vous depuis des années. 5309284-7923200Faites-le savoir. Passez au moins deux heures chaque jour reclus dans votre chambre, enchaînant cafés et cigarettes, et sortez-en la mine hagarde, en sautant sur le premier venu pour lui demander où trouver l’édition allemande de Marx qui vous manque. Lorsque celui-ci vous répond que l’espace culturel du Leclerc a fermé l’an dernier, soupirez bruyamment et ne dites rien. Vous pouvez maintenant vous résoudre à piquer une tête dans la piscine.
  4. Envoyez vers une heure du matin des mails collectifs pour des vacations en « Phénoménologie du virtuel et expérience(s) de l’intersectionnalité », réponse souhaitée sous 48h. Vous examinerez les candidatures début septembre, mais vous êtes ainsi certain de recruter un chargé de cours motivé, précaire et prêt à tout.
  5. Bronzez un peu, mais pas trop. La rentrée venue, il faudra éviter de ressembler à un dentiste cannois.
  6. Soyez cordiaux avec les indigènes, sans rechercher leur amitié. Les provinciaux vous feront vite comprendre qu’ils ne vous aiment pas et que seul votre portefeuille les intéresse. Mentionnez au passage les faiblesses du réseau 4G, ou le manque de respect de la loi littoral.
  7. Achetez tous les jours plusieurs journaux, en vous esclaffant de la pauvreté de la presse quotidienne régionale. Appelez Le Monde pour vous indigner de ce que votre abonnement n’ait pas été transféré sur votre lieu de vacances.
  8. Choisissez avec soin vos sujets de conversation à l’heure de l’apéro : évitez la mort du lion Cecil, et commentez longuement la possibilité d’une sortie de crise en Grèce grâce à l’inversion des rapports de force internes à Syriza.
  9. Visitez des musées, des ruines antiques ou des églises romanes, s’il s’en trouve – et il doit s’en trouver – là où vous séjournez. Montrez votre agacement devant les panneaux d’information, qui en disent beaucoup trop peu sur les alliances de Childéric II avec les Burgondes, et sur les difficultés de conservation des fibules en cuivre. N’acceptez d’audioguide sous aucun prétexte.
  10. Commencez, pendant 48h, un régime crétois ou vegan, que vous abandonnerez bientôt. De même pour le sport : quelquesrandonne brasses dans la piscine devraient vous suffire. En revanche, n’oubliez pas que tout intellectuel doit sacrifier à la randonnée en montagne, longue, pénible et douloureuse, afin de se ressourcer et d’éprouver la petitesse de notre être au monde, comme disait Rousseau, ou Heidegger. Achetez un sac à dos énorme et des chaussures de compétition. Sortez pendant deux jours sur des sentiers escarpés. Rentrez fourbu mais heureux. Postez de nombreuses photos sur les réseaux sociaux.

Et vous, chers lecteurs, quels seraient vos conseils aux intellectuels en vacances ? Vos commentaires sont les bienvenus.

 

 

 

 

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3. Contre les bouchons sur les routes: la voie ferrée

Comme chaque année, j’ai passé cet été quelques semaines sur la côte d’azur, où j’ai pu observer avec passion la jeunesse de France s’égailler et se divertir. Ce furent des moments agréables, entre Pina Colada et Macumba, à l’ombre des palmiers et les pieds plantés dans la douceur du sable chaud.

Mais il a bien fallu rentrer. Et, là, mieux vaut dire que la désillusion a été à la hauteur des plaisirs qui avaient précédé. Il suffit de relire les journaux de la mi-août pour comprendre : « Journée noire dans le sens des retours« , « pic de 350 kilomètres de bouchons cumulés« , « chassé-croisé sur les routes« , etc. etc. Rien de tel pour gâcher les vacances, surtout quand son Opel Vectra break turbo-diesel consomme du 13 litres aux 100…

Je me disais donc, en constatant que la situation n’évoluait guère sur l’A6, qu’il était nécessaire au nouveau gouvernement de trouver une solution pérenne à ce problème. Or, je dois constater  avec tristesse que la proposition retenue, celle de diminuer de 6 centimes le prix de l’essence, ne résoudra rien. Comment peut-on penser que la baisse du coût de l’essence entrainera la fin des bouchons? À l’évidence, on ne m’a pas consulté, une fois de plus.

J’ai pourtant un idée simple et aisée à mettre en place. En effet, on sait que la SNCF ferme depuis quelques années les lignes de train non rentables. Résultat: des voies ferrées abandonnées, des ouvrages d’art inutilisés et des lignes toutes prêtes à recevoir des voitures. Il suffirait de placer, sur les rails, des panneaux de bois, et ainsi les voitures pourraient sans peine emprunter les voies ferrées et enfin décharger le réseau autoroutier.

On pourrait même aller plus loin. En effet, ce serait l’occasion d’enfin rentabiliser le réseau TGV, où, en moyenne, seul un train passe par heure. Un par heure! alors que près de 3000 voitures passent par jour sur l’autoroute. En prévoyant des créneaux précis (disons 5 minutes avant et après le passage du tgv) on soulagerait encore plus les voies principales. Les gares, transformées en péage, pourraient de plus contribuer à renflouer les caisses de l’Etat, qui en a bien besoin.

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Quelques réflexions à mon retour de vacances

Et oui! toutes les bonnes choses ont une fin et je suis donc, après quatre semaines d’absence, de retour à Paris. Ces quatre semaines, vous savez bien où je les ai passées, si vous avez quelque peu suivi l’actualité de ces derniers temps. J’ai pu profiter d’un repos bien mérité, me prélassant sur les plages en observant, autour de moi, un monde qui s’agite sans fin, rebondit et gesticule, toujours avec élégance…

Mais, comme tout intellectuel, je ne peux m’empêcher de penser. Et, bien que mon cerveau ait quelque peu ralenti son activité sous l’effet des divers mojitos et autres conversations avec Bahia, Katja ou Inga, j’ai tout de même eu quelques idées qui, je crois, pourraient utilement éclairer le nouveau gouvernement en cette rentrée qui s’annonce fort chargée. Je vais donc, dans les prochains jours et en l’attente du lundi 3 septembre, qui marquera officiellement la rentrée des classes, vous donner quelques-unes de mes plus intéressantes pensées de vacances.

Je commencerais donc par une courte analyse et une simple proposition. J’ai remarqué, sur les plages, une sorte de compétition malsaine concernant l’exhibition des corps. En effet, chez les hommes, c’est à qui rivalisera de muscles proéminents, de bronzage approfondi ou d’épilation intégrale. Or, il y a là une claire injustice. Car qui a le temps d’entretenir un corps d’athlète, sinon les dilettantes, les riches inactifs, les chômeurs ou les fainéants? Pas, en tous cas, ceux qui comme moi s’efforcent toute l’année de travailler au redressement de notre pays et ne peuvent fréquenter assidument les salles de sport.

Il y a là, à l’évidence, une totale injustice, qui fait que les jeunes femmes attirantes semblent réservées à ceux qui ne travaillent pas, et vivent donc aux crochets des forces productives, ou bien à ceux qui sont nés dans la richesse et n’ont pas mérité leur sort. Pour rétablir un semblant de justice sociale sur les plages, il faudrait donc valoriser bien plus l’esprit et le travail. Je propose donc d’interdire les plages de France à tout homme non titulaire d’un titre universitaire au moins équivalent à Bac+5, et par ailleurs de réserver les meilleures places (parasol, transat et proximité du bar) à ceux possédant un doctorat. Les autres pourraient se voir attribuer des plages spécifiques (proches des zones portuaires, par exemple). Quant aux femmes, elle ne seraient bien sûr pas concernées par une telle mesure: il ne faudrait pas que les plus brillants esprits de la nation ne se retrouvent qu’entre eux, et ils pourraient ainsi, un verre à la main et en bonne compagnie, tâter le pouls de la vraie France.

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